Aspects anthropochronologiques du travail astrologique
par Jacques HalBronn
Aspects anthropochronologiques du travail astrologique
par Jacques HalBronn
Nous avons récemment introduit le concept d'anthropochronologie afin de désigner les champs connexes de l'astrologie et dont l'astrologue ne saurait faire abstraction et réciproquement, d'ailleurs.
Le point aveugle du discours astrologique ambiant nous apparait de plus en plus -et personne ne semble épargné- la question de l'homme et de la femme. Sur ce sujet, quel est le niveau de connaissance de l'astrologue moyen, est-ce qu'il dépasse celui de l'"homme de la rue", lui qui s'entretient, dans sa pratique, avec celui-ci et tend à en épouser la sémantique, c'est à dire les associations d'idées, les synonymies populaires? Or, le praticien de l'astrologie n'est-il pas condamné à se fier à une telle sémantique, lui qui entend et prétend se faire comprendre, immédiatement, par son interlocuteur? Le langage est bien le maillon faible de tout le systéme de validation de l'astrologie.
Ajoutons que le masculin et le féminin interférent avec le processus astrologique plutôt qu'ils ne s'ajustent sur lui et cela n'a rien de surprenant en ce que ce clivage est beaucoup plus ancien que les structures posées par les configurations astrales. Il y a là aussi probléme quand les astrologues s'imaginent que l'astrologie est première, chronologiquement. C'est au contraire la dualité masculine-féminin qui aura conféré au cycle soleil-lune sa signification et non l'inverse mais cela ne signifie pas pour autant que l'astrologie s'intégre parfaitement au sein d'une telle dualité yin yang. On l'a souligné, ce qui est transposé ne coincide pas avec la matrice de départ, tout comme le feu n'est pas à proprement parler le soleil, mais son succédané,sa re-présentation, c'est à dire ce qui le remplace. On oublie en effet trop souvent que représenter est liée à une absence- ce qui n'est pas présent justement, tout comme d'ailleurs le symbole qui n'est que synecdoque, c'est à dire qui confère à la partie la signification de l'ensemble, au détail, au motif la référence à ce dont il n'est qu'un élément, le probléme étant qu'il n'est pas si aisé de retrouver ce qui n'est ainsi qu' évoqué, d'où le débat sur l'origine du zodiaque (cf nos études sur grande-conjonction.org)
Nous voudrions montrer, dans le présent article, que l'astrologie ne convient a priori ni au masculin ni au féminin, que c'est un compromis entre ces deux tropismes, ce qui relative sensiblement son impact lequel est loin d'être aussi manifeste que le prétend la plupart des astrologues. Comment dégager le fait astrologique, artefact tardif, des modes de fonctionnement respectifs chez l'homme et chez la femme, notamment dans leur rapport au Temps?
Pour résumer nos travaux anthropochronologiques, nous dirons que la femme tend à saturer très vite, c'est à dire que son grand probléme est la fragilité de sa persévérance dans la recherche, la quéte, elle est souvent déjà arrivée avant d'être partie, elle se lasse très vite et tend à vouloir arrêter au plus vite son jugement. Une astrologie constamment traversée de transits lui convient car elle est à l'image de son goût immodéré de l'interruption. Mais cette astrologie qui permet de justifier de mettre un terme aux choses conduit à vouloir statuer définitivement sur l'astrologie elle-même,d'où des bulletins de victoire souvent bien prématurés en ce domaine, une cristallisation qui se produit beaucoup trop tôt. Dès lors, une astrologie qui offrirait une cyclicité trop longue insupporte la femme, ce qui explique sa demande d'échéances le plus rapprochées possible, ce qui mine la prévision astrologique, sous la pression de la clientéle féminine. Car prévoir est un euphémisme pour dire "quand arrête-t-on?" Arrêter, ici, ne signifie pas que l'on met fin à une situation mais qu'on la verrouille et que l'on s'y tient "une fois pour toutes". C'est l'arrêt du mouvement qui est ici déterminant pour la femme et l'on n'a pas de peine à comprendre combien, dans le domaine de la rechreche scientifique, une telle attitude condamne à une certaine médiocrité.
A contrario, en ce qui concerne la gent masculine, l'astrologie pose d'autres problémes, liés précisément à une persévérance dans le mouvement et non dans l'arrêt. Quand l'homme entreprend quelque chose, il a souvent bien du mal à s'arrêter, il s'acharne, il continue, il poursuit, cela n'en finit pas...D'où le dialogue fréquent dans le couple, entre l'homme qui veut poursuivre la relation et la femme qui juge que c'en est assez, que cela suffit, qu'elle en a fait le tour et voit d'excellentes raisons pour cela.
