Le Manifeste (anti-astrologique) des 186, 34 ans après
par Jacques Halbronn
Le Manifeste (anti-astrologique) des 186, 34 ans après
par Jacques Halbronn
Le MAU est né en même temps- en 1975 - que paraissait le Manifeste des 186 "Objections à l'astrologie" signé notamment de Bart J. Bok; de Lawrence E. Jerome, Paul Kurtz et de 183 autres chercheurs dont 18 Prix Nobel. En décembre de cette même année fut organisé le premier "congrès" MAU - premier d'une longue série de plus de soixante éditions- et bien entendu, une séance fut consacrée à la réponse que pourraient donner les astrologues à une telle Déclaration ( voir le Guide de la Vie Astrologique, Paris, La Grande Conjonction-Trédaniel, Paris, 1984, pp. 37-38)
Revenons sur la nature de telles "Objections" et sur la réplique des astrologues du dit colloque, menés par le Suisse Alex Ruperti et le belge Gustave Lambert Brahy.
Le passage qui résume en fait cette attaque nous semble bien être le suivant:
"Ils n'avaient aucune idée des distances considérables entre la Terre, les planètes et les étoiles. Maintenant que ces distances peuvent être et ont été calculées, nous pouvons comprendre à quel point sont infimes les effets gravitationnels ou autres produits par des planètes si éloignées sans parler des étoiles tellement plus lointaines. C'est simplement une erreur que d'imaginer que les forces dispensées par les étoiles et les planètes au moment de la naissance puissent d'une quelconque manière forger notre futur" (repris, p. 14 dans la revue Le Québec Sceptique, n°51, Eté 2003, in Denis Hamel, "Dossier : les grands esprits manipulés par les astrologues"
Lors de notre rencontre le 13 juin 2009 avec l'Association " les Sceptiques du Québec", en juin 2009, nous avons voulu montrer qu'un tel type d'argument tel que présenté dans le Manifeste des 186 était inopérant. En effet, depuis 1986, soit une dizaine d'années après la diffusion du dit Manifeste, nous avions développé un nouveau paradigme (in L'Etrange Histoire de l'Astrologie, Paris, Artefact, avec Serge Hutin) selon lequel les astres n'agiraient astrologiquement sur nous que par leur apparence et non par leurs vertus intrinsèques, ces apparences se situant au niveau visuel dont on ne saurait contester l'existence : nous percevons bel et bine les planètes et les étoiles tout comme les anciens astronomes le faisaient, ni plus ni moins, avec leurs yeux, du moins pour les planètes visibles à l'œil nu, les étoiles étant pour les plus puissantes, elles aussi, visibles de la même façon. Il ne s'agissait nullement ici, on l'aura compris, de prendre en compte les planètes, visibles seulement avec des télescopes, inconnus avant Galilée et sa lunette, au delà de Saturne.
Que dire de la "Réponse" donnée par les astrologues réunis par nous en congrès à la fin de 1975?
En fait, elle semble avoir été fortement marquée par la Psychologie Humaniste, dont les représentants sont cités : Carl Rogers, Jérôme Frank (et non Frankl comme cela figure dans le GVA mais aussi chez Rudhyar!); Abraham Maslow (et non Marlox, comme cela figure dans le dit Guide!), Anthony Sutich, Roberto Assagioli; Karl Jung, J. Moreno, Avram Goldstein, Gordon Allport. Or, nous avons retrouvé un texte de Dane Rudhyar, sur la "troisième force", paru en 1969, "Astrology for new minds : a non-dualistic harmonic approach to astrological charts and to the relation between man and the universe", offrant des ressemblances frappantes avec le texte "rédigé" lors de notre Colloque, l'ordre des noms est strictement le même, ce qui ne saurait relever d'une coïncidence. Dans les deux cas, les prénoms ne sont pas fournis. C'est nous qui les avons ajoutés ci-dessus.
" The recent development of what has been called a "Third Force" in psychology linking the names of Moreno, Goldstein, Maslow, Rogers, Allport, Assagioli, Frankl (sic), etc. - has stressed a "humanistic" approach to psychology which emphasizes a process of self-actualization and self-fulfillment through "peak experiences," expansion of consciousness, and more encompassing and open approaches to inter-personal relationships." Le nom de Rudhyar n'est pas mentionné dans la "traduction" française.
