Les résistances au changement en astrologie
par Jacques HalBronn
Les résistances au changement en astrologie
par Jacques HalBronn
Force est de constater que les femmes astrologues semblent, finalement, plus enclines à assumer un certain renouvellement de l'astrologie que ne le seraient les hommes astrologues. C'est ainsi que notre récent entretien avec Cécile Blanc nous est paru fort rafraichissant. N'est-il pas vrai, au demeurant, que les femmes sont particulièrement conscientes du danger de blocage quand elles n'ont pas refoulé leur "animus", c'est à dire ce qui les ouvre aux hommes? Inversement, l'anima des hommes l'emporte parfois puisque c'est l'ouverture vers la femme., c'est à dire vers l'autre?
Cécile Blanc (voir notre interview sur NOUV 4, en date du 14 mai 2009), après avoir suivi l'enseignement d'Emmanuel Le Bret et d'Alex Ruperti; se situe surtout dans la ligne de Pierre Delebarre, ne recourt au thème natal que pour les prévisions ( transits, progressions, retours planétaires etc)
C'est au niveau de l'enseignement de l'astogie qu'un renouvellement peut et doit avoir lieu car les conditions s'y prétent, en raison du nombre de séances et du travail collectif qui permet de parvenir à un consensu.
Il faut comprendre que tout renouvellement se paie d'un double effort: quitter quelque chose auquel on s'était habitué et adopter quelque chose de nouveau venant non pas s'ajouter mais se substituer à l'ancien.
On nous objectera : mais pourquoi changer ce qui "marche"?
Or, il est intéressant d'entendre ce genre d'argument dans la bouche d'astrologues à qui il arrive d'annoncer ou de conseiller à leurs clients/patients des changements, des transformations dans leur vie.
Que les astrologues qui ne font pas de prévisions soient prisonniers d'une certaine routine, cela se comprend encore mais ceux qui perçoivent et comprennent que les temps changent, devraient déjà montrer l'exemple au regard de leurs propres pratiques.
Il convient donc d'être conscients des résistances au changement et de ne pas céder à la tentation de maintenir indéfiniment ce qu'on a accepté à un moment donné.
Certes, nous dira-t-on la pratique de l'astrologie se renouvelle-t-elle, en quelque sorte, avec chaque consultation mais cela ne suffit pas!
L'astrologie doit être un vecteur de progrés alors que trop souvent elle se proclame "traditionnelle" avec tout cela implique de sclèrose. Les nouveaux venus à l'astrologie en sont donc réduits à rejoindre les méthodes utilisées et "éprouvées" par les "anciens", déjà en place.
Or, selon nous, l'apport de nouveaux venus est déterminant dans l'histoire d'une discipline et plus largement d'une société et c'est le recrutement qui sera le symptome d'une carence du renouvellement. Le cas de l'astrologie s'inscrit ici dans une problématique de changement qui vaut bien au delà de son domaine spécifique mais si un astrologue ne saisit pas les enjeux du changement, il ne sera pas de très bon conseil pour guider ses clients dans le monde où ils sont, comme lui, immergés.
On nous objectera qu'il ne faut pas changer pour le seul propos de changer! En fait; force est de constater que bien des astrologues ne sont pas à leur aise avec l'idée de changement, ce qui hypoythèque tant leur travail prévisionnel que leur rapport avec le savoir astrologique. Un colloque consacré à Astrologie et Changement sera donc prochainement organisé- au début septembre 2009, probablement à Lyon, qui comportera deux volets:
"Changer avec l'astrologie" et "Changer d'astrologie"
Le premier volet traitera de la faculté de l'astrologue à préparer sa clientéle au changement, à l'accompagner dans cette problématique et le second à la nécessité de renouveler les outils de l'astrologie, au prix d'un certain élagage et d'un recentrage, obéissant à une cyclicité.. On abordera chaque fois la question des résistances au changement, sujet qui a été largement étudié par le psychologues et les épistémologues, comme Gaston Bachelard avec la notion notamment d'obstacle épistémologique, qui désigne certains blocages.
Les divers intervenants à ce Colloque nous exposeront notamment leurs projets de renouvellement de l'astrologie au point peut être que l'on pourrait parvenir à un nouvelle astrologie consensuelle mais qui ne se réduirait pas à l'acceptation des "bases" de l'astrologie. Cette formule "basique" exige d'ailleurs d'être analysée pour ce qu'elle peut signifier et impliquer comme fausse évidence.
