Les trois métiers de l'astrologie
par Jacques Halbronn
Les trois métiers de l'astrologie
par Jacques Halbronn
Dans ce texte, nous distinguerons trois approches de l'astrologie:
1 le "praticien de l'astrologie" qui intègre tout savoir dont il se sert au sein d'un corpus dit astrologique ancien ou nouveau.
2 l'astrologue praticien qui gère la demande qui lui est adressée de par son statut en recourant à diverses méthodes qui peuvent n'avoir qu'un rapport ténu et distant à l'astrologie
2 le théoricien de l'astrologie qui s'efforce de déterminer quel lien connecte les hommes ou certains d'entre eux avec le cosmos ou du moins avec certaines configurations, par delà les contraintes de la consultation astrologique.
Il faut bien se faire une raison, en effet, la pratique astrologique ne se réduit pas à l'astrologie dans la mesure où elle est confrontée à des demandes qui dépassent souvent la compétence propre à la seule astrologie.
Une fois cela admis, on peut phénoménologique définir l'objet astrologique par l'attente que le public peut en exprimer.
Mais pour les astrologues, la grande affaire consiste soit à refuser ces demandes, soit à admettre que l'astrologie est devenue un lieu de focalisation de certaines attentes et qu'il convient d'habiter par un processus que l'on pourrait qualifier de sous-traitance..
C'est dans ce sens que nous proposons aux praticiens de l'astrologie des outils extra-astrologiques leur permettant de gérer les diverses demandes qui leur sont adressées.
En pratique, l'on expliquerait ainsi pourquoi tant d'astrologues reconnaissent se servir du tarot ou de la numérologie (voir sur teleprovidence), c'est à dire qu'ils sous traitent à d'autres savoirs.
En fait, il faudrait admettre que la demande d'astrologie (avec ce singulier fort vague) est un prétexte pour demander un traitement dont l'astrologue serait le maître d'œuvre mais pas nécessairement l'artisan. Il convient donc d'éviter de vouloir tout faire passer par l'astrologie même si l'on doit passer, en effet, par l'astrologue. Foin de ces astrologues qui veulent que tout transite par le thème natal! Ce qui compte, en dernière instance, c'est bien de satisfaire une demande qui s'est focalisée sur l'Astrologie, à tort ou à raison.
En bref, la formation du praticien de l'astrologie devra déborder très largement le seul domaine de l'astrologie, tel qu'il est défini habituellement. De deux choses l'une, soit l'astrologue déclare d'entrée de jeu qu'il se limitera pas, pour sa consultation, à la seule astrologie, soit l'astrologue fera passer les divers savoirs auxquels il recourt pour de l'astrologie tout en sachant fort bien que cela n'en est pas.
Certains puristes de l'astrologie voudraient interdire aux astrologues de faire autre chose que de l'astrologie mais cela conduit, en fait, à bourrer l'astrologie de toutes sortes de notions qui n'en font pas partie. C'est là un tour de passe passe tout comme on attribué à Nostradamus des textes dont il n'est pas l'auteur.
Le problème, c'est que dans l'état actuel des choses, l'astrologie est envahie par toutes sortes de notions qui lui sont étrangères parce que l'on n'a pas voulu reconnaitre que l'astrologie devait sous-traiter.
En ce sens, nous admettrons que l'astrologie puisse faire appel à des savoirs tant modernes qu'anciens mais qu'elle résiste à la tentation de les astrologiser tout en les intégrant dans sa "pratique".
Cela dit, que l'astrologue fasse bien attention aux faux amis que sont les astronomes, s'amusant à réenchanter le monde à coup de mythologie depuis le tout début du XIXe siècle, avec Cérés. Rappelons que le nom d'Uranus ne s'est pas imposé immédiatement, dès sa découverte du premier jour du dit siècle, qui eut lieu en Sicile, pays voué à Cérès.
Pour nous, les fondements du "bagage" de l'astrologue - à distinguer de l'astrologie- sont marqués par deux matricialités, l'une temporelle, l'autre spatiale.
