CENTRE-PARTAGE.COM
temoinsdejesus.com
CENTRE-PARTAGE.COM
temoinsdejesus.com
témoignages écrits
Habiba a dû porter le voile dès l’âge de sept ans. Elevée dans un foyer orthodoxe musulman strict, elle priait cinq fois par jour. Sa mère était son mentor. Un témoignage poignant du livre de Miriam Adeney, Femmes musulmanes, Construire des ponts avec elles, Editions Sénevé, 2005.
Habiba a dû porter le voile dès l’âge de sept ans. Elevée dans un foyer orthodoxe musulman strict, elle priait cinq fois par jour. Sa mère était son mentor.
Pourtant, à cause des courants bouillonnants qui déferlaient sur l’Egypte, Habiba a connu d’autres influences. A dix ans, alors qu’elle allait voir un film avec sa soeur, en chemin, marchant sur le trottoir, elle a entendu une femme l’appeler d’une voiture. Lors-qu’elle s’est approchée, la femme lui a souri et lui a tendu un petit livre. «S’il te plaît, prends ceci, ma fille», lui a-t-elle dit douce-ment.
Surprise et intriguée, elle a pris le livret. La voiture a poursuivi son chemin. De quel livre s’agissait-il? Les fillettes ont lu le titre. L’Evangile de Jean. Oh! C’est un traité religieux. Digne de respect, évidemment. Mais peu intéressant. De plus, il ressemblait à un livre chrétien. Sa famille n’aimerait pas cela. De retour chez elle, Habiba a caché le livre dans un tiroir et a oublié l’incident.
Durant son enfance, Habiba n’a pas arrêté de poser des ques-tions. Une fois à l’université, elle a étudié plus sérieusement la philosophie. Quel était le fondement de l’ordre dans le monde? Comment le monde physique tenait-il ensemble? Quelle était la si-gnification de l’histoire? Comment rendre une société plus juste?
Il en a résulté qu’elle est devenue une communiste sympathi-sante.
D’un islamisme orthodoxe au communisme, et cela uniquement au travers de l’étude de la philosophie, comment est-ce possible?
L’Egypte craquait aux jointures. La population du Caire avait explosé. Les canalisations, les transports, la poste, le téléphone, l’eau et l’électricité étaient inadaptés. Les logements ne suffisaient plus; plusieurs familles s’entassaient dans de tout petits apparte-ments, parfois sans se connaître. Les services de santé ne pouvaient plus répondre aux besoins de la population. Les écoles elles-mê-mes avaient de plus en plus de difficultés à recevoir les enfants en âge d’être scolarisés.
La réputation de l’Egypte a beaucoup souffert, en 1956, de la guerre avec Israël concernant le canal de Suez. La guerre de 1973 n’a rien fait pour arranger les choses. Quelques bons chefs de gou-vernement et des efforts de changement au niveau politique et éco-nomique n’ont rien pu pour empêcher la situation de se dégrader.
Quelle humiliation pour les descendants des pharaons, les gardiens du Nil, les héritiers des grandes civilisations!
De nouvelles orientations s’imposaient. Les marxistes en ont proposé une. Habiba a même suivi un cours sur l’islam et le christianisme donné par un professeur marxiste. Le marxisme af-firmait que les travailleurs devaient jouir du fruit de leur travail, et que les bénéfices ne devaient pas être récoltés par des propriétaires absents. Une société coopérative marxiste récompenserait équita-blement les travailleurs.
Désirant une Egypte forte, poursuivant une justice abstraite étudiée dans les cours de philosophie, Habiba s’est laissé emporter par le vent idéologique communiste. Elle a défilé à visage dévoilé dans les rues avec les marxistes.
La manifestation terminée, elle a remis son voile, est rentrée chez elle et s’est agenouillée pour dire ses prières.
Un jour tout rentrerait dans l’ordre.
C’était la vie de Habiba jusqu’au jour où elle est tombée sur un concert de musique chrétienne donné aux abords du campus uni-versitaire. Il y avait des cithares et des luths, des psaumes anciens et des chants nouveaux, des mélodies mineures lancinantes. Habiba en a été touchée.
Pourtant au début du concert le chef musicien avait adressé une prière «au Père» et cela l’avait troublée.
«Qui est son Père? s’est-elle demandé. Tous les spectateurs semblent plus jeunes que lui.» Cette question la tenaillait. «Avait-il prié Dieu? Mais comment pouvait-il oser appeler Dieu «Père»?»
Elle s’est alors souvenue de ses prières matinales de petite fille avec sa mère, de ses questions: «Pourquoi est-ce que je fais cela? Si je prie, quelqu’un devrait écouter et répondre. Si Dieu existe, il devrait ressembler à mon papa.»
