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    <title>Recherche</title>
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    <description>Lettres aux médias et à nos représentants politiques</description>
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      <title>Monsieur le ministre des Affaires Étrangères...</title>
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      <pubDate>Tue, 2 Jun 2009 11:22:12 -0400</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://web.me.com/rdupuy/APLP/Lettres_du_Pre%CC%81sident/Entr%C3%A9es/2009/6/2_Monsieur_le_ministre_des_Affaires_%C3%89trang%C3%A8res..._files/PastedDrawable.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://web.me.com/rdupuy/APLP/Lettres_du_Pre%CC%81sident/Media/object205_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:176px; height:132px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Monsieur Lawrence Cannon&lt;br/&gt;Ministre des Affaires Étrangères&lt;br/&gt;Gouvernement du Canada&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Monsieur le ministre:&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Par la présente, je voudrais profiter de l'occasion pour plaider&lt;br/&gt;la cause de M. Abousfian Abdelrazik, citoyen canadien retenu depuis six ans au Soudan.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Les Nations-Unies par l'intermédiaire de M. Richard Barrett ont clarifié le problème qui empêchait M. Abdelrazik de voyager. Il ne reste que votre permission.&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;Veuillez agréer, monsieur le ministre, l'expression de nos sentiments les plus distingués&lt;br/&gt;Pierre Jasmin&lt;br/&gt;président des Artistes pour la Paix&lt;br/&gt; &lt;br/&gt;PS Quant aux informations contenues dans la lettre en annexe, je veux y renchérir en vous relatant le succès de la journée du 26 mai retransmise en direct de 9h à 18h par Espace Musique de Radio-Canada et celui de toutes les autres soirées où il nous a fallu refuser du monde à l'entrée de notre salle du Musée des Beaux-Arts de Montréal!&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;ÉPILOGUE&lt;br/&gt;Le mardi 30 juin, M. Abousfian Abdelrazik, revenu du Soudan trois jours plus tôt et accompagné par diverses personnes ayant travaillé à son rapatriement, a été approché par un parfait inconnu sur la rue Sainte-Catherine au centre-ville de Montréa: « C'était vous?! Bienvenue! Bienvenue à la maison!&amp;quot;. La scène s'est répétée quelques minutes plus tard: &amp;quot;Bienvenue!&amp;quot;. À chaque occasion c'est par de chaleureuses poignées de main et des rires que la joie s'est exprimée.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Plus que jamais, la paix sans les armes&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Montréal, le 15 mai 2009&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Monsieur Lawrence Cannon&lt;br/&gt;Ministre des Affaires Étrangères&lt;br/&gt;Gouvernement du Canada&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Monsieur le Ministre,&lt;br/&gt;nous vous remercions d’avoir pris le temps de répondre à notre courriel du 2 mars dernier. La relecture de notre missive de neuf pages permet de constater qu’elle anticipait les prises de position du président Obama, plus d’un mois avant son célèbre discours du 5 avril à Prague, ce dont nous ne sommes pas peu fiers.&lt;br/&gt;En 2010 à New-York (ONU), aura lieu la prochaine séance de négociation du Traité de Non-Prolifération nucléaire que le président Obama cherche à renforcer, contrairement aux présidents Reagan, Clinton et Bush qui avaient recherché une illusoire « supériorité » américaine. N’est-il pas prometteur que les pays adhérents aient déjà reçu pour cette séance un projet de programmation, alors qu’il y a cinq ans, il n’avait été disponible que trois semaines avant la rencontre (conclue sans aucun consensus)? Ce fait démontre de nouvelles et encourageantes volontés internationales d’avancer sur le chemin de l’abolition des armes nucléaires, vu le danger de les voir tomber en des mains terroristes. &lt;br/&gt;Ce chemin sera ardu. Comme nous vous le démontrions en reprenant l’argumentation du Réseau canadien pour l’abolition des armes nucléaires, les politiques de l’OTAN appuyées par votre gouvernement sont en violation, hélas, de l’article 1 du TNP. De plus, la complaisance occidentale face à l’Inde, au Pakistan et surtout à Israël, trois pays alliés non soumis au TNP, rend l’adoption d’une ferme politique face à la Corée du Nord et à l’Iran plutôt malaisée et même hypocrite. Mais là encore, il faut saluer la pragmatique position du président Obama qui a réitéré à Prague qu’il ne favoriserait la construction en Pologne et en République Tchèque (l’opposition citoyenne y est exemplaire) d’un bouclier anti-missile supposément protecteur contre les armes nucléaires iraniennes (qui n’existent pas) qu’à la condition qu’il soit efficient et à prix raisonnable (« cost-effective and proven ») : nous osons penser qu’Obama abandonne ainsi à toutes fins pratiques l’irréalisable projet, jugé en outre inacceptable par la Russie. Cela va aussi de pair avec les courageuses coupures présidentielles annoncées la semaine dernière de 1.4 milliard de $ dans le budget des missiles américains, dont la plupart visent la Russie.&lt;br/&gt;On assiste par conséquent déjà, malgré l’ombre projetée par les aventures militaristes de l’OTAN décidées par George Bush en Géorgie (où il est déplorable de retrouver des militaires canadiens), à de prometteuses discussions entre les présidents Medvedev et Obama sur l’extension du Traité de réduction des armes stratégiques (START). Comme vous le savez, vingt-trois mille armes nucléaires sont actuellement en « service », 95% d’entre elles étant russes ou américaines dont 20% en état d’alerte maximale, ce qui faisait l’objet de notre premier envoi au premier ministre et à vous-même en décembre 2008, nous indignant de l’abstention canadienne envers une proposition néo-zélandaise raisonnable de de-alerting à un comité de l’ONU.&lt;br/&gt;Nous trouvons rassurants vos mots À la suite de notre échange de correspondance précédent, je tiens à vous assurer de nouveau que le Canada appuie fermement, de par ses principes, toutes les mesures internationales visant à réduire et à finalement éliminer les armes nucléaires et nous saluons la proposition canadienne très récente, appuyée par le Costa-Rica, de prévoir des rencontres annuelles pour le TNP. &lt;br/&gt;Nous aimerions néanmoins savoir votre ministère plus actif dans la recherche de pas pratiques vers l’objectif d’une élimination globale pour 2020 des armes nucléaires, comme l’ont souhaitée votre vis-à-vis Frank-Walter Steinmeier du gouvernement conservateur d’Allemagne, ainsi que le parlement européen ayant approuvé à 177 votes contre 130, le 24 avril dernier, le protocole Hiroshima-Nagasaki du mouvement les Maires pour la Paix, comme amendement pacifiste important au rapport Beer.&lt;br/&gt;J’ai eu l’insigne privilège de donner deux concerts pour le président des Maires pour la Paix, le maire de Hiroshima, M. Akiba, dont le dernier en juillet 2007 à Pugwash en Nouvelle-Écosse pour le 50e anniversaire du mouvement : à l’instar du sénateur Roméo Dallaire et de la mère du ministre de la Défense Peter Mackay, nous y étions tous quatre présents en tant que membres du mouvement Pugwash, fondé comme vous le savez à la suite d’un manifeste signé Albert Einstein et Bertrand Russell. Le mouvement et l’Office National du Film m’ont désigné animateur de la première montréalaise et francophone le 10 mars dernier du film remarquable Un rêve étrange du documentariste Eric Bednarski sur le non moins remarquable fondateur de Pugwash, le prix Nobel de la Paix 1995, feu Dr Joseph Rotblat. Nous vous recommandons ce film fort révélateur sur  l’histoire de l’arme nucléaire et sur les tactiques de centaines de physiciens nucléaires de Pugwash pour réfréner les ambitions politiques sur son utilisation.&lt;br/&gt;Il me fait maintenant plaisir de vous informer que les Artistes pour la Paix qui ont plus de 25 ans d’activités souligneront l’exact 40e anniversaire du bed-in pour la paix entrepris par les artistes pacifistes Yoko Ono et John Lennon au Musée des Beaux-Arts de Montréal de 9 à 19 h le 26 mai prochain, en prélude à une série de concerts quotidiens du 26 au 30 mai par des auteurs-compositeurs-interprètes éminents, tous membres des Artistes pour la Paix.&lt;br/&gt;Vous y êtes cordialement invité, Monsieur le Ministre, ainsi que toutes les personnes mentionnées en copies conformes, avec l’expression de nos sentiments distingués.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pierre Jasmin&lt;br/&gt;Président des Artistes pour la Paix &lt;br/&gt;et membre de Pugwash&lt;br/&gt;cc1 Le Très Honorable Stephen Harper, premier ministre : &lt;a href=&quot;mailto:pm@pm.gc.ca/&quot;&gt;pm@pm.gc.ca&lt;/a&gt; cc2 Monsieur Walter Dorn, professeur au Collège militaire Royal de Toronto et président de Pugwash Canada : &lt;a href=&quot;mailto:Walter.Dorn@rmc.ca/&quot;&gt;Walter.Dorn@rmc.ca&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;cc3 Bev Delong du Réseau canadien pour l’abolition des armes nucléaires : &lt;a href=&quot;mailto:bevdelong@shaw.ca/&quot;&gt;bevdelong@shaw.ca&lt;/a&gt; &lt;br/&gt;cc4 M. le sénateur Roméo Dallaire, a/s de : &lt;a href=&quot;mailto:kimkroeber@ca.inter.net/&quot;&gt;kimkroeber@ca.inter.net&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;</description>
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      <title>L’homme qui parlait plus vite que son ombre</title>
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      <pubDate>Tue, 22 Apr 2008 08:55:19 -0400</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://web.me.com/rdupuy/APLP/Lettres_du_Pre%CC%81sident/Entr%C3%A9es/2008/4/22_L%E2%80%99homme_qui_parlait_plus_vite_que_son_ombre_files/1117hillier350big.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://web.me.com/rdupuy/APLP/Lettres_du_Pre%CC%81sident/Media/object206_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:176px; height:132px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;En vingt-cinq ans, les Artistes pour la Paix n’ont réclamé le renvoi que de deux responsables gouvernementaux : d’abord celui de l’ex-ministre de la Défense et lobbyiste au compte de compagnies d’armement Gordon O’Connor, patron « du général Hillier, insolemment présent et exprimant sa satisfaction aux journalistes sans être rappelé à l’ordre, lors de la conférence de presse en août dernier du premier ministre Harper qui annonçait le remplacement de son ministre », écrivions-nous et nous plaignions-nous verbalement à l’automne dernier devant le général De Chastelain. Ce grand artisan de paix et de désarmement en Irlande s’est alors déclaré « pour la préséance du pouvoir civil sur le militaire », à notre grande satisfaction devant une si franche et si sévère critique implicite de la philosophie de son successeur!&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Satisfaction, car cette critique rejoignait les nôtres. Rappelons certains faits. Celui qui avait nommé Rick Hillier général en chef, le premier ministre Paul Martin, lui avait donné trois conditions absolues avant d’accepter sa suggestion d’envoyer l’armée à Kandahar :&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;	•	il fallait pouvoir y aller ET EN SORTIR quand on le désirait&lt;br/&gt;	•	l’équipement de l’armée canadienne devait s’avérer ADÉQUAT pour la mission&lt;br/&gt;	•	malgré les forces engagées en Afghanistan, il fallait que l’armée ait SUFFISAMMENT DE RÉSERVES pour intervenir, en cas de génocide en Haïti ou en Afrique, avec une autre mission rapide, équipée et entraînée.