Il nous semble que le premier principe à respecter et à mettre en avant - et nous pensons que Jean-Pierre Nicola, en son temps, avait montré l'exemple- est de ne rien accepter que l'on ne comprenne pas, de ne pas "violer" notre intelligence, ce qui pourtant est le cas quand on dit "mais ça marche". Le viol aussi "marche" mais à quel prix?
Renouveler, c'est ouvrir car la nouveauté l'est pour tout le monde et c'est cela qui garantit une certaine égalité. Il y a 40 ans, ce qui nous a personnellement attiré vers le milieu astrologique était un certain esprit de nouveauté et de renouvellement qui régnait alors. Inversement, la crise du recrutement et des vocations nous semble directement liée au blocage traditionaliste et "basiste". Le sidéralisme tout comme le gauquelinisme contribuèrent, à différentes époques, à entretenir cet état de réinvestigation de l'astrologie. La remise en question du prévisionisme, notamment par la FDAF, ne serait alors que le symptome d'un divorce entre une certaine astrologie et le principe de changement. D'ailleurs, nombreux sont les astrologues qui tentent de mettre en évidence des constantes du thème natal au travers du vécu de la personne plutôt que des transformations qui relativisent l'événementiel.
Nous voudrions ajouter que l'important aussi est ce que nous proférons quand nous parlons d'astrologie. Lors de nos entretiens (voir ainsi avec Christian Singer) , nous avons été frappés par une certaine désinvolture qui allait jusqu'à dire que l'important n'était pas la théorie, aussi bancale fût-elle, laquelle était en quelque transcendée, sublimée par la pratique au cas par cas.
Chacun sait que l'ensemble de ce qui marche ne forme pas pour autant un ensemble cohérent. Peut être revient-il à l'astrologue, comme un défi, de "vendre" un tel ensemble..... Mais , pour notre part, nous préférons de très loin une astrologie qui tienne la route au niveau de son exposé. C'est là une question de surmoi, c'est à dire de principe et cela exige qu'un savoir comporte un centre qui se diversifie en arborescence et non une arborescence qui se centrerait sur le moi du client, lequel deviendrait, par voie de conséquence, le pivot de toute la pensée astrologique! il y a là une révolution copernicienne à conduire qui restituerait à la théorie sa dimension centrale et à la pratique son statut périphérique.
Ce n'est, au vrai, point par hasard si l'idée d'un tel colloque aura émergé de notre cerveau en ce 15 mai 2009 qui corrrespond à la fin de la rétrogradation de Saturne, en phase conjonctionelle, et au jour où il redevient direct (D, dans les éphémérides). Il est d'ailleurs probable qu'une nouvelle structure fédérale émerge comme me l'a suggéré Cécile Blanc. Là encore, on est dans la nouveauté, dans la créativité.
Cette nouvelle structure organisationnelle validerait en quelques sorte les divers "programmes" de cours d'astrologie. en confirmant la qualité et la nouveauté du discours théorique, en commençant par la mise en avant d'une ligne directrice qui s'appliquerait tout au long de l'exposé.
Avec Cécile Blanc, nous avons ainsi noté un certain nombre de points qui, selon elle, pourraient être des lignes de force:
1 ne prendre que les transits correspondant à des configurations célestes (dans le ciel)
2 laisser de côté Pluton.
3. fournir des repéres psychologiques sans lien avec l'astrologie pour satisfaire certaines attentes dans ce domaine.
4 ne pas centrer la personne sur son thème natal mais situer cette personne dans un temps donné de sa vie, même s'il faut se servir du thème pour fixer des périodes, ce qui est le cas, peu ou prou, des directions, des transits, des révolutions solairees.
5 ne pas se référer aux domiciles et exaltations des planétes
6 se rendre compte que la complexité du thème ne permet pas d'affirmer le rôle d'un facteur spécifique du thème.
Nous en ajouterons d'autres: la nécessité de distinguer la racine et ses déclinaisons. Pour nous, l'astrologie idéale est celle qui a retrouvé son centre et identifié tout ce qui gravite autour. Nous sommes en faveur d'un supercycle consistant en une série de conjonctions entre deux astres et non entre un astre et un point mathématique(point vernal, signe zodiacal, noeud lunaire etc sans parler des dasas hindous). L'ensemble des dieux ne sont que les manifestatiions successives d'un seul et même principe. En ce sens, polythéisme et zodiaque ne sont que des formes de ce qu'on peut nommer une polygamie cosmique, ce qui exige d'identifier le "donneur" principal à partir duquel tout rayonne. A cet astre central correspondra d'ailleurs, sur terre, le héros dont tout dépend.et qui tel Antée avec la terre, trouve sa force du Ciel. C'est le Ciel qui fait les héros, tel Hercule, demi-dieu.
JHB
15; 05. 09