Théorie astrologique et surmoi stomatique
par Jacques HalBronn
Théorie astrologique et surmoi stomatique
par Jacques HalBronn
Dans le débat autour de théorie et pratique en Astrologie, nous proposons un nouvel éclairage, lié à nos travaux sur ce que nous avons appelé la stomatique (du mot grec, signifiant la bouche. Voir sur grande-conjonction.org, revue d'anthropochronologie, de cosmocratologie et de stomatique)
La personne qui ne parvient pas à théoriser, quelle que soient les raisons avancées, donne à penser qu'elle a une carence au niveau stomatique, c'est à dire par rapport à ce qui "sort" de sa bouche. Le passage par le théorique joue en effet le rôle d'un filtre, d'un tamis, en tant que processus de triage. Il y a la mal-bouffe de ceux qui mangent ou boivent n'importe quoi et il y a le mal-dire (qui a donné le maudire et l'adjectif maudit, "Maudit soi qui mal y pense", telle est la devise anglaise) de ceux qui disent n'importe quoi.
Celui dont la bouche ne constitue pas un seuil, un check point, laissera entrer des matières et sortir des mots sans exercer de véritable contrôle, ce qui fera qu'il sera condamné à juger en aval, au niveau des effets terminaux, c'est à dire à celui du rejet par son organisme physique ou par son interlocuteur, son client.....
Au processus préventif de tri vient se substituer dès lors celui, plus brutal, réactif, de rejet. On est là dans des déontologies bien différentes de ce qui se fait ou ne se fait pas, se dit ou ne se dit pas.... Dans le débat autour de la prévision astrologique, on a bien affaire, quelque part, à la question de ce que l'astrologue peut/doit dire, pré-dire ou pas. Le terme "prévoir" est à ce sujet assez décalé car ce qui compte ce n'est pas tant ici ce qu'on voit mais bien ce qu'on dit. Il est vrai que tout le monde n'a pas développé un sens aigu de l'étymologie et ne tient pas compte des racines des mots employés, se plaçant sur le seul plan sémantique, appris et non inné, du signifié, par delà les connections liées à des rapprochements de forme et de son, beaucoup plus profondément ressentis, au regard du signifiant.
Quand dans un milieu donné, la fonction stomatique est régulièrement bafouée, le rôle de la théorie est condamné à décliner, à se réduire comme une peau de chagrin.
Il est vrai que pour celui ou celle dont une telle fonction est déficiente, le cerveau ne connecte pas bien avec la bouche et n'exerce pas sur elle, tant au niveau des entrées matérielles, donc de l'ordre du voir que des sorties verbales, donc de l'ordre du dire.
La bouche "prévoit" -elle est du moins censée le faire - l'effet de ce qu'elle ingurgite et qui ne parle pas et 'prédit" -ou du moins est supposée le faire - l'effet de ce qu'elle émet et qui ne se voit pas.... La bouche est à la fois dans le pré-voir et le pré-dire, étant entendu que chez certains le prévoir fonctionne mieux que le prédire et inversement, l'idéal étant que les deux actions soient également maîtrisées.
Quand la bouche prévoit mal, elle menace, elle met en danger la santé physique de la personne concernée. Il est vrai que certaines cuisines visent à tromper et à contourner les défenses de la dite bouche, en recourant à des sauces et autres ingrédients (sucre, sel etc) qui "couvrent" le goût. La personne, alors, en est réduite à attendre de voir ce qui va se passer dans son corps, puisque le filtrage ne s'est pas opéré en temps utile à l'entrée du dit corps qu'est cette bouche.
Quand la bouche prédit mal, elle compromet la communication, le relationnel et la personne ne se rend compte des effets nocifs de ce qu'elle a dit qu'au niveau des réactions et des rejets correspondant à une souffrance de la part du récepteur de ce qui a été émis par la bouche. D'où toutes sortes de propos du genre "je ne pouvais pas me douter, savoir....que cela serait perçu comme ça....".
On comprend que dans le domaine de la spiritualité, la diététique soit inséparable d'une certaine sagesse, ce qui revient à respecter la double censure buccale, de l'input et de l'output. Celui qui démontre un désordre quant à ce qu'il absorbe (boissons, médicaments, drogues, aliments trop gras, trop sucrés)- ce qui apparait dans son apparence physique, qui se voit dans son corps, est souvent sujet à des débordements en ce qu'il s'autorise à proférer, sans tenir compte des effets ainsi produits. Dans les deux cas, la dite personne prévoit et prédit mal, elle ne voit pas venir les choses, elle est résigéne à être surprise par ce qu'elle n'a pas compris à temps.
Quand quelqu'un vous dit qu'il n'a que faire de la théorie et que seule la pratique l'intéresse, il révéle une carence stomatique, en ne comprenant pas que la théorie a pour objet de filtrer ce que l'on met en pratique à un stade où l'on peut encore intervenir et prévenir.
En effet, celui qui ne tient compte que des effets extrémes sera bel et bien imprévoyant et imprudent. Car ces effets extrémes peuvent se révéler irréversibles. Il ne sera plus possible alors de revenir en arrière...c'est à dire au stade buccal, avant la réception comme avant l'émission. Entre temps, on se sera "addicté", on aura compromis sérieusement son état de santé, plus ou moins délabré et on aura commis des dommages plus ou moins irréparables sur son entourage, par des propos malheureux que l'on aura déversés.