Ces chrétiens considéraient-ils Dieu vraiment comme un père?
Le soir, de retour dans sa chambre, Habiba n’a pas trouvé la paix. «Etait-il possible de connaître Dieu d’une manière plus personnelle? Le Créateur s’intéressait-il vraiment à des individus ordinaires perdus dans le chaos du Caire?» Elle s’est soudain sou-venue de l’Evangile de Jean caché au fond d’un tiroir. Cela faisait des années qu’elle l’y avait placé et oublié. Maintenant elle savait que ce livret faisait partie de la littérature chrétienne, l’Injil, la vie du prophète Jésus.
Déterminée, Habiba a traversé la pièce, ouvert le tiroir d’un coup sec et a fouillé parmi les mémentos et les vêtements devenus trop petits. «Etait-il toujours là? Mmm… non, ce n’est pas cela. Voyons un peu dans ce coin… Oui!» Son coeur s’est mis à battre plus fort en voyant le livret; elle a traversé la pièce, s’est recroque-villée sur le lit et a commencé à lire.
«Au commencement était la Parole… Toutes choses ont été faites par elle… En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes… Elle était dans le monde, et le monde a été fait par elle, et le monde ne l’a point connue. Elle est venue chez les siens, et les siens ne l’ont point reçue. Mais à tous ceux qui l’ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés, et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père. Personne n’a jamais vu Dieu; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l’a fait connaître.»
Ouah! La puissance de la poésie l’a touchée au plus profond d’elle-même: «C’est un blasphème, Fils de Dieu et encore! Les vrais prophètes ne sont pas mis de côté – «Les siens ne l’ont pas reçu»? – Certainement que l’Eternel ne intéresse pas beaucoup à prendre l’apparence d’un homme. Pourtant, voilà un concept to-talement radical… et attirant aussi. Le Créateur visitant sa planète sous une forme humaine pour montrer sa gloire et partager sa puissance…»
Elle a poursuivi sa lecture. Les histoires étaient tellement hu-maines… une fête, un mariage raconté dans le chapitre deux… Elle pouvait s’imaginer les hommes dansant avec lenteur et ma-jesté, le prophète Jésus au milieu d’eux, Marie, une mère qui ap-pelle son fils pour lui dire: «Psst! Nous avons un petit problème. L’approvisionnement et la consommation ont été sous-estimés. Peux-tu faire quelque chose?»
Puis ailleurs, dans la fraîcheur d’un jardin, parmi les par-fums des fleurs du soir, sous les étoiles, le prophète Jésus conseille à Nicodème, chef spirituel: «Tu dois naître de nouveau.» «Quoi?!» Nicodème rétorque, et avec raison: «Comment un homme peut-il naître quand il est vieux? Comment peut-il retourner dans le sein de sa mère et naître?» «Non, lui répond Jésus, il doit naître de l’Esprit.»
Après avoir expliqué à l’aide d’images le Saint-Esprit, Jésus place la «nouvelle naissance» dans son contexte. «Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle […] (Mais pour ceux qui ignorent Dieu) voilà le verdict: La lumière est venue dans le monde, mais le monde a préféré les ténèbres parce que ses oeuvres étaient mauvaises.»
«Hum… a pensé Habiba. C’est vrai que les hommes préfèrent les ténèbres à la lumière. Même parmi les marxistes. Des chefs re-ligieux aussi déforment quelquefois le pouvoir de façon mauvaise. Que signifie «venir à la lumière»?»
Quelque part cette démarche est apparemment en relation avec le Fils de Dieu comme objet de la foi et avec une naissance spirituelle.
Habiba a poursuivi sa lecture. Le chapitre quatre présentait une femme qui avait eu cinq maris et qui vivait à présent avec en-core un autre homme! S’agissait-il d’une nymphomane? Ou l’hor-reur de l’une de ces relations l’avait-elle projetée dans une spirale descendante? Habiba a pensé aux femmes qu’elle connaissait et qui avaient été battues, abandonnées ou même violées. Que pou-vaient-elles faire lorsqu’il n’y avait personne vers qui se tourner?
Le prophète Jésus a traité cette femme avec énormément de respect et a pris au sérieux ses convictions religieuses. Au cours dela conversation, il a proclamé qu’il était le Messie.
Habiba est allée plus loin dans sa lecture. La compassion de Jé-sus la laissait sans voix. Sa façon d’argumenter la fascinait. «J’étais en train de tomber amoureuse de lui», dit-elle aujourd’hui.