Entendons que la difficulté pour l'homme, c'est de respecter un cadre chronologique qui l'enfermerait, qui mesurerait son temps, son timing. On a vu bien des hommes politiques trouver insupportables les limitations constitutionnelles à la durée de leur mandat.(Napoléon III, Poutine, Chavez, voire Mitterrand avec un second mandat). Autrement dit, l'homme se préte assez mal au regard astrologique prévisionnel qui tend à fixer des échéances et l'on comprend le désamour de certains astrologues-hommes par rapport à la prévision. Et ils n'ont pas tort dans la mesure où ils ne se retrouvent pas dans un tel découpage, un tel compartimentage.
D'où une certaine ambiguité chez les astrologues hommes face à une clientéle souvent féminine et qui n'est pas sans évoquer d'autres métiers d'hommes s'adressant aux femmes (couture, coiffure, musique) qui gérent l'éphémére de la mode. Ces hommes qui aiment les femmes s'adaptent à leur nature fugace ("Comme la plume au vent, femme. est volage..."chante-t-on dans Rigoletto de Verdi) en mettant les astres à la disposition de leurs humeurs, en phase avec leur impatience innée non pas à accepter une situation mais à en poursuivre l'évolution incertaine.
Autrement dit, une authentique astrologie cyclique ne convient ni aux hommes ni aux femmes, dès lors qu'elle fixe des phases d'une certaine durée, laquelle durée sera toujours trop courte pour les premiers et trop longue pour les secondes. D'où trois astrologies en présence:
-une astrologie non prévisionnelle masculine, axée sur le thème natal qui assure une continuité relativisant sensiblement toute configuration se présentant à un moment donné.
-une astrologie micro-prévisionnelle féminine, qui fait constamment jouer des interférences notamment par les transits et les progressions
- une astrologie cyclique, qui est probablement la seule vraie et qui est la mal aimée tant des hommes que des femmes car elle implique une sorte de moyen terme qui respecte à la fois les desiderata des uns et la lassitude chronique des autres..
Entendons que cette astrologie cyclique, aussi vraie puisse-t-elle être est à appréhender en dépit des fonctionnements masculins et féminins ce qui tend à brouiller les pistes, les femmes ne tenant pas la distance des cycles pluri-annuels et les hommes s'y sentant à l'étroit. En ce sens l'astrologie cyclique fait songer à ce lit de Procuste, qui raccourcissait les grands et écartelait les petits.
C'est donc sur la base d'une connaissance approfondie et renouvelée du masculin et du féminin, sous l'angle anthropochronologique, que le fait proprement astrologique peut s'observer, en ce que ces déterminismes Homme-Femme se voient contrariés, chacun dans son registre par la strate astrologique cyclique. Ce qui explique que tant d'astrologues, en pratique, bafouent toute vraie cyclicité en interposant une pluie de transits qui viennent brouiller le paysage ou au contraire en voyant dans le thème la preuve d'une fixité, c'est à dire, en réalité, d'un processus jamais interrompu.
De même l'astrologue se doit-il, dans son étude de l'humain, prendre connaissance de ces déterminismes psychiques pré-astrologiques pour tenter de faire ressortir une cyclicité régulière et récurrente qui va à l'encontre de l'idée féminine que l'on ne reviendra plus sur un point qui a été définitivement classé ou de montrer à sa clientéle masculine que la persévérance a ses limites et ses excés. En ce sens l'astrologie cyclique est la seule qui permette à l'homme et à la femme de progresser par rapport à leurs réflexes instinctifs.
Mais comme nous le disions plus haut, nos natures masculine ou féminin font obstacle à la mise en évidence du fait asrologique surtout si, en plus, elles trouvent des formes d'astrologie alternatives pour ne pas se remettre en question. Les hommes risquent fort de dépasser les dates, les délais impartis et les femmes de se décourager avant l'heure; ce qui risque de venir fausser, pour des raisons opposées, le travail de pédagogie cyclique imparti à l'astrologue digne de ce nom. Quel dilemmme! En fait, l'astrologue, tel que nous le concevons, devrait pouvoir jouer un rôle d'arbitre entre hommes et femmes, ce qui le rapproche sensiblement du statut de conseiller conjugal, tant il nous apparait légitime en tant que conciliateur.
JHB
03. 05.09