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Rick Hillier a répondu « no problem » aux trois conditions. « J’ai fait une erreur » a-t-il nonchalamment admis plus tard, alors qu’il aurait sans doute été plus honnête de sa part d’admettre qu’il avait menti, à l’instar des 935 communiqués mensongers de la Maison Blanche « justifiant » l’intervention en Irak de l’armée américaine…&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;En outre, dans une lettre fin janvier et dans notre conférence Guerres et écocides du 6 février à l’UQAM, nous reprenions l’information fournie par un professeur à l’emploi du Ministère de la Défense : « Le général Rick Hillier insista pour demander l’affectation à Kandahar de nos soldats canadiens, alors que les Britanniques devaient y être à l’origine, et que les Canadiens étaient destinés à une région plus calme ». Nous ajoutions : « il fait bon rappeler que les Artistes pour la Paix furent les premiers à réclamer la démission du général, immédiatement après un de ses discours d’intronisation où il s’exclamait devant le premier ministre Paul Martin que, par sa nomination, l’armée venait de retrouver «  sa vraie et originale mission de tuer », en particulier « ces scumbags de Talibans. » &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Rappelons que la formation du général est en partie texane, disons cowboy vu que les blindés ont pour ancêtre la cavalerie et que de 1998 à 2000, Rick Hillier fut général commandant-adjoint canadien du IIIe Corps blindé de l’armée des États-Unis, à Fort Hood, au Texas (source Pierre Dubuc, l’Aut’ Journal). Il a engagé l’armée canadienne non équipée pour une telle mission dans une aventure meurtrière et doit donc être tenu accessoirement responsable de la plupart des 82 morts compatriotes en Afghanistan, sans compter les centaines de civils afghans (chiffres peu fiables, car non comptabilisés officiellement) tués lors d’opérations militaires canadiennes. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nous écrivions enfin avec Bruno Roy, dans le mémoire des Artistes pour la Paix présenté le 9 février dernier devant la commissaire Antonine Maillet (notre présidente d’honneur) aux Audiences populaires pour le retrait des troupes canadiennes de l’Afghanistan appelées par le collectif Échec à la guerre :&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;« Les Artistes pour la Paix sont extrêmement préoccupés d’un actuel premier ministre conservateur et d’un général en chef, tous deux militaristes, autoritaires et arrogants, qui ont de plus en deux ans de pouvoir provoqué plus de 34 milliards de $ de dépenses militaires pour changer en caractère agressif la nature de l’armée canadienne autrefois plus pacifiante. Il n’est pas inutile de rappeler que pendant que nos troupes guerroient en Afghanistan, de 3200 Casques Bleus sous Lloyd Axworthy en 1996, le Canada n’en a plus qu’une cinquantaine aujourd’hui, glissant ainsi du 1er au 56e rang mondial comme gardien de la paix ».&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Notre préoccupation grandit avec en Haïti et en Afrique, notamment, des besoins immenses de cette présence pacifiante (même si les APLP sont préoccupés des débordements au Congo, notamment) de Casques Bleus, pour empêcher le pillage des infrastructures par une population exaspérée et surtout prévenir les répressions trop brutales par de petits soldats locaux (heureusement Haïti n’a plus d’armée !) contre des émeutiers de la faim que l’iniquité économique mondiale ne manquera pas, hélas, de multiplier.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pierre Jasmin&lt;br/&gt;Président des Artistes pour la Paix</description>
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      <title>La situation au Tibet</title>
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      <pubDate>Wed, 26 Mar 2008 11:15:51 -0400</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://web.me.com/rdupuy/APLP/Lettres_du_Pre%CC%81sident/Entr%C3%A9es/2008/3/26_La_situation_au_Tibet_files/FBackBON.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://web.me.com/rdupuy/APLP/Lettres_du_Pre%CC%81sident/Media/object207_2.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:176px; height:95px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;Les Artistes pour la Paix expriment leur soutien au Dalaï-Lama, prix Nobel de la Paix, qui « en appelle à la cessation des violences au Tibet et prône la retenue et le dialogue ». &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nous sommes aussi en faveur que les gouvernements occidentaux exercent un chantage lié à la présence de leurs dirigeants aux Jeux Olympiques, pour faire pression sur le président Hu Jintao afin qu’il respecte les droits de la personne au Tibet : droit de culte, droit de rassemblement, droit de parler la langue régionale, liberté de presse et d’internet, etc. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;    Comme membre d’une Caravane pour la paix invitée par l’Association culturelle tibétaine en 1993, logé exprès par les autorités chinoises dans un hôtel infect à l’ombre d’une caserne à Lhassa, j’avais apprécié la beauté du Tibet, tant celle des montagnes que celle de ses temples (ah ! le Potala !), et compati avec la misère de son peuple. Les écrits de son leader spirituel m’ont beaucoup appris sur la non-violence, grâce en partie à leur humour, si peu fréquent chez les leaders religieux (Jean XXIII n’en était, lui non plus, pas dépourvu).&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;    Mais on ne peut s’empêcher de penser que le Dalaï-Lama est dans une situation en porte-à-faux et que sa démission comme leader politique des Tibétains, qu’il brandit actuellement comme une menace, arrangerait beaucoup de choses. Sa position ambiguë l’empêche de jouer quelque rôle constructif politique pour la paix en son pays, car un gouvernement communiste chinois n’acceptera jamais le retour au Tibet du dernier leader théocratique, exilé en 1959. En abdiquant son leadership politique, le Dalaï-Lama donnerait le signal clair à ses compatriotes de séparer dorénavant le politique du religieux, atténuant ainsi les heurts compréhensibles du rationalisme chinois avec une civilisation aussi liée au spirituel. Le Canada du premier ministre Harper, qui a eu le courage l’an dernier d’interpeller le gouvernement chinois sur la question tibétaine, pourrait favoriser une rencontre, par exemple à Montréal, entre le Dalaï-Lama et un leader chinois, pour explorer un dénouement de l’impasse actuelle sur de telles prémisses. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;    Alors, faut-il boycotter les Jeux Olympiques ? Saluons l’hypocrisie de cette question, relayée complaisamment par tous les médias : Radio-Canada vient aujourd’hui d’y consacrer la moitié de la première heure de C’est bien meilleur le matin. La Presse du 20 mars avait aussi accordé la permission à ses journalistes d’enfin se lâcher « lousses » sur une question de paix : sept pages du premier cahier, battues il est vrai par les onze pages sur « les sportifs de la paix » le 25 mars! Comparons ces espaces avec les pauvres paragraphes consentis à la discussion du prolongement de la guerre jusqu’en 2011… Les dirigeants médiatiques, et là-dessus nous rejoignons les critiques chinoises, ont trouvé dans la cause du Tibet une façon idéologique pusillanime et sans conséquences de brandir un flambeau « pacifiste », tout en persistant à ne jamais remettre en cause l’augmentation des exportations d’armes occidentales en Afrique ni les guerres en Afghanistan et en Irak. Ces dernières auraient fait au moins mille fois plus de morts civils dans les trois dernières années, que la Chine n’en a faits au Tibet. C’est la parabole de la paille dans l’œil de l’autre qu’on fustige, alors qu’on ignore la poutre dans le nôtre. En fait, la Chine ne serait-elle pas justifiée de boycotter nos athlètes ? Cet argument montre bien les limites tactiques du boycott et de ses effets possibles boomerang.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;    Cela dit, la situation des Tibétains reste révoltante et il faut protester en leur faveur, puisque eux-mêmes sont interdits de manifestation. En 1993, une personnalité de Shanghaï, qui me faisait miroiter en Chine des master class et récitals, avait lié son projet alléchant et rémunéré à une renonciation de ma part à joindre la Caravane de paix au Tibet : le sacrifice de cet engagement fut fait selon ma conscience individuelle. Par contre, à titre de président des Artistes pour la Paix, je ne me sens actuellement pas justifié de lancer un mot d’ordre de boycott, qui de toute façon ne sera jamais suivi par les hommes d’affaires et ne pénaliserait que les sportifs et artistes idéalistes. J’inciterais cependant les athlètes canadiens à se munir, dans leurs bagages, d’écharpes de soie indienne blanche à nouer autour de leur cou lors des cérémonies de remises de médailles. Ces foulards, récompenses traditionnelles accordées par le Dalaï-Lama lors des rassemblements de ses fidèles, ne peuvent, aux yeux du Comité international olympique, constituer une offense à ses règlements, étant vierges de tout slogan.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;    Nous sommes conscients que ces éléments de pistes pour la paix irriteront les deux parties impliquées, mais n’est-ce pas à ce signe qu’on reconnaît des idées fructueuses de médiation ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pierre Jasmin&lt;br/&gt;Président des Artistes pour la Paix&lt;br/&gt;&lt;a href=&quot;http://www.artistespourlapaix.org/&quot;&gt;www.artistespourlapaix.org&lt;/a&gt;</description>
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      <title>Lettre au Premier Ministre sur C-10</title>
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      <pubDate>Fri, 7 Mar 2008 12:14:27 -0500</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://web.me.com/rdupuy/APLP/Lettres_du_Pre%CC%81sident/Entr%C3%A9es/2008/3/7_Lettre_au_Premier_Ministre_sur_C-10_files/FBackBON.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://web.me.com/rdupuy/APLP/Lettres_du_Pre%CC%81sident/Media/object207_3.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:176px; height:95px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;Monsieur le Premier Ministre,&lt;br/&gt;Les Artistes pour la Paix désirent vous exprimer leur vive inquiétude concernant le projet de loi C-10 présentement à l’étude au Sénat. Nous reproduisons d’abord, avec sa permission devant notre traduction, les mots du cinéaste documentariste expérimenté Donald Winkler, qui vous écrivait il y a quelques jours :&lt;br/&gt;&lt;br/&gt; « en référence à ces clauses de la loi C-10 dernièrement mises en lumière, donnant au Ministère du Patrimoine, par l'entremise de décisions prises par un comité fort mystérieusement constitué, le droit de retirer les crédits d'impôt à des projets artistiques déjà entièrement approuvés par des agences responsables, incluant Téléfilm Canada et le Fonds Canadien de Télévision. L’objectif proclamé d'un tel changement – créer un dernier rempart contre le financement public de matériel obscène, violent ou haineux – ne justifie en aucune façon l'application facilement corruptible d'une telle politique, ni la façon détournée, sinon suspecte, avec laquelle elle a été introduite, subrepticement glissée à l’intérieur d’une loi au libellé massif, en supposant qu'elle puisse passer sans être repérée, ce qui a failli arriver (...). Parce que ce n'est pas ce qui est vraiment haineux, ultra violent ou dangereusement obscène qui sera visé ici, mais ces travaux artistiques qui peuvent offenser un petit groupe de gardiens autoproclamés et non imputables, persuadés de leur propre infaillibilité et déterminés à imposer leur propre vision de la morale et de la rectitude politique à l'ensemble de la communauté. Là est le danger. Et même si ce n'est qu'un danger, il doit être condamné. Il en va de même pour la revendication affirmant que &amp;quot;n'importe qui peut créer ce qu'il ou elle veut sans piger dans les deniers publics, alors où est le problème?&amp;quot; - une telle déclaration hypocrite induit sciemment en erreur. Compte tenu du fait que nous parlons ici d'un médium qui a des exigences financières considérables, de telles mesures imposeraient un vent de paralysie sur l'expression artistique. Dans les circonstances, il est difficile de croire que telles n'en sont pas les intentions. »&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pour les Artistes pour la Paix dont un des rôles majeurs est d’observer la politique extérieure canadienne et l’évolution agressive de son ministère de la Défense Nationale, la vague référence dans le projet de loi C-10 à des oeuvres « offensantes pour l’ordre public » nous heurte vivement. Car tout documentaire qui oserait évoquer avec ferveur la mission première des gouvernements de protéger le bien commun et un « ordre » à base de justice sociale ne risquerait-il pas la censure de la droite, pour qui l’ordre public signifie plutôt maintien de l’ordre existant? Tout cinéaste qui, par exemple, au nom du respect du Traité international de Non-Prolifération nucléaire s’opposerait aux politiques de l’OTAN et du NORAD qui contreviennent à ses clauses essentielles, serait-il immédiatement classé par votre gouvernement comme subversif?