lundi 28 juillet 2008
lundi 28 juillet 2008
Lorgues 2007 Colloque sur le vin et les jeunes et sur Vin et Santé
Deuxième partie
Dans le cadre très agréable du Château de Berne plusieurs médecins, professeurs, chercheurs , vignerons et journalistes ont participé à deux tables rondes sur ces sujets .
Voici les conclusions de la première table ronde sur Vin et Santé :
VIN et SANTE :
certitudes, espoirs et perspectives
Conclusions des exposés et de la table-ronde du 28 juin 2007
sur "Vin , Santé et Communication responsable"
organisés par le "Guide Vins et Santé", les "4 vérités sur le vin", et le COREVI,
au château de BERNE, à LORGUES, dans le Var,
dans le cadre de la 2ème "Journée Jean FERAUD".
SIGNATAIRES DES CONCLUSIONS CI-DESSUS
(intervenants de la table-ronde et organisateurs)
Professeur Christian CABROL, professeur de chirurgie cardio-vasculaire à Paris
Professeur Joël de LEIRIS, professeur de physiologie - chercheur à Grenoble
Professeur Jean-Louis MEDVEDOWSKY, ancien chef du service de cardiologie du Centre Hospitalier d'Aix-en-Pce, Médiateur médical de ce Centre Hospitalier.
Docteur Bernard GIRAL, médecin et formateur dans les Bouches du Rhône
Monsieur Edmond MERONI, chef de projet "Nutrition Méditerranéenne en Provence"
Monsieur Fabrice DELORME, viticulteur et co-auteur des "4 Vérités sur le Vin"
COREVI (Comité Régional de la Viticulture de PACA)
"GUIDE VINS ET SANTÉ" (Editions Dubos N'co)
"LES 4 VÉRITÉS SUR LE VIN" (Association Loi 1901)
_____________________
Quiconque découvre, ou redécouvre, les effets protecteurs du bon usage du vin sur la santé, est en droit de s’interroger sur les raisons de la pudeur ou du silence qui prévalent sur le sujet.
Lors de la 2ème "Journée Jean Féraud", le 28 juin 2007 au Château de Berne, d’éminentes personnalités, journalistes, scientifiques et médecins se sont réunis. Sous la présidence du célèbre Professeur Cabrol, qui soutient de longue date la consommation modérée et régulière de vin, bonne pour la santé, comme le confirment les découvertes scientifiques qui continuent à révéler les nombreux bienfaits du vin à dose modérée.
Le professeur Cabrol a ouvert les débats avec l'exposé qui se trouve en annexe n°1...
Ont ensuite été abordés au cours de cette table ronde, les difficultés à communiquer sur ce thème, en France, face à des personnes qui ont la charge des orientations de santé et n’ont pas encore réussi à trouver la signification du terme "modération".
En préambule, le Professeur Jean-Louis Medvedowsky a souligné que :
"Une communication responsable sur le thème Vin et Santé implique que ne soit pas laissé aux adversaires déterminés (et déraisonnables ?) du vin, le monopole d’un discours politiquement correct. L’alcoolisme en France est un fléau certain, en ce qui concerne aussi bien sa forme aiguë, que sa forme chronique. Trois remarques à ce propos :
● les facteurs favorisant la dépendance ou l’addiction sont divers :
socio-culturels, psychologiques, événementiels, génétiques …
●la majorité des consommateurs modérés d’alcool, notamment de vin, gardent un comportement parfaitement contrôlé et ne deviendront jamais dépendants (contrairement aux consommateurs d’autres drogues)
●dans les chiffres publiés concernant l’alcoolisme et ses conséquences, la nature de la boisson alcoolisée est rarement prise en compte".
1) ETAT DES LIEUX DES DÉCOUVERTES SCIENTIFIQUES
Toutes les découvertes citées auprès du grand public doivent avoir été publiées dans des revues scientifiques de très haut niveau, reconnues par la communauté scientifique mondiale.
