Pour une astrologie du concret
par Jacques Halbronn
Pour une astrologie du concret
par Jacques Halbronn
Les astrologues semblent dans leur majorité en peine de définir des critères d'acceptation de ce qu'ils sont disposés à mettre en pratique car, contrairement à ce que d'aucuns déclarent, on ne se lance pas dans n'importe quelle pratique. Mais il est tellement plus commode de déclarer que la seule chose qui compte, c'est que "ça fonctionne". Oui, mais on a quand même intérêt à examiner le moteur avant de prendre la route...
Pour notre part, nous militons en faveur d'une astrologie du concret, c'est à dire qu'il ne faudrait pas mettre la charrue avant les bœufs : avant d'interpréter, il faut d'abord avoir quelque chose à interpréter, avant de voir ce que tel phénomène signifie pour une personne en particulier, il est conseillé de déterminer déjà ce que cela signifie à un niveau plus général.
On nous dit que l'astrologie a vocation à donner du "sens"... Fort bien! Mais du sens à quoi? Du sens aux accidents de notre vie, comme semblent le prôner les astrologues karmiques, comme Emmanuel Leroy ou Alain Gauthier, ou bien du sens aux phases d'un cycle, aux états successifs d'un processsus? Or, il semble que la théorie astrologique soit incapable, depuis pas mal de temps, de définir ce qu'est un événement au sens structurel du terme et se contente très empiriquement de collecter en vrac des choses mémorables et de structurer tout cela a posteriori, au regard de certaines données astronomiques.
L'étude qui suit entend illustrer notre propos, à savoir établir avant toute chose un "signifiant" qui fasse sens, en quelque sorte, par lui-même, et qui n'ait besoin d'un signifié qu'à un autre stade. Il ne faudrait pas que le signifié soit un cache misère d'un signifiant inconsistant....
Ce que nous appelons cosmocratique correspond à un nouveau regard sur l'astrologie. Il ne s'agit plus de réfuter ou de rejeter des textes traditionnels mais bien de proposer un nouveau paradigme voué à se substituer au précédent.
La cosmocratique repose sur un triple principe: ce qui est cause ne concerne qu'un petit nombre de récepteurs et ne se focalise que sur un bref segment de temps, et sur un mode somatique, c'est à dire en générant des changements comportementaux physiquement tangibles..
Reprenons ces trois axes:
I Un petit nombre de récepteurs
Contrairement à une idée très fréquente à propos de l'astrologie, le rapport aux astres n'est pas la chose du monde la plus répandue, pour paraphraser Descartes parlant du bon sens.
L'idée selon laquelle chaque être humain serait doté d'un thème astral est contraire à l'épistémologie de la cosmocratique.
Selon nous, un processus causal ne peut que concerner un nombre limité de sources, de stimuli et ce n'est que de proche en proche, donc de façon contingente et indirecte, qu'il se déploie et finit par toucher toute une population à la façon d'une épidémie..
Ces agents récepteurs de certains signes cosmiques se reconnaissent du fait de certains comportements périodiques (voir notre troisième point) remarquables.
II Un bref segment de temps
Autre idée rejetée par la cosmocratique, celle d'une action permanente du cosmos sur l'Humanité par delà une certaine circulation énergétique qui ne relève pas du champ proprement cosmocratique mais d'un état général de l'univers. Une cause ne peut et ne doit s'exercer ni se renouveler en permanence, elle ne saurait agir que ponctuellement, laissant ensuite divers effets en découler. C'est donc sur des temps relativement brefs que l'on captera les manifestations premières d'une cause en général et des phénomènes cosmocratiques en particulier et il conviendra de repérer ces moments et leur cyclicité..
III Des changements comportementaux tangibles
Encore faut-il s'entendre sur le type de manifestation qu'il convient de reconnaitre et d'identifier. Contrairement à un courant astropsychologique assez puissant, on ne saurait se situer au niveau de représentations subjectives, sujettes à interprétations mais bien sur des "faits" comportementaux (behaviour) bien définis mais eux-mêmes rigoureusement circonscrits dans une perspective psychosomatique selon laquelle le psychisme s'appréhende au regard de certaines performances physiques, quantitativement perceptibles, au regard de l'espace-temps.
Nous illustrerons notre propos, quelque peu abstrait, par des exemples pris dans la vie politique américaine à l'occasion des élections présidentielles. L'intérêt du phénomène électoral tient au fait que de causes ponctuelles découlent des effets souvent à long terme et à grande portée. C'est cette disproportion qui est au cœur même du processus démocratique, pour le pire comme pour le meilleur.