&lt;br/&gt;Qui sait si on ne classerait pas comme contraires à l’ordre public le Peuple invisible de Richard Desjardins, qui dénonce les conditions misérables des autochtones dont vous avez rayé l’entente de Kelowna qui leur assurait 5 milliards de $ en aide et en logements sociaux, ou même les efforts d’aide aux jeunes de la rue par Dan Bigras, puisque vous avez coupé des services au Refuge des jeunes, pourtant si essentiels à sa simple mission de réinsertion sociale?&lt;br/&gt;Les œuvres des artistes qui protestent contre la pollution extrême de l’exploitation des sables bitumineux par des industries pétrolières ou contre les exportations d’armes canadiennes qui ont récemment septuplé tomberaient-elles aussi sous l’accusation de troubler votre conception d’ordre public, qui encourage l’une et les autres?&lt;br/&gt;Contraires à l’ordre public, les protestations des altermondialistes se heurtant à vos coûteuses clôtures des sommets de Québec et de Montebello protégeant « l’ordre nouveau » de gouvernements complices de changements antidémocratiques? Quel serait l’accueil de votre comité devant un documentaire qui condamnerait « les ordres » du général en chef Rick kill those scumbags Hillier entraînant tortures et disparitions de prisonniers présumés Talibans et cautionnant des opérations d’attaques meurtrières ainsi que des dommages considérables aux biens des civils afghans?&lt;br/&gt;Quelle est la conception juridique de « l’ordre public » d’un gouvernement qui n’a jamais trouvé l’once de compassion et l’infime parcelle de courage politique nécessaires pour protester au nom des Droits de la Personne contre l’emprisonnement pendant six ans à Guantanamo d’un gamin de quinze ans de nationalité canadienne, sur qui plane en outre la menace d’une condamnation à mort?&lt;br/&gt;Monsieur le Premier Ministre, nous vous pressons de retirer ces clauses, qui sont en contradiction avec nos traditions de liberté artistique et de pensée démocratique.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pierre Jasmin &lt;br/&gt;Président des Artistes pour la Paix &lt;br/&gt;Lettre entérinée par le Comité exécutif des Artistes pour la Paix réuni le 6 mars.&lt;br/&gt;Cc Parti libéral du Canada, Bloc Québécois, NPD, Parti Vert et à M. le Sénateur Jean Lapointe, dont la performance d’acteur fut inoubliable dans le chef d’œuvre cinématographique sur octobre 70 intitulé… Les ordres. &lt;br/&gt;Ce film aurait-il vu le jour avec les nouvelles clauses de votre projet de loi?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;	•	&lt;a href=&quot;Entr%C3%A9es/2008/3/7_Lettre_au_Premier_Ministre_sur_C-10_files/BQ%20C-21.pdf&quot;&gt;Réponse du Bloc Québécois&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Note du webmestre : cette lettre a aussi été publiée dans &lt;a href=&quot;http://lautjournal.info/default.aspx&quot;&gt;L’AUTRE JOURNAL&lt;/a&gt;</description>
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      <title>RICK HILLIER DOIT PARTIR !</title>
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      <pubDate>Sun, 27 Jan 2008 14:07:04 -0500</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://web.me.com/rdupuy/APLP/Lettres_du_Pre%CC%81sident/Entr%C3%A9es/2008/1/27_RICK_HILLIER_DOIT_PARTIR_%21_files/RickHillierPC.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://web.me.com/rdupuy/APLP/Lettres_du_Pre%CC%81sident/Media/object210_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:177px; height:119px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;On apprend que le général Rick Hillier insista pour demander l’affectation à Kandahar de nos soldats canadiens, alors que les Britanniques devaient y être, à l’origine, et que les Canadiens étaient destinés à une région plus calme. Il fait bon rappeler que les Artistes pour la Paix furent les premiers à réclamer la démission du général, immédiatement après son discours d’intronisation où il s’exclama devant le premier ministre Paul Martin que, par sa nomination, l’armée venait de retrouver sa vraie et originale « mission de tuer », en particulier ces scumbags de Talibans. Sa formation américaine, on pourrait même préciser, texane, le différenciant trop de celle de ses prédécesseurs, il a engagé l’armée canadienne non équipée pour une telle mission dans une aventure meurtrière et doit donc être tenu accessoirement responsable de la plupart des 78 morts compatriotes en Afghanistan. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;LE POLITIQUE DOIT PRIMER SUR LE MILITAIRE&lt;br/&gt;Les Artistes pour la Paix ont eu le privilège de rencontrer un de ses prédécesseurs, le général De Chastelain, pendant plus de trois heures au Centre Droits et Démocratie à Montréal le 28 novembre dernier. On savait qu’il avait travaillé d’arrache-pied depuis 1997 en Irlande, au péril de sa vie, pour arracher une à une les concessions aux Protestants de Ian Paisley et aux Catholiques de Gerry Adams pour les amener à force de ruses à des cérémonies de destructions d’armes. Malgré les méfiances de part et d’autre et les inévitables reculs provoqués par les exactions occasionnelles d’irréductibles terroristes des deux camps, ce travail de faiseur de paix (n’est-ce pas le sens du mot pacifiste ?) a fait en sorte qu’aujourd’hui, les camps irréconciliables sont assis depuis quelques mois au Parlement de l’Irlande du Nord, qu’ils se parlent au lieu de s’envoyer des bombes et si, on en croit le général, rient mutuellement des bonnes blagues de leurs ennemis héréditaires qu’ils découvrent tout autres qu’ils se l’étaient imaginé.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le général De Chastelain était en outre celui qui avait réussi, en 1990 avec l’armée canadienne qu’il commandait à Kanesatake, d’empêcher les Warriors et la Sûreté du Québec de s’entretuer. Ce fut sa seule intervention dans le civil. On se souvient par contre du général Hillier, insolemment présent et exprimant sa satisfaction aux journalistes sans être rappelé à l’ordre, lors de la conférence de presse en août dernier du premier ministre Harper qui annonçait le remplacement de son patron, le ministre de la Défense Gordon O’Connor. Le général de Chastelain, au su de cette anecdote, nous a avoué que lui-même « était de l’école croyant en la primauté du pouvoir civil sur le militaire », même quand il avait dû avaler, suite aux traitements dégradants de Somaliens par nos soldats, « la difficile suppression du régiment aéroporté imposée par l’Honorable Jean Chrétien ».&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;SOIRÉE D’INFORMATION&lt;br/&gt;Mais il ne sert à rien d’être nostalgique : la préoccupation des Artistes pour la Paix à l’égard d’un actuel premier ministre conservateur et d’un général en chef, tous deux militaristes, autoritaires et arrogants, qui ont de plus provoqué plus de 31 milliards de $ de dépenses militaires pour changer la nature de l’armée canadienne (4000 Casques Bleus sous Lloyd Axworthy en 1996, une cinquantaine aujourd’hui et le Canada est passé du 1er au 60e rang mondial comme « gardien de la paix »), nous amènera à deux jours de lobbying intense à Ottawa les 3 et 4 février prochains et à offrir à Montréal une soirée d’informations au Complexe des sciences Pierre-Dansereau de l’UQAM le 6 février à 18h 30, avant d’établir le 9 février au Centre Saint-Pierre une Commission populaire sur la mission afghane avec Échec à la guerre, sous la présidence d’honneur d’Antonine Maillet.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pierre Jasmin&lt;br/&gt;Président des Artistes pour la Paix, &lt;br/&gt;membre de Pugwash &lt;br/&gt;et membre du CA des Citoyens pour un Ministère de la Paix&lt;br/&gt;514-987-3000 3937#&lt;br/&gt;&lt;a href=&quot;http://www.artistespourlapaix.org/&quot;&gt;www.artistespourlapaix.org&lt;/a&gt; &lt;br/&gt;</description>
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      <title>Accommodements raisonnables....</title>
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      <pubDate>Wed, 12 Dec 2007 11:17:39 -0500</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://web.me.com/rdupuy/APLP/Lettres_du_Pre%CC%81sident/Entr%C3%A9es/2007/12/12_Accommodements_raisonnables...._files/FBackBON.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://web.me.com/rdupuy/APLP/Lettres_du_Pre%CC%81sident/Media/object211_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:176px; height:97px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;Mémoire des Artistes pour la Paix&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Première partie &lt;br/&gt;Immigrants et accommodements : analogie musicale en dix points &lt;br/&gt;Notes étrangères et harmonie, retards, charité, réfugiés et itinérants, identités fondamentales : le pacifisme et la coopération, dissonances accrues, syncopes, audace des dissonances, la femme et le féminisme&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;M’adressant à vous en premier, chers immigrants, je vous prie de me pardonner la légèreté de l’analogie suivante due à une déformation professionnelle de musicien, qui me porte à vous considérer comme on conçoit, dans une partition classique, les notes étrangères : leur dissonance est indispensable, comme vous, à l’harmonie musicale ou sociale. Dans notre jargon, on parle d’ « appoggiatures », donc de notes appuyées. Car tant de la part du compositeur, de l’auditeur que de l’interprète qui les accentue, l’ouïe s’y appuie, à la façon de notre regard appuyant face aux étrangers, spécialement ceux qui diffèrent par leur accent, la couleur de leur peau ou leur tenue vestimentaire. Les jeunes artistes font souvent aussi l’objet de ce regard appuyé, à cause de leurs cheveux longs ou bleus, d’un anneau dans le nez ou dans l’arcade sourcilière, de leurs tatouages ou de leur propension à gesticuler de façon théâtrale, bref à cause de leur différence marquée de caractère par rapport à la norme de la société. Beethoven était raillé, en son Autriche d’adoption, pour son langage heurté hérité du dialecte de Bonn, ses sautes d’humeur, ses cheveux désordonnés portés sans perruque, sa façon de chanter alors qu’il marchait seul dans la nature. Il était remarqué, comme l’étaient aussi les homosexuels dans nos villes il y a vingt ans. Ne sommes-nous pas tous, en quelque degré, des étrangers, des migrants, par rapport aux autres? Les notes étrangères sont vraiment essentielles à l’harmonie, plus que le sel, les épices, les oignons ou l’ail à la réussite d’un plat principal.&lt;br/&gt;Les appoggiatures, momentanément mais résolument à l’extérieur de l’accord, semblent heurter l’harmonie de leur différence marquée (elles n’existent à peu près pas dans la «muzak » commerciale et sont atténuées par les interprètes « bourgeois »). Très souvent, elles constituent ce qu’on appelle en musique des retards, c'est-à-dire des survivances de l’harmonie passée qui trouveront leur résolution en s’accommodant plus tard à la nouvelle harmonie. C’est la grâce qu’on souhaite aux pieux immigrants, sincèrement attachés à des textes sacrés fondateurs, qui proviennent d’un passé antérieur à nos valeurs démocratiques antihiérarchiques et anticléricales. Ne les condamnons pas, ne serait-ce que pour éviter nous-mêmes le travers de critiquer d’autres confessions comme hérétiques ou impies. On les soustraira évidemment aux abus des plus fanatiques qui cherchent à asseoir une emprise sur des fidèles soumis : les séquestrations, les excisions des jeunes filles ou les lapidations des femmes adultères, survivances de la pire barbarie, sont à combattre sans aucun accommodement, car ce n’est pas par hasard que ce sont les femmes qu’on agresse ainsi, nous y reviendrons. On sera par ailleurs accommodant pour les tonsures ou robes de prêtres catholiques, les niqabs, burqas et voiles musulmans, les perruques et frisettes Hassidim, les kirpans et turbans sikhs, les barbes et habits sombres des Doukhobors ou des Amish. Avant de jeter des pierres à ces pieux immigrants parce qu’ils ne s’intègrent pas ou s’assimilent trop lentement à nos références laïques, il est essentiel de se rappeler avec compassion que ces sectes ou religions ont historiquement été persécutées dans leurs pays d’origine. Elles n’ont trouvé le salut qu’en s’exilant (en particulier, au Nouveau Monde) ou en se rassemblant à l’aide de signes distinctifs, ce qui leur a permis d’éviter la violente répression des majoritaires génocidaires de leurs pays d’origine. Notre statut minoritaire francophone devrait nous exercer à plus de patience à leur égard. Par exemple, le kirpan est devenu symbole de la force qui a permis aux Sikhs de résister à l’oppression. Si notre gouvernement fédéral respectait au lieu de saboter la Loi sur le contrôle des armes à feu, nous serions mieux placés pour convaincre les Sikhs que de tels symboles agressifs n’ont pas leur place en notre pays de paix. De toute façon, il est préférable de consacrer nos énergies à aider nos policiers à contrôler les armes à feu en circulation, ce que la Fondation le silence des armes (Alex Magrini, artiste pour la paix 1994) a réussi pendant ses courtes années d’existence. Ayant ainsi modestement contribué au désarmement de gangs de rues ou mafias diverses, nous n’avons pas de temps à perdre à dénoncer des symboles issus de religions dites réactionnaires, tels les kirpans dissimulés, cousus et sans aucun potentiel d’agression, selon les mots du respectable maître Julius Grey.