De 1979 à 1994 ont peut citer trois études épidémiologiques publiées dans la revue prestigieuse The Lancet qui se sont intéressées à l’effet spécifique du vin :
L’étude de Saint Leger et al : il se dégage une corrélation indiscutable entre consommation annuelle de vin et taux minimum de décès par infarctus. Ainsi la France et l’Italie, en tête des pays consommateurs de vin, enregistrent des mortalités par infarctus du myocarde trois à cinq fois inférieures à celles de l’Ecosse, de l’Irlande ou des USA.
Une autre enquête conduite aux USA par Werth, et présentée dans The Lancet en 1980, confirme les travaux de St Leger : entre 1969 et 1978, la consommation de vin aux Etats Unis s’est accrue de 52% et corrélativement, la mortalité par infarctus du myocarde a diminué de 22%.
L’étude de S.Renaud et M.de Lorgeril : ce constat épidémiologique s’appuie sur les résultats du programme MONICA, mis en place par l’OMS à l’échelle mondiale.
Par ailleurs, l'équipe scientifique de Criqui a réalisé une étude statistique (de 1965 à 1988) dans vingt et un pays développés. Ainsi la France a la plus haute consommation de vin et d’alcool, et la plus faible mortalité cardio-vasculaire après le Japon.
VALIDATIONS SCIENTIFIQUES
Cardiovasculaire
Les professeurs Cabrol et de Leiris ont largement exposé les effets protecteurs du vin sur le système cardiovasculaire : quels en sont les mécanismes identifiés ?
Le concept du French Paradox, développé par Serge RENAUD, en fût la démonstration inaugurale :
Pour un niveau de facteurs de risque semblable à d’autres pays comme l’Angleterre et les Etats Unis, la France a une mortalité coronarienne et cardio-vasculaire plus basse que la majorité des pays industrialisés.
En 1992, il a formulé l'hypothèse que cette mortalité plus basse pouvait être reliée à la consommation d’alcool la plus forte au monde essentiellement sous forme de vin
De nombreuses études validées ont confirmé avec certitude les effets et les mécanismes d'action : voir partie "A" de l'annexe n° 2...
Etudes validées et pistes de recherche sur cancer, Alzheimer, etc...
Voir partie "B" de l'annexe n° 2...
2)QUELLE IMPULSION DONNER À LA RECHERCHE ?
Préparer un Livre Blanc "Vin santé" avec :
Evaluation des études antérieures et des principales initiatives.
Etablissement de dossiers scientifiques ayant valeur de référence dans la spécialité.
Orientations des conduites à tenir, pour faire valoir les acquis et confirmer les hypothèses.
Définir les domaines de connaissance :
Composants du vin : sa richesse trop méconnue.
Nutrition Humaine (moyens et méthodes d’analyse in vivo, biodisponibilité…).
Physio-Pathologie en relation avec la consommation du vin (effets préventifs et délétères) : identifier les mécanismes d'action.
Epidémiologie : indispensable pour confirmer les effets sur le grand nombre.
Comportements alimentaires et communication : un problème essentiel de nos sociétés.
Constituer un conseil scientifique permanent, sorte de cellule de veille scientifique.
Nécessité de réaliser des études supplémentaires sur l’absorption et le métabolisme des composés phénoliques après consommation de vin.
Cibler les projets qui permettront d’apporter des réponses dans un délai de trois ans, en particulier au niveau du mode d’action des polyphénols et autres micro-constituants du vin.
3) POUR UNE COMMUNICATION RESPONSABLE : BILAN ACTUEL
Sur le plan scientifique : malgré les preuves scientifiques qu’une consommation modérée de vin induisait des effets bénéfiques sur la santé, peu d’objectivité pour les messages de prévention et des amalgames qui associent l’image du vin à celle de tous les autres alcools.
Compte tenu des effets positifs de sa consommation modérée au cours des repas, le vin ne doit pas être associé aux autres alcools.
Sur le plan général :
Disparité des opérations de communication
Absence de cohérence, manque de coordination.
Les points positifs :
Caution des référents scientifiques
Caution de certains médecins : une enquête montre que 72% des médecins considèrent que le vin consommé avec modération (3 verres maximum pour un homme et deux verres pour une femme) est bon pour la santé. Sondage IFOP.