La "réponse" de 1975 se conclut ainsi: "L'astrologie se porterait beaucoup mieux si l'on parvenait à la débarrasser
de toutes les superstitions et fausses appréciations qui l'encombrent. S'il était possible de réglementer l'étude de l'astrologie, on
pourrait faire disparaitre tous les faux astrologues, ignorants ou vénaux, qui présentent le sujet sous un faux jour"
Plus vite dit que fait, d'autant que l'on ne s'accorde pas sur ce dont il faudrait la délester....
Ajoutons cette formule finale qui nous semble fort heureuse mais qui ne semble plus trop prisée trente ans plus tard:
"Un nombre important de chercheurs consciencieux s'efforce de mettre en évidence le "fait astrologique", en plaçant au premier rang les parties les mieux assurées de la discipline astrologique. Ce sont ces travaux là que nos adversaires devraient explorer, sans indulgence mais aussi sans parti pris".
En effet, il semble que nombre d'astrologues ne soient intéressés que par ce qui "prouve" leur astrologie et indifférents à ce qui pourrait valider au moins certains points de l'astrologie....
Lors de l'intervidéo que nous eûmes avec l'équipe des Sceptiques du Québec, nous présentâmes de nouveaux paradigmes en expliquant que le positionnement de l'astrologie avait, du moins tel que nous le proposons, sensiblement évolué et que le débat ne se situait plus au niveau de la possibilité pour les planètes de nous atteindre si ce n'est, ce qui ne fait pas débat, à un niveau visuel. Du moment que les humains "visualisent" les planètes et les étoiles, ils peuvent s'en servir comme signaux, sans prétendre que ceux-ci soient agissants sans des récepteurs appropriés et avertis. A ce propos, nous ajoutâmes qu'il n'était nullement nécessaire de supposer que tous les êtres humains soient en mesure de capter les dits signaux.(selon notre thèse cosmocratique), que ces corrélations pouvaient ne se produire qu'à certains intervalles, ce qui impliquait que le thème natal individuel n'était nullement une condition sine qua non de la réalité de l'astrologie. Nous pensons en effet que, pour en revenir au texte de 1975, le thème natal est moins défendable que bien d'autres facteurs astrologiques. Et cela vaut aussi pour la symbolique zodiacale dont on peut se passer.
Les réactions des Sceptiques du Québec (cf le film à passer sur teleprovidence) furent résumées par l'un de nos interlocuteurs, Serge Larrivée (Ecole de psychoéducation de l'Université de Montréal) nous déclarant, du tac au tac, sans avoir pris le temps de considérer notre repose avec le temps de réflexion nécessaire, que toute forme de lien entre les hommes et les astres leur apparaissait comme irrecevable y compris dans notre scénario. (cf le film sur teleprovidence de cette rencontre)
Or, si nous lisons la présentation que donne la revue Le Québec Sceptique des buts des Sceptiques du Québec, on trouve: "Il est clair que toutes les hypothèses voulant expliquer un phénoméne ne sont pas équivalentes. Même si elles sont cohérentes, celles qui contredisent des théories et des hypothèses qui s'appuient sur des acquis scientifiques doivent être démontrées de façon suffisamment solide pour pouvoir cohabiter avec ces acquis à défaut d'y être intégrées".(deuxième de couverture)
Or, à partir du moment où l'astrologie se présenterait - en laissant au back office les parties les moins acceptables - comme n'affirmant pas d'influence astrale matérielle mais seulement l'existence de signaux établis par les hommes, à partir d'une certaine époque et pour seulement certaines sociétés, un certain nombre de réticences devraient tomber. Il importe donc que les anciens arguments des adversaires de l'astrologie. Qu'ils prennent le temps de fourbir de nouvelles armes à moins qu'ils n'en soient incapables se contentant de ressasser des arguments déjà fort anciens et qu'ils n'ont guère su renouveler, prisonniers qu'is sont d'une tradition anti-astrologique toute aussi obsolète que l'astrologie à laquelle ils s'en prennent.
JHB
22. 06 09