Prévision astrologique et prévision astronomique
par Jacques HalBronn
Prévision astrologique et prévision astronomique
par Jacques HalBronn
Il nous faut avertir d'une confusion très fréquemment commise entre deux modes prévisionnels foncièrement différents.
Lorsque l'astronome annonce qu'à tel moment tel phénoméne cosmique se produira, il est clair qu'il se fonde sur des calculs permettant de déterminer le temps qu'il faudra pour que tel ou tel processus ait lieu.
Or, en astrologie, il n'en est pas de même. Ce qui est un point d'aboutissement au niveau astronomique ne saurait être qu'un point de départ au niveau astrologique.
Selon nous, une configuration astrale a des effets astrologiques qui se situent bien au delà du moment où la dite configuration se forme. La configuration n'aurait en quelque sorte qu'une valeur "conceptuelle" ou si l'on préfére conceptrice, d'initiliasation, de pro-grammation mais dont les fruits les plus remarquables risquent de se faire attendre quelque temps.
Epistémologiquement, tout indique en effet que l'astrologie ne peut qu'intervenir au commencement des choses et non à leur aboutissement, elle est fontaine, source bien plus qu'accomplissement. D'ailleurs, cet accomplissement ne peut s'appréhender qu'au pluriel, une cause débouchant sur un grand nombre d'effets, lesquels différeront entre eux plus ou moins sensiblement à la façon des enfants n'ayant en commun qu'un seul parent : demi-frères, demi-soeurs.
La configuration astronomique est à saisir, astrologiquement, au singulier et par là même ne concerne qu'un petit nombre d'acteurs, d'agents tandis que ses effets à plus long terme revêtiront les formes les plus variées.
En ce sens, l'astrologie individuelle est plus plausible que l'astrologie mondiale, toutes proportions gardées. En effet, l'individu est un phénoméne relativement discret comparé à l'événement à grande échelle, à caractère collectif. Aucun astrologue ne saurait nier que le thème d'un nouveau né ne porte d'implications qu'à plus ou moins long terme.
A contrario, la pratique de l'astrologie mondiale, telle que la défendent un Didier Geslain, un Daniel Cobbi ou un Jean-François Richard (voir notre nouvel entretien chez lui, à Lambesc (près de Salon de Provence), à la suite d'un André Barbault, semble considérer, de facto, qu'un événement "grave" serait déterminé/conditionné par les astralités qui se présentent à ce moment là.
Nous nous portons en faux contre une telle méthodologie si répandue qu'elle en a fini par passer pour évidente. La fameuse conjonction Saturne-Neptune qui est réputée avoir enclenché la dislocation du bloc sovieto-communiste ne nous agrée pas dès lors qu'elle n'a pas vocation à rendre compte de l'aboutissement des choses.
Dès lors, une "pratique" s'appuyant sur un tel postulat de synchronicité nous semble bien douteuse. Il est vrai qu'une telle procédure a le mérite de la simplicité : un événement et hop on ouvre ses ephémérides et on a la clef cosmique de ce qui vient d'avoir lieu/
La méthode que nous proposons est autre: on considére une configuration astrale comme une promesse, une indication (d'index, le doigt qui montre de loin) dont les répercussions ne seront pas immédiates. Il faut y chercher des prémisses qui vaudront pour plus tard mais que l'on peut tenter de repérer dans la vie de quelques pionniers, qui captent les choses avant le gros du troupeau. Et l'on se retrouve donc à une échelle microcosmique et non macrocosmique.
Est-ce condamner l'astrologie mondiale à devoir renoncer à toute datation? Nous dirons que l'astrologie mondiale concerne les effets globaux des configurations, ce qui implique de prendre en considération bien des paramétres non astrologiques venant interférer, d'un terrain à l'autre, avec le vecteur proprement cosmique. D'ailleurs, bien des spécialistes d'astrologie mondiale reconnaissent toute l'importance des contextes. Mais leur tort est, selon nous, de croire et de laisser croire que l'événement observé est fonction de la présence de certains astres à ce moment là alors qu'il dérive de configurations sensiblement plus anciennes: la configuration prépare le futur, elle ne dénote pas le présent du moins à un certain degré d'expansion et de diffusion.
D'ailleurs, un tel processus n'est pas sans générer quelque confusion, le traitement du futur interférant avec la gestion du passé et du présent.
Comme nous l'avons noté ailleurs, l'être humain est souvent en décalage ; il prépare parfois l'avenir au lieu de se confronter au présent, il est souvent en inadéquation et on pourrait ajouter que les périodes marquées par des configurations astrales majeures ne sont pas forcément les plus pragmatiques.
Prenons le cas de la méga-crise actuelle. Il nous apparait que certaines initiatives ne s'imposaient pas autant qu'on pourrait le croire. Elles ont été induites, dictées par notamment une conjonction Saturne-Régulus (du moins selon l'astrologie 4 Etoiles que nous préconisons) laquelle encourage les concertations, le dépassement des clivages tant dans le temps que dans l'espace. Mais est-ce là, pour autant, la meilleure médication pour traiter des dysfonctionnements actuels? Ce n'est que rétroactivement que l'on risque de s'apercevoir que ce qui a été entrepris au cours de ces derniers mois relevait d'une certaine utopie qui était en l'air - c'est le cas de le dire- mais qui aura interféré avec la prise de décisions optimales. Mais d'un autre côté, ce qui a été engagé, maintenant, en termes de large concertation portera probablement ses fruits à plus ou moins long terme, un jour ou l'autre..
En conclusion, nous dirons que l'astrologie nous parle du commencement et non des fins.On dit "parvenir à ses fins" (usage d'un pluriel). Nous ajouterons que ce qui est au début des choses est un et qu'il convient que l'astrologue-chercheur soit en mesure d'identifier les hommes-semence portés par certains cycles, révélés dans leur spécificité par les dits cycles. Le cycle est en effet un grand révélateur permettant d'opérer un tri au sein de l'Humanité, permettant à certains de sortir, lors de tels rendez-vous, du rang. Ensuite, il y a une période d'incubation qui aboutira à une maturation, à une expansion de ce qui était à l'origine mais dont on ignore la durée si tant est qu'elle en ait une spécifique.
JHB
18 05. 09