Elle est enfin arrivée au chapitre huit.
«Alors les scribes et les pharisiens amenèrent une femme surprise en adultère; et, la plaçant au milieu du peuple, ils dirent à Jésus: Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes: Toi donc, que dis-tu? Ils disaient cela pour l’éprouver, afin de pouvoir l’accuser.»
Habiba a senti son estomac se serrer. Que pouvait dire le prophète Jésus? Bien sûr, la femme avait péché. Mais où était son partenaire? Ces bigots pensaient-ils qu’elle avait commis l’adultère avec elle-même?
Les hommes étaient tellement injustes. Parfois les chefs reli-gieux étaient les pires. La religion légalisait l’injustice et même la brutalité envers les femmes. Elle l’avait vu de ses propres yeux dans sa communauté. Cela l’avait dégoûtée et poussée vers le marxisme ou tout autre chose.
A cause de ces hypocrites, cette magnifique histoire de l’Evan-gile allait être ruinée. Jésus ne pouvait pas ignorer l’adultère. A la fin il aurait à se ranger à leur avis et à accepter qu’elle soit lapidée.
Habiba a refermé l’Evangile de Jean d’un coup sec: «Je ne le supporte pas. S’il accepte qu’elle soit lapidée, je ne veux rien avoir affaire avec lui.» S’il est d’accord pour détruire la femme, alors il ne vaut pas mieux que les religieux musulmans. Approuver sa condui-te confirmerait l’idée courant que le christianisme est immoral.
Elle a de nouveau traversé la pièce et a remis le livre dans le tiroir. «Je ne veux plus le lire.» Elle s’est rendue au salon et a regardé la télévision avec le reste de sa famille.
Cette nuit-là, comme elle n’arrivait pas à s’endormir, elle s’est levée et a repris la lecture du texte biblique.«Quel chapitre étais-je en train de lire? Ah oui! le chapitre huit. Voilà les pharisiens. Et là la femme accusée. Ici ils lancent un défi. Et là il y a le prophète Jésus… se penchant délibérément et écrivant avec son doigt dans le sable… étrange.»«Comme ils continuaient à l’interroger, il se releva et leur dit: Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle. Et, s’étant de nouveau baissé, il écrivait sur la terre. Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience, ils se retirèrent un à un, depuis les plus âgés jusqu’aux derniers; et Jésus resta seul avec la femme qui était là au milieu. Alors s’étant relevé, et ne voyant plus que la femme, Jésus lui dit: Femme, où sont ceux qui t’accusaient? Personne ne t’a-t-il condamnée? Elle répondit: Non, Seigneur. Et Jésus lui dit: Je ne te condamne pas non plus: va, et ne pèche plus.»Habiba s’est assise en silence. «C’est lui, le Seigneur que je veux suivre», s’est-elle dit enfin.Cette nuit-là, elle a ouvert son coeur à la possibilité que Jésus pouvait être Seigneur sur le fondement de ce qu’elle avait lu dans les huit premiers chapitres de l’Evangile de Jean. Elle avait appris que Jésus pouvait être l’objet de sa foi, qu’une personne pouvait naître de nouveau par l’Esprit, que Dieu offrait la vie éternelle et qu’il nous appelait à vivre dans la lumière. En femme éduquée du Caire, Habiba s’est mise à la recherche d’un pasteur. Elle s’est confiée à lui et il l’a conduite sur le chemin d’une relation personnelle
avec le Seigneur Jésus. Pendant un an ils se sont rencontrés une fois par semaine.Alors seulement elle en a parlé à ses parents. Très en colère, ils ont fait venir un cheik pour la «déprogrammer». Son pasteur lui a conseillé d’aller se former théologiquement hors du pays, puis de revenir.
Elle s’est rendue au Liban où elle a vécu avec d’autres croyants d’origine musulmane et a suivi les cours d’une école biblique. Georges Houssney, Libanais d’origine musulmane, et son épouse
Joy se sont occupés d’elle. Plus tard Habiba a rencontré un chrétien d’Europe et l’a épousé. Aujourd’hui ils servent tous deux le Seigneur parmi les musulmans et tous ceux que le Seigneur leur envoie.
L’homme qui reste cependant le plus important dans la vie de Habiba est le merveilleux Fils de l’homme qu’elle a rencontré dans l’Evangile de Jean.
Publié sur www.centre-partage.com avec la permission de
© Témoignages.ch 2005
L’homme pour moi - Habiba (Egypte) 07
8/9/07
Habiba s’est laissé emporter par le vent idéologique communiste. Elle a défilé à visage dévoilé dans les rues avec les marxistes.