Volonté de s’investir de groupes pluridisciplinaires, en particulier au niveau de la région PACA.
On peut citer les colloques "Vin et Santé, Alimentation Méditerranéenne et Santé", organisés par la chambre d'agriculture des Bouches du Rhône dés 92. En 94, c'est la mise en place d'un conseil scientifique "Vin et Santé, biologie et pathologie tumorale", qui a pu motiver diverses équipes en cancérologie, pour travailler avec des molécules polyphénoliques pures et certifiées. Les résultats ayant été annoncés en 99 par l'AFP, et publiés dans une centaine de quotidiens.
Puis, la mise en place de L'Institut Méditerranéen du Vin, de l'Alimentation et de la Nutrition Préventive (IMVANP) a donné un cadre juridique au conseil scientifique. On peut rappeler que l'IMVANP a pu favoriser 2 thèses avec le CNRS et l'INSERM, en particulier au niveau du pouvoir antioxydant et capteur de radicaux libres des polyphénols du vin.
Enfin, le COREVI a testé différents types d'actions de communication : voir annexe n° 3...
4) QUELLES IMPULSIONS DONNER À UNE COMMUNICATION RESPONSABLE ?
Etude des législations mises en place par les Ministères de la santé en Europe, et sur le plan International.
Mise en place d’une commission de communication, en vue d’une réflexion autour des thématiques de communication.
Passer par une information du milieu médical.
Etablir des relations avec les Pouvoirs Publics, sur le plan Européen, sur le plan international.
Formation des consommateurs à une hygiène de vie et à une alimentation de type méditerranéen.
Il faut privilégier une consommation quotidienne et modérée de vin au cours des repas.
Voir la pyramide Traditionnelle méditerranéenne, de Vin de L’OMS, avec le verre de vin...
Mise en place d’une exposition itinérante. On communique sur les principes de l’Alimentation Méditerranéenne, avec des initiations à la dégustation .
Réaffirmer le rôle du vin dans l’art de vivre.
Redécouvrir le rôle de "lubrifiant social" qu’il a toujours eu.
Le vin pourrait être considéré comme un aliment, car on trouve dans les constituants du raisin : matières minérales, azotées, pectiques, polyphénols, vitamines…
Parmi ces composés qui participent à la complexité du vin, il y a des oxydants (par exemple, l'éthanol), des anti-oxydants (par exemple, la plupart des polyphénols), des réducteurs et des catalyseurs d’oxydo-réduction, des colloïdes, des acides organiques, des cations, des enzymes…
C’est plus d’un millier de composés, sans compter la partie aromatique.
Le vin n’est pas seulement une solution hydro-alcoolique, mais aussi un produit riche en constituants bénéfiques pour la santé.
Essayer de comprendre ce qui s’est passé aux USA où, depuis 1995, les Américains ont augmenté de 60% leur consommation de vin et les infarctus du myocarde et autres accidents vasculaires ont diminué dans des proportions remarquables.
Le déclic a eu lieu lors de l’émission de télévision sur la chaîne CBS 60 minutes en 1991 où l’invité était le professeur Serge Renaud.
D’ici 2010,la France va abandonner sa première place de consommation totale de vin, au profit des U.S.A, alors que le vin a beaucoup de vertus quand il est consommé de façon modérée et régulière.
5) RÉPONDRE AUX ATTAQUES INJUSTIFIÉES : RÉTABLIR LA VÉRITÉ
Pour atteindre cette objectif, il convient d’obtenir :
5.1) Une étude sur les comportements à risques liés à la consommation de vin :
Quels alcools ont été consommés avant un accident de la route avec une alcoolémie supérieure au taux légal ?
Concertation au niveau Européen au niveau des accidents mortels ou l’alcool est impliqué.
Les chiffres de mortalité due à l’alcool mériteraient d’être passés au crible : en France, on parle de 30% en Italie de 1%, pourquoi ?
5.2) Organiser une conférence de consensus avec des experts afin de répondre aux questions suivantes :
●Effets bénéfiques du vin
●Niveau de consommation optimum
●Avantages comparatifs du vin vis à vis d’autres boissons alcoolisées
●Définir une consommation modérée chez l’homme et chez la femme.