. Prenons la campagne d'Harry Truman, successeur de Franklin Roosevelt, se représentant en 1948 face à Dewey.(cf Philippe Valode, Les présidents des Etats Unis, L'Archipel, 2008, pp. 146-147), le 2 novembre..
"Il n'hésite pas, note Ph. Valode, à prononcer plus de 300 discours et à parcourir plus de 30.000 km (en train)à travers tous les Etats Unis pour assurer sa réélection (...) De son côté, le candidat républicain Thomas E. Dewey persuadé de la défaite de son adversaire ne juge même pas utile d'aller au devant des Américains.(..) Truman l'emporte avec 2 millions de voix d'avance".
Si l'on examine la configuration céleste accompagnant cette débauche de déplacements de la part de Truman, l'homme qui avait décidé de la destruction d'Hiroshima et de Nagasaki, l'on note que Saturne vient de passer la conjonction avec l'étoile fixe Régulus, au début du signe de la Vierge.
De quoi s'agit-il? Simplement d'une sorte de mouvement intensif, trépidant du corps de Truman à travers l'espace nord américain. On nous dira qu'il est dû à la campagne présidentielle. Certes, mais Dewey ne manifeste nullement les mêmes symptômes au sein de ce même cadre électoral parce que le déplacement à outrance ne lui apparait pas comme la "solution" pour l'emporter.
A la limité, il importe assez peu que Truman ait gagné sur Dewey. Il aurait pu en être autrement si l'écart entre les deux candidas avait été plus important au départ, par exemple si Truman n'avait pas été le candidat démocrate désigné par les primaires et au demeurant président sortant, mais un candidat indépendant qui aurait du se contenter probablement d'un joli score sans accéder pour cela à la victoire lui accordant un mandat de 4 ans.
Certes, la règle des élections est de faire campagne et donc de se déplacer et il va de soi que la cosmocratique ne saurait correspondre systématiquement au calendrier électoral de tel ou tel pays et a fortiori à tous les calendriers électoraux en œuvre dans tous les pays procédant périodiquement à des élections.
Prenons un exemple bien plus récent, celui de l'élection du Démocrate Barak Obama, qui n'est pas sans présenter un certain air de famille avec la campagne de Truman, 60 ans plus tôt, donc sous les mêmes astralités saturniennes, puisque Saturne a une révolution de près de 30 ans. Saturne s'est; là encore, situé à proximité de Régulus, en vierge. L'on sait que la campagne d'Obama aura impliqué une certaine débauche de déplacements, une mobilisation (mobile) à grande échelle pendant une certaine période de temps.
Quelles leçons tirer de tels exemples? Petites causes, grands effets. Il aura donc suffi qu'un homme s'agite, se remue quelque peu pendant quelques mois pour qu'il accède au pouvoir suprême pour 4 ans! Mais pour en revenir soixante ans plus tôt, ce qui est le plus remarquable, c'est que tout le monde, loin de là, n'est pas animé de la même dynamique en ce même moment! Il y a un facteur d'entrainement qui fait qu'un seul homme devient ainsi le moteur d'un mouvement considérable.(noter le mot "mouvement").
Selon la grille cosmocratique, Obama, comme Truman, furent sensibles à la configuration Saturne-étoiles fixes royales qui se produit tous les 7 ans environ.
Mais cela revient aussi à dire que seules certaines élections américaines- pour ne parler que d'elles- sont placées sous de telles configurations, qu'il ne saurait en aucune façon s'agir d'une quelconque régle mais bien ici de coïncidences. Il est clair que l'effet cosmocratique ne saurait se réduire aux seules campagnes électorales mais il nous semble, cependant, que le principe même de telles campagnes soit d'inspiration cosmocratique.
Il est clair que cosmocratiquement il serait éminemment souhaitable, au regard de la science politique, de situer les campagnes, tous les 7 ans, à des moments adéquats car celui qui serait ainsi désigné, du fait de sa dynamique, serait le meilleur garant d'une certaine efficience et cohérence gouvernementale, de par son statut de mâle dominant susceptible de féconder largement autour de lui..
Reconnaissons que les données auxquelles nous accordons quelque importance ne sont pas nécessairement celles que retiennent les biographes et les historiens. C'est donc bien à un nouveau matériau, celui de la fréquence des déplacements chez certaines personnes, à certaines époques, que nous invitons les chercheurs à s'intéresser. L'avantage de ce matériau tient au fait qu'il est quantitativement mesurable et ne passe par aucune interprétation, aucun jugement, il s'inscrit dans un certain behaviourisme.
JHB
25. 05. 09