&lt;br/&gt;Les religions sont-elles par essence rétrogrades? Non pas, si nous examinons le dénominateur commun de toutes les religions, ce qui les rassemble dans l’action, ce qui les relie (cette notion de lien est à la base du mot religion, étymologiquement parlant), c’est-à-dire l’aide au prochain, la charité. Si toutes les religions s’unissaient autour de cette notion très simple de bonté pour le prochain, si elles accordaient plus d’importance, par exemple, à la Conférence mondiale des religions pour la paix, elles se réuniraient dans une condamnation non équivoque des marchands d’armes et de leurs supporteurs. On assisterait à une fatwa universelle prononcée contre Ousama Bin Laden, plutôt que contre l’écrivaine Tasleema Nasreen, et à l’excommunication d’un dangereux fauteur de guerres comme George W. Bush, plutôt que celle communément prononcée à l’encontre de femmes divorcées à la suite de coups et blessures de maris violents. La charité est le plus bel apanage des religions, le Hamas a autrefois convaincu plus de Palestiniens que le Fatah, parce que ses membres la pratiquaient davantage. Hélas, leurs actions violentes contre les civils d’Israël les ont discrédités à nos yeux.&lt;br/&gt;Comme autres exemples d’appoggiatures, nommons les réfugiés de tant de conflits qui se multiplient à travers la planète et, dans notre société, les itinérants : tels le Wanderer de Schubert, le Fugitif, le Vagabond, le Quêteux ou le Survenant de notre culture, on verra entreprendre une longue marche le pèlerin ou le mendiant de l’Itinéraire, celui parfois très jeune qu’une histoire familiale trouble a jeté dans la rue, avant de trouver la paix. Vous savez, aucun itinérant n’ira reprocher à l’Accueil Bonneau, à la mission Old Brewery, au Bon Dieu dans la rue de Pops ou à la Maison du Père d’arborer des crucifix, et ni la Croix Rouge ni le Croissant rouge ne discrimineront les réfugiés. On salue tous au Québec le travail exceptionnel de Développement et Paix, représenté par son porte-parole Luc Picard, artiste pour la paix 2005. Non content d’uniquement faire la charité, cette organisation chrétienne  s’occupe aussi de justice sociale, en interpellant nos sociétés minières coupables d’exploitation et de désastres environnementaux dans les pays du Tiers-Monde. Nos élites financières trouvent d’ailleurs nos organismes de charité moins accommodants qu’à l’époque du Cardinal Léger, où la charité marchait main dans la main avec les excès du paternalisme, du colonialisme et même du racisme. Maintenant, les groupes Care Canada ou Oxfam font la charité en raisonnant, en s’assurant de ne pas seulement offrir des vivres mais aussi les moyens de les cultiver. Ils n’hésitent pas, d’autre part, à dénoncer la supposée aide humanitaire de notre armée en Afghanistan, dix fois moins efficace, dix fois plus coûteuse que la leur, qui en outre met en danger leur travail humanitaire désormais associé, pour les Talibans, à l’action impérialiste militaire. Les Artistes pour la Paix saluent le « malcommodement raisonnable » de tous les organismes humanitaires, abbés Pierre et monseigneurs Tutu de ce monde qui dénoncent sans relâche le gaspillage et surtout la nuisance des dépenses militaires mondiales à plus de 1200 milliards de $ annuels : ce nouveau discours critique de la charité marque un véritable progrès, un tournant de notre société, en nous éloignant du « crois ou meurs » et des recettes racistes d’antan d’achats de petits Chinois.&lt;br/&gt;L’harmonie est définie en musique par les basses, c’est-à-dire les bases de l’harmonie, ce qu’on appelle chez les musiciens les identités fondamentales des dites harmonies, leur appartenance à la tonalité employée : c’est pourquoi on chiffre les harmonies sous les portées de la partition. Ces bases, qui résonnent longtemps, moins mobiles donc que les hautes à qui on confie volontiers les mélodies, seraient assimilables aux valeurs fondamentales de nos sociétés. Comme nous y reviendrons en deuxième partie, contentons-nous maintenant d’en identifier deux, le pacifisme et la coopération, valeurs historiques constantes de la société québécoise, très accommodante de nature. &lt;br/&gt;D’abord, le pacifisme. Les centaines de milliers de manifestants que les Artistes pour la Paix ont réussi à mobiliser, quand le gouvernement fédéral s’est interrogé quant à la marche à suivre sur la guerre en Irak, ont représenté un pourcentage de population plus élevé que dans tous les autres pays du monde. Nos manifestants ont épargné au pays de s’aventurer dans une guerre impérialiste qui a torturé et martyrise encore un pays avec non seulement beaucoup plus de cent mille morts, mais encore avec un million de réfugiés à l’interne et deux millions à l’externe. Plusieurs émigrent au Canada dans un état de révolte tout à fait compréhensible, d’autant que le gouvernement canadien devient de plus en plus intolérant, jusqu’au racisme, envers ces réfugiés souvent renvoyés vers les dictatures qui les avaient torturés au départ. La multiplication de renvois de réfugiés est un scandale déraisonnable qui fait honte à notre réputation. &lt;br/&gt;Une autre de nos valeurs fondamentales est la coopération. On connaît l’importance des mouvements coopératifs chez nous, par rapport au reste de l’Amérique du Nord, on sait à quel point les coopératives Desjardins ont obtenu le support des paroisses et combien certaines coopératives d’artistes, de travailleurs ou même de radios communautaires forgent notre société. J’étais présent dans un salon funéraire coopératif il y a deux mois pour rendre un dernier hommage à Patricia Perez, travailleuse mexicaine d’abord aide-domestique, qui avait trouvé le courage de fonder une organisation d’entraide pour les travailleurs agricoles venus d’Amérique centrale afin de les syndiquer et de les informer de leurs droits, entre autres quant à l’application des règles de la CSST. Une des tares de notre riche société, c’est d’accommoder les droits des travailleurs migrants à une sauce d’exploitation digne des époques d’esclavage : on les fait travailler jusqu’à douze heures par jour, sept jours par semaine. Dénonce-t-on suffisamment cet accommodement à l’envers qu’on exige abusivement des immigrants? Vante-t-on leur courage d’accepter nos jobs les plus difficiles et les moins rémunérées, comme celles d’aide-infirmiers? Nous trouvons très accommodantes les valeurs de respect des aînés chez les Africains, Chinois, Indochinois, Indiens, Pakistanais, Indonésiens, Européens du Sud, Haïtiens et descendants des Mayas et Incas centre-américains, vu qu’elles les portent à soigner avec le sourire nos vieillards incontinents dans les hospices où nous, aux valeurs soi-disant modernes et évoluées, les avons relégués, parce qu’économiquement improductifs ou malcommodes et surtout parce qu’on s’en fout.&lt;br/&gt;Mais nous voici heurtés par des dissonances accrues, par des immigrants par nécessité non seulement économique, mais aussi à cause de guerres ou de dictatures féroces. Eux aussi, à l’instar de nos militaires, ont le droit de souffrir de chocs post-traumatiques qui les rendent parfois agressifs. Certains nationalistes frileux adéquistes et péquistes réclament qu’on leur ferme la porte. Ont-ils réfléchi que ces guerres ont été nourries et ces dictatures armées par nos usines d’armement ? 4e exportateur au monde de munitions d’armes légères (ces armes au monde qui tuent 1000 personnes chaque jour, surtout en Afrique), le Canada est en outre devenu le 6e pays exportateur d’armements au monde, derrière l’Allemagne et quatre des pays du Conseil de Sécurité (sic!) de l’ONU. En 1992, le gouvernement des Mulroney, Campbell, Charest et Bouchard (Benoît comme Lucien) accordait trois fois plus d’argent au Defense Industrial Productivity Program, un programme favorisant l’exportation des armes canadiennes, trois fois plus d’argent de nos impôts, qu’au Conseil des Arts favorisant toute la production artistique et littéraire. Les Artistes pour la Paix, qui avaient combattu le DIPP et ont contribué en août dernier à fonder le chapitre québécois des CitoyenNEs pour un ministère de la paix, se scandalisent de la politique conservatrice héritée des magouilles du marchand d’armes bavarois Karlheinz Schreiber, politique qui investit 31 milliards de $ dans les derniers dix-neuf mois dans la guerre et qui s’étonne, après l’avoir semée, d’en récolter les fruits amers. Nous continuons d’exiger que la politique canadienne soit plutôt alignée sur les principes de la Commission de la gouvernance globale, présidée par Gro Brundtland et Nelson Mandela, dont la première recommandation était le monitoring international des armes et un contrôle sévère de leur exportation (motion préliminaire présentée à l’ONU récemment : seuls les États-Unis ont voté contre). Jadis, il y eut une politique rigoureuse du Canada qui a lancé la mission de désarmement du général De Chastelain en Irlande et produit le traité d’Ottawa contre les mines anti-personnel (10e anniversaire fêté le 3 décembre dernier) et favorisé les missions de paix de l’ONU avec plus de quatre mille Casques Bleus : nous étions le premier pays au monde dans cet effort de paix, nous voilà 60es au monde avec les conservateurs qui préfèrent faire la guerre à l’Afghanistan. On aggrave ainsi le phénomène d’une immigration de moins en moins le fait de volontaires désirant s’intégrer au Canada et de plus en plus, de nostalgiques qui songent à retourner dans leur pays, une fois les guerres terminées. Ces nostalgiques rigides gardent leurs religions, leurs rites, leurs structures sociales et leurs habillements discriminatoires et c’est, comme nous l’avons démontré, non pas mauvaise volonté de leur part mais conséquence directe des traumatismes que « la dureté malcommode » des politiques nord-américaines leur a infligés. Que le gouvernement canadien épouse vraiment la politique du 0.7% d’aide au Tiers-Monde, position mise de l’avant par Lester B. Pearson il y a près de cinquante ans, qui est suivie à la lettre par les pays scandinaves, mais pas du tout par les États-Unis, ni par le Canada qui est à 0,3% environ, ce qui est proprement scandaleux de la part d’un pays riche comme jamais auparavant. Ce manque d’accommodement minimal de nos élites gouvernementales est honteux et inacceptable et les Artistes pour la Paix ont dépensé des milliers de dollars pour l’écrire et conscientiser nos députés fédéraux à ce sujet (voir nos deux campagnes ayant coûté chacune 12 000$ en 2005 ainsi que le mois dernier, de même que nos deux cents cinquante lettres aux députés et sénateurs en 2006, actions tues par tous les médias, hélas).