●Définir les facteurs de vulnérabilité aux effets délétères du vin :
sur le plan génétique.
pour des situations particulières : femmes enceintes, maladies hépatiques, interactions médicamenteuses…
ne pas oublier les interactions avec divers traitements, comme les somnifères, les anti-dépresseurs, les tranquillisants, ou les anti-dépresseurs.
5.3) De l’ensemble des données cliniques, épidémiologiques et expérimentales,on peut retenir :
●les buveurs excessifs de vin (comme d’autres boissons alcoolisées) voient leur risque de morbidité et de mortalité augmenter progressivement avec leur consommation à l’inverse de ceux dont la consommation est régulière et modérée.
●les facteurs favorisant l’alcoolo-dépendance sont nombreux et doivent être pris en compte, mais, parmi eux, l’un est imprévisible : c’est le facteur génétique.
●en tout état de cause, les buveurs excessifs et les sujets à risque doivent être dépistés et faire l’objet d’une prise en charge vigoureuse (c’est notamment le cas des hypertendus sévères et des patients atteints d’hyper-cholestérolémie).
5.4) Sur la base de ces données, une communication responsable pourrait s’orienter vers les axes suivants :
●l’effet protecteur d’une consommation régulière et modérée de vin vis-à-vis de certaines pathologies, en particulier cardio-vasculaires, est démontré par de nombreuses études expérimentales et épidémiologiques; pour autant, le vin ne saurait être considéré comme un "médicament".
●D’un point de vue médical, il est impossible de formuler des prescriptions générales ; dans ce domaine, comme dans bien d’autres, le médecin est appelé à formuler des recommandations individuelles tenant compte de l’état global du patient considéré, celui-ci n’étant pas seulement un élément d’une statistique.
● lorsque les études cliniques ou épidémiologiques sont réalisées à l’échelle d’une population, d’une région ou d’un pays, la consommation de vin considérée doit être intégrée dans le mode d’alimentation qui doit être globalement pris en compte.
5.5) Enfin d’après Fabrice Delorme :
L'association "les 4 vérités sur le vin" dont je fais partie milite pour l'adoption par tous d'une grille de lecture des études scientifiques auxquelles nous pouvons faire référence. En effet trop d'études n'ont de scientifique que le nom , qu'elles soient en faveur du vin ou pas, et induisent en erreur à la fois les Politiques et le grand public.
Il est nécessaire d'adopter une exigence élevée, car il s'agit de santé humaine et sur ce terrain là, on n'a pas droit à l'erreur.
C'est pourquoi nous proposons que seules soient prises en compte les études ayant satisfait à ces deux critères :
▪ avoir été publiée dans une revue scientifique avec un Impact Factor supérieur à 5,000
▪ que la même revue fasse partie des premiers dix pour cent du classement de sa spécialité .
C'est l'exigence que nous nous appliquons pour toutes nos communications "4 vérités", que ce soit pour nos cahiers ou pour notre blog, et nous militons pour que tout le monde en fasse autant.
En conclusion de la présentation ci-dessus :
Reprise de la synthèse faite par Serge Renaud, au colloque d' Aix en Provence, en mai 2005 :
"Le vin et la Santé :
Il s’agit d’un sujet bien souvent débattu et critiqué par des gens qui ne veulent pas admettre ce qui ne fait plus aucun doute.
Il se trouve que mon équipe et moi, avons été les premiers à prouver avec l’étude de Nancy ce qui est maintenant une évidence confirmée par d’autres études en France et ailleurs comme au Danemark (Gronbaek) et aux USA (Willet).
Cela ne veut pas dire qu’il faille abuser du vin pour bénéficier de ses effets bienfaiteurs.
Il faut l’utiliser à dose à la fois modérée et régulière, 2 à 3 verres par jour pour les hommes, 1 à 2 verres pour les femmes, de préférence au moment des repas.
