Apports psychologiques et psychopathologiques aux étudiants en astrologie
par Jacques HalBronn
Apports psychologiques et psychopathologiques aux étudiants en astrologie
par Jacques HalBronn
Certains astrologues, notamment parmi ceux qui ont reçu une formation psychologique extérieure à l'astrologie commencent à reconnaitre que les astrologues et bien entendu les étudiants en astrologie auraient à gagner à acquèrir des connaissances qui ne soient pas immédiatement ni nécessairement connectées à l'Astrologie.
Entendons par là que l'acquisition d'un bagage psychologique n'a pas à servir systématiquement à valider l'astrologie ni ne saurait recouper absolument les données astrologiques.
Ainsi, approfondir les notions d'animus et d'anima, de masculin et de féminin peut se révéler utile comme complément à l'approche astrologique voire comme préalable.
Une double méprise doit ici être dénoncée:
1 croire que le caractére masculin ou féminin est déterminé par le thème natal alors qu'il s'agit, au mieux, d'un paramétre qui vient se combiner à lui.
2 croire que les quelques clichés véhiculés par la tradition astrologique épuisent la question.
On ajoutera que lorsqu'un astrologue se contente de répondre qu'il ne "lit" pas un thème de la même façon selon qu'il s'agit de celui d'un homme ou d'une femme, l'on est en droit de se demander ce que cela peut signifier en pratique. Si c'est pour nous dire que ce ne seront pas les mêmes planétes qui seront mises en avant car, comme on l'a dit, on risque fort de retomber dans les pires clichés: l'homme martien et solaire, la femme vénusienne et lunaire, ce qui n'est même pas évident, la lune comportant une forte dimension masculine comme nous l'avons exposé ailleurs et vice versa.
Autrement dit, l'exercice consistant à greffer tel ou tel signifié psychologique sur tel ou tel signifiant astronomique peut se révéler assez vain car cela présuppose que l'astrologie intégre tout ce qui reléve de la psyché
.Bien plus, l'on est en droit de se demander si fréquemment l'astrologie n'est pas un prétexte pour ne pas se confronter à certaines problématiques en les diluant dans une soupe astrologique.
Selon nous, le refus de s'assumer pleinement comme homme ou comme femme serait une des raisons qui conduiraient à se plonger dans l'astrologie..
Mais il existe d'autres enjeux qui ne sauraient se réduire par le biais de l'astrologie, il s'agit de tout ce qui tourne autour de ce que nous avons appelé la stomatique (voir nos textes sur ce sujet) et dont le lien avec l'astrologie n'est nullement avéré.
L'apport de la stomatique à l'astrologie ne saurait être minimisé d'autant qu'il met en évidece des pathologies comportementales et des déréglements des instances de contrôle tant internes qu'externes. C'est là un apport non négligeable à la psycho-pathologie. La stomatique offre l'avantage de localiser les instances du Surmoi au niveau de la bouche et par extension de la main qui est un prolongement de la bouche tant au niveau récepteur qu'émetteur, dans un registre psychosomatique.
Et toute la question est justement de savoir si l'astrologie doit se méler de psychopathologie ou en rester au stade d'une caractérologie, d'une typologie. En ce sens, la psychopathologie stomatique nous apparait comme une solution de remplacement non astrologique à une certaine approche du thème, ce qui devrait aider certains éléves en astrologie à se désinvestir par rapport à une certaine approche du théme natal, sous l'angle de la psychopathologie...
Nous nous demanderons, en conclusion, s'il n'est pas souhaitable de fournir à ceux qui ont été par trop imprégnés par l'astro-psychologie des alternatives leur permettant de se déshabituer de leur rapport au thème natal. On pense notamment aux éléves en astrologie qui sont fortement exposés à certaines représentations de par la durée de leur formation.
Au demeurant, le véritable apport de l'astrologie sur le plan psychologique ne tiendrait pas à la fourniture d'une quelconque structure psychique constante mais bien à la prise de conscience d'un processus de périodicité. L'astrologie ne peut être au four et au moulin: elle peut dire ce qui viendra moduler un psychisme bien plus qu'elle est en mesure de traiter du dit psychisme sous sa forme statique et pérenne.
Il nous semble en effet que l'astrologie ait à se situer sur un autre plan que la psychologie ou la psychopathologie car elle n'a rien à gagner aux amalgames du fait qu'il devient alors impossible de dégager du propos de l'astrologue ce qui est astrologique et ce qui ne l'est pas quand il en reste au seul "portrait". C'est bien dans une kiné-psychologie, c'est à dire d'une psychologie en mouvement que semble devoir se situer le véritable créneau de l'astrologie.
Il nous faut ajouter, en conclusion, quelques réflexions sur la psychopathologie du rapport à l'astrologie. D'une part, nous y voyons une certaine forme de schizoidie dans la mesure où l'astrologue ne parle pas véritablement en son propre nom mais pour un autre lui-même, qui serait plus savant, plus doué, dans la mesure aussi où l'astrophile qui étudie son propre thème dialogue en fait avec lui-même, mais là encore avec un autre soi-même, ce qui ne peut avoir lieu quand l'autre est bel et bien présent encore que l'on puisse se demander si l'astrologue qui nous parle de nous-même ne devient pas également un autre nous-même puisqu'il parle en quelque sorte en notre nom/ D'autre part, nos travaux sur la psychopathologie stomatique nous conduisent à penser que prévoir est une fonction naturelle chez l'homme et que c'est ne pas prévoir qui constituerait une anomalie, un dysfonctionnement. La stomatique fait en effet l'inventaire de tous les organes qui ont vocation à nous prévenir; à anticiper sur des effets à terme, envoyant ainsi des signaux dont nous tenons ou ne tenons pas compte.. Le fait de prendre de mauvaises habitudes dans notre façon de nous nourrir, de boire, de fumer tient à un processus manu-buccal défectueux, qui n'est pas ou plus capable d'annoncer les désagréments à venir. De même, le fait de se laisser à dire "n'importe quoi", que l'on regrettera ensuite, quand on en verra les retombées, est également la conséquence d'un détraquement du systéme de protection de la personnequi se protége mal et en paiera les conséquences tant de par l'agression qu'elle exerce contre elle même que par les menaces qu'elle risque de déclencher de la part d'autrui, à la suite d'un comportement imprévoyant. Dans tous les cas, c'est le rapport à soi-même et aux autres qui est atteint et force est de constater que l'astrologie est susceptible de compenser de tels manques mais aussi de les amplifier en faisant tout reposer sur des calculs et non sur l'observation, l'astrologie servant de radar se suppléant au radar organique qui fait partie intégrante de l'individu normalement constitué.
JHB
19. 05.