&lt;br/&gt;Les musiciens classiques originaux comme Mozart et Beethoven ont développé aussi les syncopes. Il s’agit d’une technique qui fait devancer un temps fort par un accent, l’action du rythme se reportant curieusement sur cet élément, faible au départ : l’appoggiature et la syncope seront intégrées de façon systématique par le gospel et le blues, ancêtres du jazz. C’est comme si les Noirs, descendants d’esclaves à qui le Sud raciste interdisait de marcher sur les mêmes trottoirs, d’enterrer leurs morts dans les mêmes cimetières, de prendre les mêmes places dans les autobus ou de boire aux mêmes fontaines dans les parcs, c’est comme s’ils avaient répondu : d’accord, on ne marchera pas dans vos pas, on va syncoper notre rythme de marche, on va retarder le pas avec nos appoggiatures! Et ô surprise, leur musique, héritée des traditions africaines séculaires, a envahi l’espace musical des XXe et XXIe siècles et toutes leurs cultures, rejetées et marginalisées en d’autres sphères, économiques notamment, se sont vues accommodées par notre musique accueillante : quelle belle revanche pour l’Afrique et les Noirs du Brésil, des Caraïbes, de Louisiane et du Mississipi. Et quel enrichissement pour notre musique, celle de Jorane, Florence K., Céline, Coral Egan, Karen Young, Corneille ou Grégory Charles! Donc, travailler à contretemps, en syncope, c’est travailler pour le pacifisme et contre le militarisme, c’est aussi travailler à long terme pour moins d’immigrants qui viennent à contrecoeur, et je défends le lecteur ou l’auditeur de cette prise de position d’y voir un germe de droite. La CIA, émanation féroce du militarisme américain, a appuyé des hommes d’affaires sans scrupules qui voulaient, par avidité de pétrole ou de matières premières, dépouiller la vie économique de pays entiers : elle a donc déposé des leaders qui tentaient d’instaurer des bases patriotiques d’appropriation et de développement de leurs ressources, tels Norodom Sihanouk au Cambodge, Hedayat Mossadegh en Iran ou Patrice Lumumba au Congo. Dans ces trois cas, la mort de millions de leurs compatriotes et la pauvreté de dizaines de millions d’autres ont suivi les intrigues incroyablement néfastes de la CIA, cette excroissance de puissance militaire qui fait fi des pouvoirs civils légitimes. Même phénomène en Amérique centrale et du Sud, où des tyrans sanguinaires installés au pouvoir à l’aide de la CIA (qui avait aussi installé Saddam Hussein en Irak), par exemple Pinochet au Chili et Noriega au Panama, mais aussi les gouvernements militaires d’Argentine, de Bolivie, du Brésil, de Colombie, du Guatemala, du Nicaragua, du Paraguay, du Salvador et d’Uruguay, ont commandé les meurtres de centaines de milliers de syndicalistes, chrétiens démocrates, dont l’archevêque Romero, et représentants autochtones qui ne cherchaient qu’à sortir leur peuple de l’esclavage. Travailler pour le pacifisme, c’est donc travailler pour un futur avec moins d’immigrants, mais mieux intégrés, moins demandeurs d’accommodements parfois déraisonnables, tels ces musulmans intégristes traumatisés par les agressions occidentales. Ces groupes ont développé des systèmes de défense archaïques contre, croient-ils, l’intolérance et la violence de nos sociétés. Peut-on vraiment les blâmer de nous avoir ainsi désignés comme ennemis, nous qui avons intégré en paroles et en idées les préceptes liberté, égalité, fraternité, mais par mercantilisme dépensons mille fois plus d’argent à la business de la guerre qu’à la défense des droits de l’homme? Je répète que les cinq grands du Conseil de Sécurité de l’ONU, l’Allemagne et le Canada, sont actuellement les sept pays plus grands exportateurs d’armes au monde : voyez le film le cauchemar de Darwin pour en constater les ravages en l’Afrique des Grands Lacs et appliquez ce schéma sanglant au Rwanda, au Congo, au Darfour et au Nigéria!&lt;br/&gt;Le public amateur reproche toujours aux musiciens d’utiliser trop de dissonances. On connaît grâce au film Amadeus la célèbre plainte de l’empereur face à Mozart : c’est très beau, votre musique, mais n’y a-t-il pas trop de notes? Le public accepte plus volontiers des compositeurs fades, tels à l’époque Boccherini, Salieri, Boieldieu ou Cherubini, préférés à Mozart ou Beethoven aux dissonances appuyées, surtout dans leurs dernières oeuvres. Mais le verdict de l’histoire a toujours entériné l’audace des dissonances multiples. Le discours des Artistes pour la Paix est rempli de dissonances, par rapport au discours lénifiant de la presse officielle. Par exemple, notre intervention pendant la crise d’Oka avait défendu la protestation sincère des Mohawks contre le bulldozage, au profit d’un golf, d’une forêt ancestrale écologique qui protégeait Oka de l’avancée des dunes de sables et abritait de surcroît des sépultures indiennes ancestrales. Eh bien, la société a vilipendé les Artistes pour la Paix avec des éditoriaux enflammés qui nous avaient interdit le droit et l’espace de répliquer : mais tout le monde s’accorde, dix-sept ans plus tard, que la Sûreté du Québec et les Warriors étaient dans le champ et que Myra Cree et les femmes autochtones comme Alanis O’Bomsawin qui défendaient leur territoire avec un esprit de résistance avaient raison contre les bien-pensants, impatients de retrouver leur pont Mercier. Les films de Richard Desjardins par leurs dissonances affirmées heurtent le mercantilisme québécois face à la forêt menacée et notre incroyable insensibilité face aux Algonquins plongés dans la misère. Voilà nos immigrants de l’intérieur! Quelle ironie de les envisager ainsi, de notre part de visages pâles : nous sommes les immigrants comparativement à eux, même moi qui suis par les branches maternelles et paternelles, de souche depuis les années 1600. Et on entend malgré tout des ignorants reprocher à ces Indiens les accommodements gouvernementaux par rapport aux impôts? Quelle honte et quelle ignorance de l’histoire, parce que nos médias font peu de place à des anthropologues tel Rémi Savard ni à des cinéastes tel Arthur Lamothe, pour nous raconter la brutale dépossession qu’on a fait subir à tous les autochtones de la Terre de Feu à l’Arctique, eux qui pourtant avaient accueilli nos ancêtres avec bienveillance.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Enfin, nous croyons en les valeurs de la Révolution française : liberté, égalité, fraternité. Mais malgré mon respect pour Voltaire, Lessing et Rousseau, je soutiens que l’invention germanique de la sonate a fait davantage évoluer le monde, il y a deux cent cinquante ans, en jouant du contraste d’un second thème indépendant, gracieux et chantant avec le thème principal dansé, rythmique et opiniâtre : influencés par les premiers opéras psychologiques, la sonate, la symphonie, le concerto et la musique de chambre introduisaient la femme sur un pied d’égalité avec l’homme, Mozart allant même jusqu’à la laisser dominer par toutes ses armes de séduction et de subversion. Les  musiciens classiques installaient au premier plan le sort de la femme, comme baromètre de respect des valeurs fondamentales. Ce qui fut aussi fait au Québec par des Artistes pour la Paix célèbres, comme Charlotte Boisjoli, Maryvonne Kendergian, Janette Bertrand et Simonne Monet-Chartrand, comme Jean-Louis Roux qui a maintenu les fées ont soif de Denise Boucher à l’affiche du TNM malgré les protestations épiscopales, comme Michel Tremblay dans toutes ses pièces depuis les Belles-Soeurs, comme Antonine Maillet, notre présidente d’honneur, dans la Sagouine, Pélagie la charrette et Madame Perfecta, toutes résistantes et héroïnes du peuple, femmes de ménage, immigrantes et réfugiées de l’intérieur pour les deux premières, Espagnole de la résistance antifasciste, pour la troisième. Il est essentiel de mettre de l’avant de telles œuvres lors de l’accueil des arrivants, de leur présenter par exemple les films de Gilles Carle, Frédéric Back, Pierre Perreault, Bernard Émond, Claude Jutra, François Girard, Martin Duckworth (Artiste pour la Paix 2002), Michel Brault, Denys Arcand et Denise Robert, Paule Baillargeon, Marquise Lepage (APP1999), Monique Simard, les pièces de Robert Lepage, Denis Marleau, Wajdi Mouawad (APP2006), Évelyne de la Chenelière, les danses contemporaines des Jean-Pierre Perreault, Margie Gillis, Marie Chouinard, Jocelyne Montpetit et Ginette Laurin, les écrits des Dany Laferrière, Bruno Roy, Victor Lévy-Beaulieu, Yves Beauchemin et des Gabrielle Roy, Francine Noël, Marie Laberge, Marie-Claire Blais et Andrée Ferretti, les poèmes des Fernand Ouellette, Michel Garneau, Gaston Miron et des Louise Warren, Mitsiko Miller, Hélène Dorion, les chansons des Gilles Vigneault, Daniel Lavoie (APP1988), Richard et Marie-Claire Séguin (APP1990 et 1995), Florent Vollant (APP1994), Zachary Richard, Michel Rivard, Daniel Bélanger, Daniel Boucher, Loco Locass, Cowboys fringants mais aussi des Chloé Ste-Marie, Renée Claude et des acadiennes résistantes comme Marie-Jo Thério, Édith Butler, Isabelle Cyr et Ginette Ahier, les acteurs James Hyndman, Jean-François Casabonne, Roy Dupuis, Vincent Graton et les actrices Andrée Lachapelle (APP1989), Sylvie Drapeau, Pascale Bussières, Marie Tifo, Catherine Sénart, Kim Yaroshevskaya, les compositeurs Jacques Hétu, Claude Vivier, Gilles Tremblay (APP1992) et la compositrice Emily Doolittle, les interprètes Glenn Gould, Walter Boudreau, Joseph Rouleau, Bernard Labadie et Nathalie Choquette, les peintres Jean-Paul Riopelle, Louise Prescott, Suzanne Dubuc et Marcelle Ferron (APP2000), les sculpteurs René Derouin, Alex Magrini et Armand Vaillancourt (APP1993), les humoristes Sol, Yvon Deschamps et Stéphane Laporte, les caricaturistes Girerd, Garnotte et Chapleau, les clowns Sans Frontières (APP1997) et du Carrousel, les marionnettes du Bout du Monde, Passe-Partout, les animateurs Jacques Languirand et  Myra Cree (APP2004), la photographe Josée Lambert (APP1998), les artistes du Cirque Éloize, des Sept Doigts de la Main, du Cirque du Soleil  etc.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Mozart, de son vivant, s’est vu reprocher le féminisme des titres de ses opéras. Comment osait-il, lui reprochait-on hargneusement, mettre en scène dans son Singspiel Zaïde ou dans son opéra la Finta giardiniera, deux femmes, étrangères de surcroît, dont la morale édifiante éclipsait celle de tous les hommes aristocrates les entourant? Même Beethoven, vingt ans plus tard, se verra contraint de changer son titre souhaité de Léonore en Fidelio, devant la pression des autorités. Imitons Mozart, ne laissons aucune pression affaiblir les avancées féministes de la société québécoise. Constatons que, malgré ces avancées, la présente commission a été confiée à deux hommes, mais on ne peut blâmer ce faux-pas politiquement incorrect sur vous-mêmes, messieurs les commissaires, qui avez simplement accepté de servir votre société. Cela ne nous empêchera pas de reprendre ici le leitmotiv de tant d’intervenants : il faut protéger la femme contre tout accommodement, même raisonnable. Lorsque les Hassidim de la rue Durocher à Outremont attendaient mon arrivée à la maison pour me demander à moi, plutôt qu’à ma compagne, de venir brancher une prise électrique pendant le sabbat, j’obtempérais avec obligeance, puisque ma compagne ne se sentait pas vraiment offusquée, que c’est eux qui avaient subi l’inconvénient de l’attente et que leur rendre ce service qui leur était indispensable ne me prenait que quelques minutes. Mais n’obligez pas les femmes policières en devoir à s’effacer devant un subalterne masculin, ni les juges féminins à se faire remplacer par un collègue masculin pour les accommoder : le message des services publics doit toujours rester ferme quant à l’égalité des sexes. Dans nos écoles, on acceptera les écolières avec leur voile, sinon leurs parents pourraient les retenir à la maison, ce qui les priverait d’éducation. Par contre, puisque l’école est faite pour informer de faits et de cultures, non pour endoctriner avec des croyances, on y refusera les cours de religion, comme on refusera aux professeurs de porter le voile ou un crucifix ostentatoire. S’il est important de préserver un message républicain de laïcité dans les écoles primaires et secondaires, on sera accommodant dans les cégeps ou universités qui s’adressent à de jeunes adultes. Comme Artistes pour la Paix, nous nous sommes accommodés des nombreuses demandes des Juifs et des Musulmans, lorsque la compositrice Anne Lauber a créé son oratorio interprété par I Musici, rassemblant prières et chants chrétien, juif et musulman devant le maire de Montréal au Centre Pierre-Péladeau où nous avions dû refuser des centaines de personnes, faute de places. Quel beau symbole d’œcuménisme possible, lorsque les religions s’accommodent ainsi des autres!