Les études épidémiologiques actuelles, dont celles de Nancy, confirment que le vin, consommé de cette façon, non seulement est associé avec une baisse très substantielle (30-40%) du risque d’accident coronarien, mais également des accidents vasculaires cérébraux (23%),de la mortalité liée à l’hypertension (25%), au cancer de la prostate 26%), et de la mortalité de toutes causes (20%)."
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Les pages ci-dessus et ci-après constituent les conclusions de la table-ronde sur : "Vin, Santé et Communication responsable". Table-Ronde organisée le 28 juin 07 au Château de BERNE, à LORGUES, dans le Var par :
le Guide Vins et Santé, " les 4 vérités sur le vin", et le COREVI,
dans le cadre de la 2ème "Journée Jean FERAUD".
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Pour tout contact et complément sur cette table-ronde :
"LES 4 VERITES SUR LE VIN"
Association 1901. c/o Comité vitivinicole Rhône-Alpes
18 avenue des Monts d'Or
69890 La TOUR de SALVAGNY
patricia.picard@rhone.chambagri.fr
GUIDE VINS ET SANTE
EDITIONS DUBOS N'CO
34 avenue des colibris
83400 HYERES
Tél : 08 75 322 477
Fax : 04 94 57 69 15
Mail : contact@vin-et-sante.com
COREVI PACA
Parc de la Gandonne
Bât A - Rue de Ventadouïro
13656 SALON DE PROVENCE Cedex
Tél : 04 90 44 63 20
Fax : 04 90 44 63 21
Mail : contact@corevi.com
ANNEXE N°1 :
Le Vin et la Santé,
par le Professeur Christian CABROL
(Conférence introductive du 28 juin 2007)
Le vin est une boisson mais ce n’est pas une boisson ordinaire, c’est un breuvage mystérieux, une liqueur incomparable, fille de la terre, de la vigne mais aussi l’œuvre de l’homme.
La terre, le terroir,imprime au vin ses qualités particulières : ses senteurs, ses arômes nés de nos plaines et de nos coteaux différents
La vigne, le cépage, donne au vin son armature, sa structure particulière, sa charpente sa force, en un mot son caractère.
L’homme y apporte tout son savoir, son intelligence et tout cela rend le vin unique et multiple à la fois.
Le vin est indissociable de notre alimentation. Cette alimentation autrefois si bien équilibrée car traditionnelle mais qui, au fil des années de la fin du siècle dernier, a perdu dans notre société sa valeur culturelle et a induit un déséquilibre des plus graves pour notre santé, entraînant obésité, diabète, maladies cardio-vasculaires.
L’alimentation doit reconquérir son équilibre et le vin y retrouver toute sa place.
C’est d’abord nous l’avons dit une boisson et à ce titre, il nous apporte de l’eau, non pas le litre et demi qu’il nous faudrait quotidiennement, mais il contribue à cet apport essentiel. Nous ne disons plus comme Pasteur que le vin est la plus hygiénique des boissons car il est certain qu’à son époque l’eau n’était pas toujours potable, souvent contaminée et source de maladies diverses. Mais le vin lui est toujours sain.
Ensuite le vin amène du sucre, énergétique et par nature, indispensable. Là encore, il est vrai cet apport est secondaire et ne correspond pas au 50% des calories que les glucides doivent apporter à la ration quotidienne.
Le vin contient aussi de l’alcool. Ah ! Voilà le mal, le danger que pointent certains, et non des moindres parfois même chez nos confrères, les médecins partisans de l’alcool zéro, donc de la suppression totale du vin . Gardons notre bon sens. D’abord la teneur d’alcool dans le vin n’est pas considérable et de plus cette petite quantité a un intérêt essentiel. Elle nous apporte l’euphorie, la détente. C’est un des meilleurs anti stress qui nous évite l’abus de pilules tranquillisantes. Rien de tel que le vin absorbé en quantité modérée, en convivialité, pour apporter à tous bonne humeur, philosophie, tolérance.