Surtout, ce qui nous apparait, c'est que les effets fâcheux ne fournissent pas de solution car ils sont intriqués dans divers paramétres, constitutant un écheveau plus ou moins inextricable. Les effets ne comportent pas de processus d'auto-régulation. Ils générent des crises, physique ou/et morale qui ne seront traitées qu'en rétablissant le sas buccal dans toute son efficacité. C'est probablement le rôle de la psychanalyse que d'apprendre à restructurer à la longue ce surmoi buccal. A noter que Freud ne semble pas avoir pris, du moins explicitement, la mesure de la double fonction surmoïque de la bouche
On ajoutera que le champ du stomatique va au delà de la seule bouche.
D'une part, il convient aussi de traiter du vagin et de sa contrepartie l'utérus, lequel devrait lui aussi, comporter une dimension surmoique: qu'est-ce qu'on laisse s'introduire, pénétrer, ce qui interpelle la femme, laquelle est aussi celle qui va "produire" par la voie utérine.(mot qui a donné hystérie). Le choix du partenaire sexuel serait, en quelque sorte, à établir au stade vaginal, ce qui pourrait éviter par exemple des malformations. On aura compris que le Surmoi fonctionne sur un plan subconscient et traite d'informations qui impliquent pour être captées une certaine sensibilité dont l'Humanité est censée être dotée. Mais l'on pourrait aussi penser que le phallus peut aussi avoir des "antennes" quant au choix du partenaire vers lequel la semence sera émise. Le coit est donc le résultat d'un double filtrage, masculin et féminin mais il ne semble pas qu'il soit toujours très efficace non plus que pour la bouche, au niveau de l'anticipation.
D'autre part, la main elle-même est un prolongement de la bouche, elle prend et elle donne - sa structure même n'est pas sans évoquer l'appareil buccal en s'ouvrant et en se fermant, par sa faculté de préhension, les doigts et les ongles faisant pendant aux dents en tant que mode de défense et d'offensive. La main qui peut également exprimer. L'on connait le bras d'honneur dont certains abusent. On peut insulter l'autre avec sa main ou ses doigts et l'on peut avoir un toucher plus ou moins subtil de l'autre.. On soulignera le fait que tant la bouche que la main peuvent se fermer, ce qui n'est pas le cas des oreilles que l'on ne peut que protéger en se servant des mains tout comme l'on peut mettre sa main sur son nez quand on ne veut pas respirer d'odeurs nauséabondes. Même en ce qui concerne les yeux, les mains jouent un rôle de protection important, alors que l'on peut les ouvrir et les fermer. Au vrai, les yeux reçoivent et émettent: on capte par les yeux mais notre regard n'est pas sans effet sur autrui.("Toréador, ton oeil noir me regarde!"; dans Carmen) mais les yeux ne sont opérationnels que lorsqu'il y a de la lumière alors que la bouche n'en dépend pas.
La stomatique, on le voit, est concernée par trois avant-postes: la bouche, l'appareil sexuel -tant masculin que féminin ) et la main qui sont tous trois les plaques tournantes de tout ce qui entre et sort, tant sur le plan physique que moral. Le domaine du "bien être" recouvre bel et bien cette double dimension. Il n'y a pas de "bien être" sans un bon fonctionnement de ces instances de filtrage tant vers l'intérieur que vers l'extérieur..
.Le désordre stomatique - si l'on utilise le terme pour désigner par extension l'ensemble du processus de filtrage entre nous et le monde- aboutit à des situations tant matérielles que morales plus ou moins irréversibles et inextricables, qui conduisent une certaine population chez l'astrologue.
Mais l'astrologue, lui-même, n'est pas forcément un exemple à suivre, à commencer par le fait que le savoir dont il se sert est souvent mal maîtrisé sur le plan théorique, or tout travail théorique est préventif et évite de tenir des propos confus et décousus en ne tenant compte que des effets de rejet que cela peut finir par entrainer chez autrui et qui sont difficiles à appréhender sur le court terme de la consultation. La seule chose qui semble assurée, c'est qu'à force de ne pas mieux se controler, les astrologues ont largement contribué à leur mise à l'écart par les instances de défense érigées par la Société.
Nous dirons que celui qui mange n'importe quoi ou du moins qui ne suit pas un régime est imprévoyant en ce sens qu'il ne cherche pas à contrôler les effets de ce qu'il fait. Il ne tient pas compte de la qualité préventive de la bouche (et de la main qui améne les produits à la bouche) et se condamne à se trouver en face du fait accompli quand il ne peut que constater un malaise, un dysfonctionnement organique. Méfions-nous des astrologues trop gras ou fumeurs invétérés! Ils ne montrent en tout cas pas l''exemple de quelqu'un qui ne dispose pas d'un surmoi lui permettant de filtrer ce qu'il reçoit mais cela se répercute aussi généralement sur ce qu'il émet, entendons par là que très vite essoufflé sur le plan théorique, il bascule, à la première occasion sur "sa" pratique, quand bien même s'appuierait-elle sur une théorie hétérogéne,médiocrement travaillée dans ses princioes, et bancale dont il prétend nous alimenter, nous sustanter intellectuellement, la faiblesse de l'exigence théorique étant le pendant de la faiblesse du contrôle de ce que l'astrologue absorbe en son corps physique..
JHB
16. 05. 09