&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Seconde partie &lt;br/&gt;« Nous » : identité et engagement&lt;br/&gt;« Nous », éthique et culture religieuse, trop d’accommodements, justice et équité sociales, se tenir debout et bien commun  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;« On a beau être dans une société qui s’interroge, nous sommes, il est vrai, à apprivoiser des questions qui n’ont pas trouvé toutes les réponses. Que les Québécois, dont on dit qu’ils sont émotifs, se sentent racistes à la hauteur de 59%, alors que 78% des immigrants les trouvent accueillants et ouverts, cela montre bien l’écart entre les discours et les comportements. Certes, la question des accommodements, telle que comprise par certains, traduit sans conteste des tensions. Pourtant, en toute objectivité, l’accommodement raisonnable, comme mesure d’inclusion, ne doit nullement inquiéter les Québécois, d’autant qu’il est encadré par la loi. » Cette parole sage de Bruno Roy, écrivain membre de notre conseil d’administration, aurait pu nous inciter à nous abstenir d’intervenir devant vous, messieurs les commissaires, mais la dérive de certaines interventions nous a motivés à prendre la parole. Les dix exemples d’accommodements raisonnables ou de refus d’accommodements cités en première partie dressent un portrait, qu’on le veuille ou non, de « nous », nous personnes croyant à des valeurs qu’on a, par le passé, identifiées comme des valeurs de gauche, mais qui sont, somme toute, des valeurs communes de respect des droits de la personne. Si la défense de la femme reste avec raison un thème majeur, sorte de baromètre de justice et de respect, l’éducation des enfants et le respect des vieillards seront d’autres domaines névralgiques à examiner attentivement, de même que la condition des prisonniers : c’est pourquoi le travail d’Amnistie internationale est si pertinent, celui de Pauline Julien auprès des prisonniers d’octobre 1970 si admirable et celui de Mohamed Lotfi et de ses souverains anonymes si éloquent. Personne ne parle avec plus de pertinence de la justice que ceux qui sont privés de liberté. Mozart, autant que Molière, a eu le courage de se moquer doucement de tous les systèmes trop hiérarchisés : l’armée, les régimes tyranniques, les tribunaux expéditifs, actualisons la liste avec les fondamentalistes, tant les islamistes à la fatwa facile que les chrétiens de droite partisans du Christ-Roi, qui s’affrontent présentement en Irak ou en Afghanistan. Pourquoi ne pas revenir à l’origine, celle où la religion créait des liens avec tous et toutes sur la base de la charité et de la spiritualité? Radio Ville-Marie, par exemple, met de l’avant les engagements des jeunes chrétiens au Tiers-Monde contre les élites en place qui trahissent le peuple. Plutôt que d’accommoder certains businessmen canadiens sans scrupules qui pillent et polluent les continents Asie du Sud, Afrique et Amériques centrales et du Sud, de jeunes coopérants ont le courage de rassembler les opposants de ces exploiteurs et de se solidariser avec le peuple opprimé, souvent avec l’aide des églises pauvres locales, plus rarement avec la complicité d’évêques tel feu Don Helder Camara.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Par ailleurs, la spiritualité dans l’art est accommodante, c’est pourquoi nous avons foi dans le nouveau cours projeté dans toutes nos écoles Éthique et culture religieuse, surtout tel qu’admirablement défini par le philosophe Georges Leroux. Enlevons tous les crucifix industriellement produits des murs des institutions publiques. Laissons en place tous ceux qui sont des œuvres d’art individuelles, pardonnez ce pléonasme : il y va à la fois d’un respect de l’art, mais aussi de déni d’idolâtrie. Dans mon salon, il y a un gigantesque crucifix d’un mètre et demi de haut, aux côtés d’une immense peinture abstraite créée par une émule du Refus Global athée, aux côtés aussi d’un masque africain, d’une sculpture-fragment d’un ancestral tambour vaudou des Caraïbes et d’une photo-couleur encadrée remise en mains propres au compositeur canadien Alfred Laliberté par le compositeur Alexandre Scriabine, dont le langage harmonique dissonant à base de quartes a été repris par le jazzman Keith Jarrett : Scriabine, ancêtre du psychédélisme, cherchait à créer une œuvre universelle à partir d’un temple construit aux Indes avec jeux de son clavier à lumières et jets de parfum dans la salle, et la première aurait été diffusée sur toutes les radios du monde! Le crucifix de mon salon est l’œuvre d’un artiste, ingénieur dans une vie antérieure, qui a soudé des instruments aratoires traditionnels, la tête du Christ représentée par l’indicateur d’une balance de pesée : certains visiteurs en sont choqués, mais la plupart considèrent la sculpture non blasphématoire, car elle dégage une spiritualité certaine, rehaussée par le voisinage des autres œuvres d’art et par la musique de mon piano. Toutes les œuvres d’art sont généreuses : elles donnent sans rien enlever à qui en jouit, à la manière de Jean-Sébastien Bach, universel dans ses Passions d’humanité souffrante, qui transcendent même leur beau message chrétien d’espoir.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Vient cependant un temps où trop de dissonances neutralisent la musique, par exemple la musique sérielle devenue grisaille et insignifiance, jeu intellectuel sans âme et sans direction. De même, le Québec a fait trop d’accommodements raisonnables avec une part de sa minorité anglophone arrogante et raciste qui a profité de son statut de conquérant pour s’emparer abusivement d’avantages économiques, ferments d’inégalité. Le nier ne favorise pas la paix, au contraire. Nous inspirant de Nelson Mandela, les Artistes pour la Paix s’abstiendront toujours de tenir un discours revanchard ou de réclamer de dépouiller des individus pour soi-disant venger une injustice passée. Selon Gandhi : « Haïs le péché, pas le pécheur. » Après le fameux discours de Monsieur Jacques Parizeau, que je tiens pour un de nos plus grands chefs politiques et économiques au Québec, je me suis attelé les larmes aux yeux à une lettre réclamant sa démission en 1995, après ses commentaires sur le référendum, indignes d’un homme d’état responsable. Son analyse, si elle avait été livrée un mois plus tard avec des chiffres et des raisonnements, aurait pu être validée. Dans l’émotion du moment de la défaite par quelques dizaines de milliers de voix, loin d’être analyse, elle était diatribe amère, dangereuse et susceptible d’alimenter une dérive extrémiste possible, de surcroît en blâmant un groupe fragile, tels nos immigrants.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Les Artistes pour la Paix, comme groupe, ne privilégient aucune option constitutionnelle, ni indépendantiste ni fédéraliste, mais il est sûr qu’en dénonçant l’achat d’armes offensives par la Défense nationale et en appuyant la Loi fédérale sur le Contrôle des Armes à feu, on cherche à éviter aux deux camps l’option désastreuse qui serait de se taper mutuellement sur la tête en cas d’affrontement. Car j’ai été témoin de près de la folie d’un gouvernement serbe doté d’un instrument, l’armée fédérale, où il y avait beaucoup moins d’officiers croates que serbes, à cause de l’expérience historique néfaste des Oustachis pro-nazis de la Seconde guerre mondiale : le maréchal Tito s’appuyait donc davantage sur les Serbes. C’est pourquoi le déséquilibre de notre armée où les officiers qui parlent français ne sont pas accommodés nous inquiète grandement. Mais je reste optimiste, car j’ai aussi été témoin de la séparation de velours entre la République tchèque et la Slovaquie : j’enseignais en 1992, 94 et 95 en République tchèque, en 1993 en Slovaquie et je crois que l’avenir au Canada peut être pacifique, peu importe quelle option triomphera ultimement, surtout si des humanistes tel Vaclav Havel sont au pouvoir. J’ai longuement échangé personnellement avec Pierre Elliott Trudeau sur la paix mondiale et travaillé pour la démocratie et la justice sociale sous René Lévesque. Quant à mon engagement pacifiste, il est global et ma lutte contre les armes nucléaires, planétaire, aux côtés du groupe Pugwash. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Enfin, vivre en paix implique un travail considérable pour la justice et l’équité sociales. En premier lieu, le Parlement québécois ne devrait-il pas intégrer, pour leur assurer une représentation démocratique, des représentants des nations autochtones : Innus, Cris, Inuits, Atikameks, Micmacs, Hurons, Abénakis, Mohawks et Algonquins, au moins à titre d’observateurs avec droits de parole occasionnels? Nous félicitons le gouvernement d’envisager un représentant du Nunavik à l’Assemblée nationale. Mais tous les ministères devraient d’ores et déjà s’activer à des projets de développements de toutes les communautés citées, avec constructions de logements salubres, acheminement d’électricité, radios culturelles etc.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;D’autre part, ne devrait-on pas couper les subventions aux écoles privées (qu’elles soient francophones, religieuses, allophones ou anglophones), pour accommoder raisonnablement d’abord les écoles publiques, entre autres celles dans les réserves autochtones ? Les plus pauvres méritent les avantages que leur procurera l’éducation : pourquoi ne pas cesser momentanément de subventionner la riche McGill où j’ai fait des études couronnées par la médaille d’or du ministre de l’Éducation, tant que l’Université du Québec à Montréal où j’enseigne à titre de professeur titulaire n’aura pas trouvé un minimum lui permettant de survivre? On y parle de scandale immobilier: à ce que je sache, les constructions à l’UQAM ont procuré des locaux, des salles de cours, des bureaux de professeurs pour des chercheurs et des étudiants qui en étaient moins bien pourvus que l’Université de Montréal ou Concordia, et non un palais de marbre pour le recteur! Serait-ce un scandale de gratifier les quartiers francophones de Montréal de subventions pour des architectures nouvelles et des parcs verts aménagés, afin que l’est de la ville effectue un rattrapage urbain sur l’ouest plus riche, sans ménager l’aide au Quartier des Spectacles, projet de rayonnement international de notre culture? &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pourquoi ne pas privilégier le CHUM sur l’hôpital anglophone projeté, dont on pourrait ajuster la construction et la vocation, après avoir dépensé les 2 milliards de $ prévus pour le CHUM? Charité bien ordonnée commence par soi-même et Sainte-Justine doit avoir priorité sur le Montreal’s Children. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Par contre, on accroîtrait les subventions au théâtre anglophone qui semble défavorisé par rapport au francophone. J’étais dix ans secrétaire sur le conseil d’administration du Centre Pierre-Péladeau, aux côtés de la présidente Florence Junca-Adenot, qui a été nommée début novembre personnalité Arts-affaires 2007 pour son travail à l’Agora de la Danse. La spécificité du Centre, bâti grâce à un million de $ de mon ami Pierre Péladeau, fut de favoriser la musique et la danse contemporaines, de même que les musiques du monde : nous avions une programmation de trois cents événements annuels célébrant aussi bien les moines Tibétains, dissidents qui refusent l’enrégimentation chinoise, que les derviches tourneurs, qui proclament le riche mysticisme musulman, des musiques kletzmers, gospel et blues, des tambours africains, japonais, afghans, indonésiens, brésiliens, les gum boots des ouvriers miniers anti-apartheid de l’Afrique du Sud, les ouds de Palestine et du Liban, les guitares des groupes résistants chiliens, les violons tziganes de Roumanie et de Sainte Marie de la mer, les flûtes de Pan de l’altiplano bolivien etc. Les petits bureaucrates du ministère de la Culture ont refusé 300 000 dollars de subventions annuelles pour que le Centre puisse continuer sa vocation endossée par plus d’une centaine de milliers de spectateurs enthousiastes chaque année, alors que Harbour Front à Toronto, poursuivant les mêmes idéaux, s’est vu accorder 5 millions annuels par le Conseil des Arts ontarien. Le ministère, tant sous les gouvernements péquiste et libéral, a accommodé en priorité l’ouest de la ville, la Place des Arts, l’OSM, les Jeunesses Musicales, le Ladies’ Morning, Pro Musica et les Conservatoires, qui rassurent les élites par leur attachement exclusif à la GRANDE musique classique des siècles éloignés, jouée avec le moins d’accents ni de dissonances possibles. Heureusement, les êtres humains déjouent ces pièges politiques : Kent Nagano, engagé à l’OSM, fait désormais ressortir la sauvagerie des percussions et contrebasses dans ses interprétations souvent contemporaines, de même que les Jeunesses Musicales s’ouvrent à la musique populaire et que Véronique Lacroix entraîne les jeunes musiciens des Conservatoires dans des programmes gratifiants pour l’avenir de la musique contemporaine. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Les deux cent millions réclamés par la salle OSM et par l’agrandissement du stade McGill alors que les Alouettes ont le Stade olympique à leur disposition, ne peut-on aller les chercher directement dans la taxation des actions possédées par les élites grisonnantes dans les industries militaires? Le gouvernement ne serait-il pas plus avisé au lieu de songer à construire un nouveau casino, de les subventionner, mais d’abord prioritairement la maison du développement durable, le Chic Resto Pop, les maisons de tango, de flamenco et de salsa, les académies de danses bulgares ou polonaises et les terrains de soccer intérieurs demandés depuis longtemps ? Car on trouve là des lieux de tissage de solides amitiés interculturelles, gages de paix pour l’avenir de nos villes. Rappelons que comparés aux 31 milliards de M. Harper, le quart de milliard que nous avait coûté l’EXPO 67 a été notre investissement le plus rentable : quelle ouverture sur le monde ce fut, que cette naissance d’un Québec d’altermondialisation fraternelle !