Enfin, le vin contient ces substances mystérieuses : les poly phénols. Les savants vous expliqueront en détail quelles sont les qualités extraordinaires de ces poly phénols dont les noms scientifiques commencent à être connus du public. Les poly phénols nous protègent des maladies cardio-vasculaires. Quelles sont ces maladies cardio-vasculaires ? Les plus importantes, les plus graves, apparaissent avec l’âge et sont dues à l’athérome. C’est à dire un encrassement de nos artères, un dépôt dans ces vaisseaux et qui les rétrécit et parfois les obture complètement. Et ceci dans les membres inférieurs, cause d’artérite, dans le cerveau cause d’attaque cérébrale, dans le muscle cardiaque cause d’infarctus. Les rétrécissements prennent souvent la forme à l’intérieur du vaisseau d’une plaque qui grandit, peut se décoller inopinément, basculer et obturer complètement et brutalement la lumière de l’artère. Sur la plaque peuvent aussi se déposer des caillots contribuant au rétrécissement du vaisseau.
Les polyphénols luttent contre ces phénomènes. D’abord en fluidifiant le sang pour éviter cette coagulation sur les plaques. Ils jouent sur les facteurs si complexes de la coagulation sanguine, plus spécialement sur certains éléments qu’on appelle les plaquettes et qui en s’agglutinant, en s’agrégeant, comme l’on dit, peuvent former le départ et le noyau du caillot. Les poly phénols sont ainsi des antiagrégants.
Les polyphénols protègent également la couche interne de nos vaisseaux, l’endothélium. Et de quelle façon ? Il nous faut entrer là dans la question bien connue du cholestérol.
Le cholestérol est indispensable à notre organisme. Il lui est fourni pour un quart par notre alimentation et le reste, les trois quart par le foie .Ainsi fabriqué par le foie, il est véhiculé dans le sang jusqu’aux tissus où il servira à de nombreuses fonctions, en particulier à la formation des membranes de nos cellules. Le cholestérol qui vient du foie vers les tissus est véhiculé avec des graisses et des protéines, les lipoprotéines à basse densité appelées Low Density Lipoprotéins, LDL. En passant dans les vaisseaux, ces lipoprotéines, vont irriter la paroi vasculaire et parfois y pénétrer. Elles y sont oxydées et entraînent un phénomène inflammatoire d’ou l’intérêt d’une action anti oxydante ce que font les polyphénols du vin, véritables antioxydants. Pour détruire ces LDL oxydées, l’organisme envoie aussi des grosses cellules, les macrophages. En même temps qu’ils vont absorber ces lipoprotéines oxydées, les macrophages vont parfois se transformer et rester sur place formant ce qu’on appelle les cellules spumeuses. Ces cellules soulèvent l’endothélium, c’est l’amorce de la plaque.
Pour éviter l’excès de ces dangereuses LDL, l’organisme, dans les tissus, les transforme en lipoprotéines à haute densité, HDL. Ainsi l’excès de cholestérol est ramené par le sang au foie, ou il est transformé en sels biliaires qui servent à la digestion. Ces HDL appelées aussi « bon cholestérol » ont de nombreuses qualités : anti oxydantes, anti inflammatoires; elles luttent contre la formation et l’extension de la dangereuse plaque d’athérome.
Enfin les polyphénols sont dilatateurs de nos artères, ce qui aide là aussi à une meilleure circulation du sang.
Ces actions font que les consommateurs de vin ont moins de maladies cardiovasculaires athéromateuses que les autres. C’est le paradoxe français qui étonne les américains et que nous ont expliqué les chercheurs français.
Que conclure ?
En faisant partie de notre alimentation, le vin la complète et contribue à son équilibre Cet équilibre alimentaire essentiel, que l’on a malheureusement oublié en lui donnant peu d’importance et beaucoup trop à l’aspect sanitaire de notre alimentation. Le public a beaucoup plus peur d’une listériose, d’une salmonellose, de la maladie dite de la vache folle, que d’un déséquilibre alimentaire. Et pourtant les toxi-infections sont beaucoup moins fréquentes et moins graves que l’obésité et le diabète.
Revenons donc alors à une alimentation saine et équilibrée et buvons sans scrupules, régulièrement mais modérément ce breuvage divin, source de bonne humeur et de santé.
Professeur Christian CABROL, le 28 juin 2007 à Lorgues (Var).