La matrice temporelle consiste à savoir que l'Humanité est marquée par certaines balises de temps, relativement espacées dont le bon fonctionnement permet à la dite Humanité d'être ce qu'elle est. C'est le champ de la cosmocratique.
La matrice spatiale consiste à savoir que chaque individu est concerné par la maîtrise de son organe buccal, tant pour ce qui pénètre dans son corps(en se nourrissant) que de ce qui en émane, par la parole.
La dimension proprement astrologique de ces deux matrices est très relative et il est bon d'en être conscient. Certes, dans le cas de la matrice temporelle, sommes-nous bel et bien face à des facteurs cosmiques, dont les effets sont souvent à long terme. On dira que c'est à la longue l'absence des causes cosmiques - donc par défaut- qui finirait par faire problème, laissant la place à des succédanés. Il conviendrait de rechercher l'influence de certaines personnes marquantes dans la vie de la personne plus que celle de certaines configurations, même si à la base le cosmos intervient.. Ces personnes, ces "chefs" (d'un mot qui signifie tête, comme dans couvre-chef), par leurs déplacements, leur mobilité contribuent à modifier sinon à perturber la vie d'un nombre important d'individus. On pourrait les qualifier d'hommes-semence.
Mais dans le cas de la matrice spatiale, strictement rien à voir avec l'astrologie si ce n'est qu'elle sert à l'astrologue. Et nul n'est besoin de chercher à tout prix à fonder une psychologie quelle qu'elle soit sur l'astrologie. Ce serait plutôt la consultation astrologique qui sous traiterait avantageusement diverses techniques.. La matrice spatiale s'articule autour de la bouche, qui est en quelque sorte le "chef" qui fait la loi dans notre corps, tant pour ce qui y entre que pour ce qui en sort (stomatique)
En combinant cosmocratique et stomatique, le praticien de l'astrologie se voit doter d'outils qui lui sont spécifiques mais qui ne passant pas pour autant de façon rigide par l'astrologie. Ils lui sont spécifiques parce qu'ils ne sont pas présentement utilisés par des non astrologues. L'expression "praticien de l'astrologie" est tout à fait malheureuse, faut-il le préciser, car elle suppose que l'astrologue ne fait que de l'astrologie, ce qui nous semble beaucoup trop restrictif. Tant qu'à faire, nous préférerons le terme d'"astrologue praticien" qui indique que l'astrologue, de par son statut professionnel, est amené à des pratiques qui ne relèvent pas nécessairement de l'astrologie...
En fait, face à l'astrologue praticien, il y aurait le "théoricien de l'astrologie", lequel se consacrerait véritablement au seul champ de l'astrologie et encore à une astrologie épurée, décantée, bien distincte de ce que l'on nomme la "tradition astrologique". D'où une troisième catégorie qui serait celle des "praticiens de l'astrologie" qui accepteraient tout ce qui est historiquement et syncrétiquement entré dans le corpus astrologique.
Il importe de distinguer plus précisément ces trois "métiers": le théoricien de l'astrologie n'a pas de vision impérialiste de l'astrologie, il ne cherche pas à englober tout savoir au sein de l'astrologie. Le praticien de l'astrologie, pour sa part, entend appliquer le corpus astrologique tel qu'il s'est constitué quitte à enrichir celui-ci. Enfin, l'astrologue praticien est conscient qu'il est confronté à une demande d'aide qui passe, du point de vue du transfert, par l'image de l'astrologie mais qu'il peut satisfaire par des moyens qui ne sont pas, dans leur ensemble, proprement astrologiques. Nous pensons que cette troisième catégorie doit être revalorisée. En revanche, être un " praticien de l'astrologie" nous parait une activité vouée à disparaitre car l'Astrologie est loin, en tant que savoir, de pouvoir raisonnablement offrir une véritable utilité quand elle profite de l'influençabilité de ceux qui font appel à elle. Comme nous le disait Rock Berger (cf intervidéo à paraitre sur teleprovidence), encore faut-il s'assurer que celui que l'on conseille n'est pas perturbé...
JHB