&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;En conclusion, je citerai Mohamed Lotfi : « Nous n'avons qu'à être le modèle de ce que nous demandons aux nouveaux immigrants.  Qu'il s'agisse de laïcité, d'égalité homme femme ou de français, le Québec a besoin davantage de se tenir debout devant lui-même. » Irshad Manji, une musulmane canadienne menacée par de fanatiques coreligionnaires et protégée par la police, renchérit énergiquement : «les gens sont si tolérants au Canada qu’ils en viennent à tolérer l’intolérance». Devant son courage, ayons aussi celui de notre propre autocritique, ayons celui de dire non à l’inacceptable, par exemple à notre Guantanamo du Nord à Kingston, où des immigrants musulmans jugés dangereux sans procès sont détenus, loin de leur famille. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Mon ami Pierre Péladeau mort il y a bientôt dix ans m’a laissé en héritage un message d’affirmation. Ce Québécois qui se tenait debout était craint pour son discours nationaliste par certains peureux élitistes qui trahissent le peuple québécois pour leur propre intérêt commercial et individuel de privilégiés, au lieu de développer des solidarités exemplaires auprès de la population en général, pour le bien commun de tous. Ils cherchent, selon le mot célèbre de Louise Arbour, haut-commissaire des Nations Unies aux droits de la personne, à « faire, au nom de la paix, l’économie de la justice». Plutôt que de rester bornés dans une vision mesquine de notre identité perçue comme menacée qui pourrait hélas dégénérer en racisme, réclamons donc un rétablissement de l’équilibre social. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Un autre membre du conseil d’administration des Artistes pour la Paix aurait, en tant qu’écrivain ou homme de théâtre, consacré plus d’espace à la défense du français que moi, simple pianiste dont la musique représente le langage principal. Mais il aurait été d’accord avec ceci : plutôt que blâmer les immigrants, de leur chercher des poux en soulevant la pertinence des accommodements raisonnables, eh bien harcelons nos élites intellectuelles, économiques, éditorialistes, universitaires, financières, sportives, artistiques et politiques, tant celles colonisantes que celles colonisées, pour qu’elles changent et se mettent à travailler avec nous tous, ensemble, à instaurer la justice sociale. Et refusons d’abord de nous laisser manger la laine sur le dos, nous aurons ensuite la générosité de favoriser tous les accommodements possibles, sans toutefois jamais enfreindre nos principes d’égalité de la femme, nos principes de liberté et nos pratiques traditionnelles et universellement reconnues de fraternité.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pierre Jasmin&lt;br/&gt;Président des Artistes pour la Paix&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Dernière version d’un texte semblable entériné le 12 novembre 2007&lt;br/&gt;par douze membres du conseil d’administration &lt;br/&gt;des Artistes pour la Paix (2 absents, pour cause de grippe)&lt;br/&gt;</description>
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      <title>Aux armes , Canadiens!</title>
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      <pubDate>Sat, 3 Nov 2007 22:37:03 -0400</pubDate>
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Dr Walter Dorn, chercheur au Royal Military College de Toronto, révèle que si depuis l’époque Pearson, le Canada a souffert 114 pertes de vie à leur service, presque autant que l’Inde (122 morts) devant les nos 4 ex-aequo France et Grande-Bretagne (95), les nos 8 ex-aequo Bangladesh et Nigéria (80) et les Etats-Unis en 12e place (62 morts), au moins la plupart des missions canadiennes de Casques Bleus défendaient avec courage une paix à long terme (sauf en Somalie), selon des termes décidés quasi-unanimement par l’Assemblée générale de l’ONU.&lt;br/&gt;Mais voici que dans une opération mal entérinée par son Conseil de sécurité, 2500 soldats canadiens lourdement armés effectuent maintenant des opérations militaires à Kandahar, sous supervision de commandement américain contre une guérilla protégée par la population afghane :  ce qui entraîne nombre de morts civiles et des coûts considérables, d’abord en pertes de vie canadiennes (70 en trois ans), puis en tensions avec les Musulmans du monde entier et enfin en acquisition ruineuse de matériel de guerre, sans aucun bénéfice pour la condition des femmes, l’histoire de l’ex-députée afghane Malalai Joya le démontre.&lt;br/&gt;De plus, l’explosion de coûts militaires va désormais de pair chez nous comme ailleurs avec un déplorable laisser-aller face aux exportations d’armements. Une enquête effectuée par la Canadian Broadcasting Corporation divulguée le 29 octobre nous apprend que les exportations canadiennes en armements ont septuplé de 2001 (140 millions de $) jusqu’en 2003 et 2004 (autour de 900 millions !). L’exportation de munitions a grimpé de 20 millions de $ en 2001 à des sommets de 120 à 140 millions de 2004 à 2006. Notre pays est donc devenu 4e exportateur mondial de munitions et 6e d’armements en général, devançant même des pays traditionnellement plus avancés, si j’ose dire, tel que la France : celle-ci avait toujours été dans le peloton de tête des plus importants vendeurs d’armes de la planète en compagnie, paradoxalement, des quatre autres membres du Conseil de Sécurité (sic) de l’ONU. Cette année, le Canada est devancé par l’Allemagne (ayons une pensée pour Karlheinz Schreiber, ex-fabricant d’armes bavarois). Le Canada des conservateurs est désormais fier de devancer les Pays-Bas, la Suède et même Israël, sans doute trop occupé par la guerre au Liban pour accoter en 2006 ses quotas d’antan. Et rappelons que les statistiques de la CBC ne sont pas définitives, vu qu’elles proviennent de la Canada Border Services Agency, aux chiffres inférieurs à ceux du Ministère des Affaires étrangères, et que tous deux ne tiennent évidemment pas compte des exportations de contrebande.&lt;br/&gt;On sait que Paul Martin, à son premier discours à son arrivée au pouvoir, décréta la plus grosse augmentation de budget militaire depuis la Seconde Guerre mondiale (Institut Polaris). Il a aussi installé Rick Hillier à la tête des armées.  Et maintenant Stephen Harper, dans l’indifférence de nos éditorialistes, augmente encore la militarisation. Les démocrates qui croient à un développement durable doivent travailler à contrer cette politique faite pour les pétrolières et les industries militaires, les plus importants lobbyistes pro-conservateurs et pro-guerre, avec les groupes religieux extrémistes, les industries du tabac et les pharmaceutiques. &lt;br/&gt;Dans son tout dernier discours en fonction (de 1953 à 1961), le président américain Dwight Eisenhower avait prophétisé le kidnapping de la démocratie par ce qu’il a été le premier à appeler le complexe militaro-industriel. Plus d’1 million de $ de dépenses militaires chaque minute de chaque jour de l’année 2005 par le président George W. Bush ! Le Pentagone consacre des dizaines de milliards de $ à multiplier ses armes nucléaires et à concevoir un bouclier anti-missiles inefficace, alors que la Californie, riche en contrats militaires, n’a même pas les moyens d’installer des boucliers anti-feux de broussaille; autrement dit, la guerre en Irak réclame des centaines d’hélicoptères Chinook d’attaque, mais une dizaine d’hélicoptères simplement équipés pour la lutte aux feux de forêt, non, bien sûr, cela coûterait trop cher… Les dépenses militaires dans le monde, sous l’influence américaine, viennent de rattraper les sommets de la fin de la guerre froide : bien davantage que mille milliards de dollars par année. On consacrait en 2005 184$ pour l’armement de chaque individu de la planète, alors qu’il suffirait de 4$ annuels par individu au Tiers-Monde pour assurer à chacun l’eau potable, la nourriture, l’alphabétisation et les soins contre la malaria et le paludisme. Dwight Eisenhower, ancien général, donc bien informé sur le complexe militaro-industriel, en dénonça avec une juste véhémence le projet de « guerres perpétuelles, profits perpétuels. Chaque fusil fabriqué, chaque navire de guerre lancé, chaque missile déclenché signifie en fin de compte un vol perpétré à l’encontre de ceux qui ont faim sans qu’on les nourrisse, de ceux qui ont froid sans qu’on les vête ». &lt;br/&gt;Tant que les populations civiles ne réussiront pas à convaincre les gouvernements de réduire les budgets militaires et d’infléchir l’accumulation de ventes d’armes, fléau numéro1 de notre planète, les puits creusés ou les travaux d’irrigation effectués par des actions charitables pour les populations démunies seront détruits par de nouvelles guerres encore plus féroces. Elles seront alimentées par les pays riches qui voudront s’accaparer les richesses pétrolières ou minières des pays pauvres, l’histoire sanglante de l’Afrique, de l’Irak et de l’Afghanistan est hélas éloquente à cet égard.&lt;br/&gt;Mais nous gardons espoir qu’un jour seront entendues les deux principales recommandations de la Commission de gouvernance globale, présidée par Gro Brundtland de Norvège et par Nelson Mandela d’Afrique du Sud : l’abrogation des abris fiscaux des multinationales, du secret bancaire et des blanchiments d’argent et le monitoring du trafic international d’armements.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pierre Jasmin&lt;br/&gt;Président&lt;br/&gt;Les Artistes pour la Paix&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Note du webmestre &lt;br/&gt;Cet article a aussi été reproduit dans&lt;a href=&quot;http://Autrejournal.notlong.com/&quot;&gt; l’Autre Journal&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;&lt;a href=&quot;Entr%C3%A9es/2007/11/3_Aux_armes_,_Canadiens%21_files/L%27Aut%27Journal%20-AuxArmes-Jasmin.pdf&quot;&gt;(téléchargez ici)&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;</description>
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      <title>Forum social québécois, UQAM</title>
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      <pubDate>Fri, 24 Aug 2007 11:46:32 -0400</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://web.me.com/rdupuy/APLP/Lettres_du_Pre%CC%81sident/Entr%C3%A9es/2007/8/24_Forum_social_qu%C3%A9b%C3%A9cois,_UQAM_files/titre_fsq.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://web.me.com/rdupuy/APLP/Lettres_du_Pre%CC%81sident/Media/object214_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:176px; height:132px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;En un an et demi de pouvoir, le gouvernement conservateur vient d’accorder 31 milliards de $ en dépenses militaires extravagantes, cette explosion de coûts en flagrante contradiction avec la politique recommandée par le groupe Canada 21. Créé il y a à peine une décennie par le gouvernement Chrétien pour le conseiller sur la politique de Défense du Canada en vue du 21e siècle, Canada 21 comprenait 21 experts dont feu l’Honorable Gérard Pelletier, membre des Artistes pour la Paix. Nous avons donc été heureux d’apprendre, la semaine dernière, le limogeage de Gordon O’Connor, car les Artistes pour la Paix avaient protesté dès sa nomination contre la remise du poste de ministre de la Défense à cet ex-lobbyiste au compte d’une vingtaine de compagnies d’armement. Nous avions depuis maintes fois réclamé sa démission, avec celle du général Rick Kill those scumbags Hillier.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;    Un certain discours d’économistes et politiciens autoproclamés Lucides justifie hausses de frais étudiants, gel des salaires syndiqués et privatisation de la médecine par le prétexte « qu’il faut bien créer la richesse avant de la distribuer ». Eh bien, voici 31 milliards de $ de richesse créée au Canada au cours des derniers dix-huit mois, qui viennent d’être gaspillés à transformer l’armée canadienne réputée pour ses Casques Bleus (de plus de 4000 en 1996, il n’en reste qu’une cinquantaine) en instrument de guerre à Kandahar avec deux mille cinq cents soldats en armes, contre six personnes qui « travaillent » pour l’ACDI.