ANNEXE N°2 :
A)QUELQUES RÉFÉRENCES SUR LES EFFETS BÉNÉFIQUES
DU VIN ET LEURS MÉCANISMES :
I.1)- Effet anti-athérogène:
Pace-Asciak CR, Rounova O, Hahn SE, Diamandis EP, Goldberg DM
Wines and grape juices as modulators of platelet aggregation in healthy human subjects.
Clinica Chimica Acta 246: 163-182 (1996)
Galassetti P, Pontello A
Dietary effects on oxidation of low-density lipoprotein and atherogenesis
Current Atherosclerosis Report 8: 523-529 (2006)
Opie LH, Lecour S
The red wine hypothesis: from concepts to protective signalling molecules.
European Heart Journal 28: 1683-1693 (2007)
Booyse FM, Pan W, Grenett HE, Parks DA, Darley-Usmar VM, Bradley KM, Tabengwa EM
Mechanism by which alcohol and wine polyphenols effect coronary heart disease risk.
Annals of Epidemiology 17 (Suppl 5): S24-S31 (2007)
I.2) - Effet vaso-dilatateur:
Soleas GJ, Diamandis EP, Goldberg DM
Wine as a biological fluid: history, production, and role in disease prevention.
Journal of Clinical Laboratory Analysis 11: 287-313 (1997)
Puddey IB, Zilkens RR, Croft KD, Beilin LJ
Alcohol and endothelial function: a brief review.
Clinical and Experimental Pharmacology and Physiology 28: 1020-1024 (2001)
Dell'Agli M, Buscialà A, Bosisio E
Vascular effects of wine polyphenols
Cardiovascular Research 63: 593-602 (2004)
Stoclet JC, Chataigneau T, Ndiave M, Oak MH, El Bedoui J, Chataigneau M, Schini-Kerth VB
Vascular protection by dietary polyphenols
European Journal of Pharmacology 500: 299-313 (2004)
I.3)- Effet anti-inflammatoire:
Badia E, Sacanella E, Fernadez-Sola J, Nicolas JM, Antunez E, Rotilio D, de Gaetano G, Urbano-Marquez A, Estruch R
Decreased tumo necrosis factor-induced adhesion of human monocytes to endothelial cells after moderate alcohol consumption.
American Journal of Clinical Nutrition 80: 225-230 (2004)
Szewczuk LM, Penning TM
Mechanism-based inactivation of COX-1 by red wine m-hydroquinones: a structure-activity relationship study.
Journal of Natural Products 67: 1777-1782 (2004)
I.4)- Données cliniques et mécanistiques récentes
M. de Lorgeril, P. Salen, F. Paillard, F. Laporte, F. Boucher, J. de Leiris. (2002) Mediterranean diet and the French paradox: two distinct biogeographic concepts for one consolidated scientific theory on the role of nutrition in coronary heart disease. Cardiovascular Research. 54:503-515.
M. de Lorgeril, P. Salen, J-L Martin, F. Boucher, F. Paillard, J. de Leiris. (2002) Wine drinking and risks of cardiovascular complications after recent acute myocardial infarction. Circulation. 106:1465-1469.
M. de Lorgeril, P. Salen, A. Guiraud, F. Boucher, J. de Leiris. (2003) Resveratrol and non-ethanolic components of wine in experimental cardiology. Nutrition Metabolism & Cardiovascular Diseases. 13(2):100-103
A. Rakotovao, C. Berthonneche, A. Guiraud, M. de Lorgeril, P. Salen, J. de Leiris, F. Boucher. (2004) Ethanol, Wine and Experimental Cardioprotection in ischemia/reperfusion: Role of the prooxidant/antioxidant balance. Antioxidant & Redox Signaling. 6:431-438.
A. Guiraud, M. de Lorgeril, F. Boucher, C. Berthonneche, A. Rakotovao, J. de Leiris. (2004) Cardioprotective effect of chronic low dose ethanol drinking. Insights into the Concept of Ethanol Preconditioning. Journal of Molecular & Cellular Cardiology. 36:561-566.
J. de Leiris, M. de Lorgeril, F. Boucher. (2006) Ethanol and cardiac function. American Journal of Physiology 291:H1027-H1028.