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;    C’est cette disproportion entre efforts de guerre et de paix que révélait Claude Bachand, porte-parole du Bloc Québécois en matière de Défense, dans son discours du 19 avril alors qu’il revenait d’Afghanistan. Il y déplorait, tout en s’apprêtant à voter avec le Bloc en faveur du budget conservateur (!), les 21 milliards de dépenses militaires, auxquels il faut maintenant ajouter plus de 10 milliards de $ dévolues en juillet aux forces navales pour patrouiller les plus longues côtes du monde, indéfendables et inattaquables pour des raisons évidentes de géopolitique. Et le 10 août, le gouvernement ajoutait encore à ces dépenses deux « Harpervilles », c’est-à-dire un port en eaux profondes, un centre d’entraînement de Rangers et un nouvel avant-poste à bâtir dans un no man’s land situé le plus près possible du Pôle Nord : on prédit le chiffre absolument irréaliste de 100 millions de $ pour ces constructions, alors que cela couvrira à peine les coûts de transport de matériel jusqu’en 2015. À ces sommes faramineuses, ajoutons les 3 millions de $ pour construire un Guantanamo du Nord, une prison d’isolement à Kingston pour des immigrés arabes qu’on éloigne pendant des années de leurs familles, bien qu’aucun juge ne les ait reconnus coupables. Ajoutons-y une part importante des 900 millions annoncés il y a trois mois par Stephen Harper en subventions à l’innovation technologique, qui ira aux usines de produits militaires. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Dans son tout dernier discours en fonction, le président américain (1953-1961) Dwight Eisenhower prophétisait le kidnapping de la démocratie par ce qu’il a été le premier à appeler le complexe militaro-industriel (plus d’1 million de $ de dépenses militaires chaque minute de chaque jour de l’année 2005 par le Pentagone de George W. Bush). Eisenhower, ancien général donc plutôt bien informé sur le militaro-industriel, en dénonçait le projet de « guerres perpétuelles, profits perpétuels. Chaque fusil fabriqué, chaque navire de guerre lancé, chaque missile déclenché signifie en fin de compte un vol perpétré à l’encontre de ceux qui ont faim sans qu’on les nourrisse, de ceux qui ont froid sans qu’on les vête ». &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le Canada avait résisté à cette tendance… jusqu’à l’arrivée au pouvoir de Paul Martin qui a décrété la plus grosse augmentation de budget militaire depuis la Seconde Guerre mondiale (Institut Polaris). Et maintenant, Stephen Harper, dans l’indifférence de nos éditorialistes, augmente encore la cadence, sans doute pour satisfaire au Partenariat Prospérité et Sécurité de ses acolytes des Etats-Unis et du Mexique. Tous les démocrates qui croient à un développement durable doivent travailler à contrer cette politique faite pour les pétrolières et les industries militaires. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pierre Jasmin&lt;br/&gt;Président&lt;br/&gt;Les Artistes pour la Paix&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Citation d’Eisenhower : A military-industrial complex [that seeks] perpetual wars, perpetual profits. Every gun that is made, any warship launched, every rocket fired, signifies in the final sense a theft from those who hunger and are not fed, those who are cold and are not clothed.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Rappelons que les trois plus grosses industries d’armement au monde sont américaines : Lockheed Martin, Boeing et Northrop Grumman.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Ce discours a été prononcé par Pierre Jasmin lors des conférences &lt;a href=&quot;http://www.alternatives.ca/&quot;&gt;d’Alternatives&lt;/a&gt; dans le cadre du premier Forum social québécois (voir aussi nos &lt;a href=&quot;../Nouvelles/Entr%C3%A9es/2007/8/27_Journ%C3%A9es_Alternatives_2007.html&quot;&gt;Nouvelles&lt;/a&gt; ) en août 2007. &lt;a href=&quot;../Merci_Forum.html&quot;&gt;Voir ICI le mot reçu des organisateurs suite à cet événement.&lt;br/&gt;&lt;/a&gt;</description>
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      <title>Fraude à la Défense!!!!</title>
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      <pubDate>Wed, 15 Aug 2007 23:03:07 -0400</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://web.me.com/rdupuy/APLP/Lettres_du_Pre%CC%81sident/Entr%C3%A9es/2007/8/15_Fraude_%C3%A0_la_D%C3%A9fense%21%21%21%21_files/zoom.pbs%26Site%3DCP%26Date%3D20070724%26Category%3DCPACTUALITES%26ArtNo%3D707240500%26Ref%3DAR%26show%3DCPACTUALITES%26sectioncat%3DCPACTUALITES%26cr%3DPhoto20Ottawa20Citizen%26relart%3D2Fapps2Fpbcs.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://web.me.com/rdupuy/APLP/Lettres_du_Pre%CC%81sident/Media/object007_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:176px; height:132px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;       Vingt-quatre heures après sa révélation le 24 juillet 2007 en première page de La Presse ainsi qu’à la télévision de Radio-Canada, le plus gros scandale individuel en dollars de l’histoire du gouvernement canadien était déjà oublié par les médias : pffft, volatilisé, 0 article, aucun reportage radiophonique ni télévisuel, plus un mot sa game. Il nous apparaît utile de revenir là-dessus (là-dessous ?) un mois plus tard.&lt;br/&gt;De quoi s’agissait-il, pour ceux et celles partis en vacances ? Un fonctionnaire du ministère de la Défense, Paul Champagne, responsable des achats informatiques, a détourné à son profit personnel une certaine somme d’argent. Combien, me demanderez-vous ? Bon, jouons aux devinettes : si 10,5 millions de $ se volatilisaient dans une multinationale, ils provoqueraient l’ébranlement du pouvoir de tout PDG qui se respecte, n’est-ce pas (à moins qu’ils n’aboutissent dans ses poches en prime au rendement) ! Un tel détournement ne pourrait arriver au ministère de l’Environnement, puisque la somme en question correspondrait déjà à une majeure partie de son budget effectif. Pour des dépassements de coûts comparables en vue de constructions utiles à des chercheurs, professeurs et étudiants, l’Université du Québec à Montréal s’est trouvée crucifiée sur la place publique de longs mois, son équipe de dirigeants passant le plus clair de son temps précieux, car ce sont aussi des chercheurs émérites, à grappiller sur les budgets de frais afférents étudiants et de photocopies, afin de répondre aux exigences monstrueuses du MÉQ pour simplement assurer la survie de l’institution publique et socialement utile. &lt;br/&gt;Or, concernant la fraude mentionnée au ministère de la Défense, il s'agit d'une somme dix fois supérieure (à comparer avec le scandale des commandites où les fraudes prouvées sont à ce jour environ vingt fois inférieures). Mais puisque monsieur Champagne se déclare coupable, contrit et repentant, restant d’ailleurs en liberté jusqu’à son procès l’hiver prochain (on peut imaginer quel chantage mirobolant de révélations il a brandi pour s’en sauver ainsi…),  la fraude prouvée est de 105 000 000.00 $, vous avez bien lu, cent cinq millions de dollars partis en fumée au ministère de la Défense, qui clame en avoir récupéré une grande partie, toutefois. L’affaire traîne depuis 2003 et ne sera résolue qu’au prononcé de la sentence, prévu le 7 janvier 2008… La somme correspond à cent mille dollars de fraude par jour ouvrable ( !) du « travail » de M. Champagne sur une période de plus de quatre ans !&lt;br/&gt;Si évidemment, d’un point de vue pacifiste, on pourrait se consoler à l’idée que voilà autant d’argent non consacré aux armes offensives, les Artistes pour la Paix tiennent à signaler qu’ils clament haut et fort depuis vingt-quatre ans que le ministère de la Défense échappe à toute gestion efficace et engloutit des masses d'argent qui seraient mieux employées par tout autre ministère ou par les  provinces:  l'ampleur de la faute révélée ne représente-t-elle pas une preuve irréfutable du bien-fondé de nos protestations ?! &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pierre Jasmin, président des Artistes pour la Paix&lt;br/&gt;24 août 2007</description>
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      <title>Les Conservateurs nous mènent en bateau</title>
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      <pubDate>Tue, 24 Jul 2007 14:05:08 -0400</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://web.me.com/rdupuy/APLP/Lettres_du_Pre%CC%81sident/Entr%C3%A9es/2007/7/24_Les_Conservateurs_nous_m%C3%A8nent_en_bateau_files/718.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://web.me.com/rdupuy/APLP/Lettres_du_Pre%CC%81sident/Media/object012_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:176px; height:132px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;Cette lettre, signée par le Président des Artistes pour la Paix, a été publiée dans le journal La Presse (de Montréal) le 24 juillet 2007. Elle est publiée ici dans son intégralité.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;À leur deuxième été au pouvoir, les Conservateurs profitent du début juillet, donc de la période des vacances pour les bénévoles pacifistes et étudiants contestataires, ainsi que du long congé estival amorcé par les députés d’opposition de la Chambre des Communes, pour endetter le pays de plus de dix milliards de $, comme ils l’avaient fait l’an dernier et comme les Libéraux de Paul Martin l’été précédent, trois années qui renient toutes les conclusions du groupe d’experts Canada 21, à peine vieilles d’une décennie. Cette fois, les forces navales canadiennes changent leur mandat défensif en vocation d’agression armée : trois frégates seront transformées pour faire la guerre. Contre quel pays côtier ? L’Afghanistan ??&lt;br/&gt;On se souviendra que les frégates qui devaient coûter un peu plus de 3 milliards avaient fini par coûter 12 milliards de $, à cause de l’indécision des amiraux quant aux spécifications d’équipements : Unysis – Paramax – XYZ qui fabriquaient ces derniers avaient beau jeu d’allonger la facture de façon astronomique, d’autant plus que, changeant de nom à au moins trois reprises, fusions d’industries militaires obligeaient, ils évitèrent commodément toute poursuite légale contre leur travail bâclé. Car les frégates connurent les mêmes problèmes d’instabilité que les autres vaisseaux de la Royal Canadian Navy dont il fallait remplir d’eau aux 2/3 les cales pour leur éviter de chavirer, et ce sans même subir l’atterrissage des hypothétiques hélicoptères EH 101 de madame Campbell démontrés trop lourds ! On se souviendra aussi de l’inaugurale sortie en fanfare de la première frégate de longs mois en retard, alors qu’une petite caméra de CTV, branchée à bord, provoqua une panne majeure et générale du fier esquif de Sa Majesté.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Les Conservateurs s’engagent aussi à construire une demi-douzaine de vedettes pour l’Arctique. Tiens ? Stephen Harper nous avait pourtant promis il y a un an et demi des brise-glaces ? Car comme Bush, il ne croyait pas à l’effet de serres, en grande partie provoqué par l’exploitation de ses sables bitumineux. Le voilà qui vire sur un dix cennes, cela n’affectant en rien son insouciance à engager plus de 3 milliards de $ pour construire ces vedettes et de prévoir 4 milliards de plus pour leur entretien (celui de leurs coques, malmenées par les icebergs ??). De toute façon, les vedettes ne sont-elles pas ES-SEN-TIEL-LES, puisqu’on soupçonne Al-Qaeda d’approcher la nuit de nos côtes non défendues pour y débarquer en catimini un commando lourdement armé de bombes qui n’aura plus qu’à marcher 2000 km dans la neige pour atteindre un coin habité et y perpétrer ses infâmes forfaits. Cela coûte bien cher, la guerre, direz-vous quand même en renâclant : c’est que vous n’avez pas compris que la guerre, c’est d’abord une business pour engraisser une poignée de riches qui se fout de voir des millions de pauvres tués…&lt;br/&gt;Même si par ailleurs nous sommes prêts à louer le gouvernement conservateur pour avoir prévu une meilleure disponibilité des juges pour accélérer les ententes avec les autochtones et pour avoir paraphé avec les Cris une entente modèle grâce à M. Raymond Chrétien, nous préférons féliciter les Inuït d’avoir eu, après l’annonce de la construction des vedettes, la lucidité et le courage de froidement commenter que la sécurité de leur peuple aurait été infiniment mieux assurée si les Conservateurs avaient plutôt respecté l’entente de Kelowna de cinq milliards de $ que les Libéraux leur avait promise pour des logements sociaux et des soins de santé…&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pierre Jasmin, &lt;br/&gt;Président des Artistes pour la Paix&lt;br/&gt;23 juillet 2007</description>
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