M. de Lorgeril, P. Salen, J-L. Martin, F. Boucher, J. de Leiris (2007) Interactions of wine drinking with omega-3 fatty acids in patients with coronary heart disease : A fish-like effect of moderate wine drinking. American Heart Journal (sous presse).
B) ETUDES VALIDEES ET PISTES DE RECHERCHE :
A) Les études validées, sur les effets bénéfiques du vin sur la santé hors du système cardiovasculaire.
Elles concernent :
Le cancer (deuxième cause de mortalité en France). Parmi les travaux sur le sujet, citons l'étude de Nancy (Serge Renaud et coll.), l'étude du Dr Gronbaeck publiée dans le British Médical Journal en 98 et les études expérimentales dont l'identification du rôle inhibiteur du Resvératrol, polyphénol du vin qui inhibe trois étapes : génèse, promotion et progression des tumeurs
Les maladies dégénératives :
Alzheimer : dans le cadre d’un régime méditerranéen le vin a montré une grande efficacité en prévention de cette maladie ainsi pour l’étude ci après :
l’étude de Nikolaos Scarmeas publiée dan Annals of Neurology en avril 2006
en traitement de la maladie d’Alzheimer
l’étude de Maranbaud publiée dans the Journal of Biological Chemistry en novembre 2005
B) Les pistes de recherche :
Parkinson ,Vieillissement et Longévité : les études sont en cours mais les premiers résultats, de l'Université de Havard en particulier confirment le mécanisme identifié d'action du Resvératrol sur le gène SIRT1 participant au processus de longévité.
Diabète et Obésité par la levée de l'Insulino résistance sous l'effet des antioxydants, avec nécessité de poursuivre les études sur des groupes de population ciblées
Rhumatismes, Ostéoporose où des convergences de premiers résultats partiels et de mécanismes identifiés plaident en faveur d'une action favorable du bon usage du vin sur ces pathologies.
Un mécanisme d’action commun : l'activité antioxydante due aux polyphénols.
ANNEXE N°3 :
Différents types d'actions de communication
testes par le COREVI, à la fin des années 90 :
Actions en direction des médias :
.Conférences de presse ( Aix en Provence, Bordeaux, Paris, etc...).
Traduction des documents à la base de la communication : Etudes danoises et études de Nancy.
Communiqués de presse.
Suivi des retombées dans la presse par l’Argus de la presse.
Actions en direction des professionnels du vin :
Cahier vin et santé n°1 présentant le texte de l’émission 60 minutes de CBS aux USA en 1991.
Numéro spécial “Vin et Santé” de la Journée Vinicole ( 15 000 ex) sur la synthèse des connaissances scientifiques.
Cahier Vin et Santé n°2 résumant le numéro spécial de la Journée Vinicole.
C)Actions en direction du grand public :
8.Maquette de vulgarisation de l’étude danoise et du Paradoxe Français (200 000 exemplaires).
9.Traduction du French Paradox de Lewis Perdue (12 000 exemplaires vendus en librairie).
10. Affiche pour les lieux de vente, présentant l’accroche de la synthèse de 1999 ( 4 000 exemplaires).
11. Mémento format de poche sur la “synthèse de 1999” (100 000 exemplaires).
12. Affichette pour les lieux de vente, présentant 9 citations-clefs de scientifiques (4 000 exemplaires).
13. Conférences-débats dans plusieurs communes de Provence Alpes Côte d’Azur
14. Représentations (25, de l’Aquitaine à la Suisse) de la pièce de théâtre “Le Vin médecin” d’après Molière.
D)Actions en direction des médecins :
15. Questionnaire envoyé à 6 000 médecins pour mesurer leurs connaissances a priori sur “Vin et Santé”.
16. Brochure 16. Brochure synthétique élaborée spécialement pour les médecins, distribuée à 6 000 exemplaires.
E)Actions en direction des restaurateurs :
17. Chevalets de table reprenant les arguments Vin et Santé.
18. Fiche à intégrer dans les cartes de vin, reprenant les mêmes arguments.
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