‘’Un peu difficile de se présenter! Alors voici un article paru en 2003 dans le journal Sud-Ouest  qui raconte un peu mon parcours’’



Le chasseur de nature

par Pierre Verdet


Il aurait dû faire carrière dans les affaires. C'était normalement inscrit dans ses gènes de Bordelais de bonne famille passé chez les Jésuites de Tivoli, puis dans une école de commerce parisienne. Mais après avoir commencé par travailler pendant huit ans dans la publicité pour Colgate-Palmolive, Patrick Glotin se sentit soudain pousser des ailes de globe-trotteur. « J'en avais un peu marre de la culture pub, alors je suis parti faire le tour du monde », sourit-il.

Un tour du monde  qui l'amène en Amérique du Sud mais aussi en Inde où, pendant trois mois, il travaille dans un dispensaire de Mère Térésa, à Pram Dan, dans la banlieue de Calcutta. C'est peut-être là que le fil d'une vie bourgeoise se brise définitivement, en même temps que naît l'envie d'écrire, de créer.

C'est la cavalière Virginie Couperie, la femme de Julien Clerc, qui lui permet d'obtenir une place d'assistant réalisateur pour le tournage d'un film sur le cheval en Espagne. A 33 ans, Patrick vient de trouver sa voie.

Dans la foulée, il entre à la Cinquième  pour travailler au service jeunesse avec Philippe Chatel. Il anime un pool de scénaristes, puis écrit un roman sans trouver d'éditeur, avant de revenir finalement à Bordeaux rejoindre sa femme. Après une période de galère où, pour assurer le simple ordinaire, il réalise quelques piges pour la pub, ou se contente même de petits boulots du genre vendangeur, il rencontre celui qui va lui donner sa vraie chance.

La chasse autrement. Il s'appelle Michel Eimer, il est le directeur d'AIMV (Atlantel Image Maximum Video), et il lui propose de réaliser trois films sur la chasse dans notre région, pour la chaîne thématique Seasons.

Patrick Glotin, qui chasse depuis l'adolescence, comprend tout de suite quel créneau s'ouvre devant lui, et sait quel message il va faire passer. Il veut montrer la chasse et les chasseurs autrement. « Expliquer d'où viennent les oiseaux qui nous passionnent, où ils vont, comment ils vivent, mais aussi filmer les chasseurs différemment,’’essayer d’écouter leur coeur!’’ explique-t-il. « Je suis exaspéré par cette curée médiatique anti-chasse. On se moque des gens de la campagne parce qu'ils ont l'accent rocailleux et que leur langage est sans manière. Les médias de l’actualité depuis vingt ans les pointent du doigt en disant; ‘’Regardez ces gens armés et en tenue de combat ‘’»

Patrick est intarissable sur le sujet. « S'attaquer à la chasse pour défendre la nature n'est pas le bon combat », lance-t-il.

« La chasse est un frein à l'invasion de certaines mauvaises cultures modernes. Au Pays Basque, si beau et si chasseur, faut-il se plaindre que les enfants aient plus souvent dans la bouche le goût du sanglier, de la palombe ou du cèpe, que celui du  big Mac? »

Enhardi par cette première expérience, Patrick Glotin place la barre beaucoup plus haut. Il propose à la chaîne Seasons une série de dix documentaires de 52 minutes intitulée « Migration » (1). Avec Vincent Pacifico le cameraman et Jean-Michel Vincent l'ingénieur du son, il retrace les voyages des palombes, des bécasses, des canards, des oies, des limicoles, des bécassines, mais aussi des anguilles, du saumon atlantique ou du thon rouge, tout en donnant la parole aussi bien aux chasseurs et aux pêcheurs qu'aux biologistes ou aux ornithologues.

Immergé dans la nature. Une petite merveille où toujours apparaît en filigrane cette fascination des hommes pour les mystères de la migration. Une véritable aventure aussi, avec trois ans de tournage, 50 000 kilomètres parcourus de la Baltique à la côte marocaine, en passant par l'Irlande, les pays Baltes, la Norvège, la Bretagne, le Marais poitevin, le plateau de Millevaches, l'Aquitaine, l'Extrémadure, le Portugal et le delta du Guadalquivir.

Fort de ce succès, Patrick tourne sur sa lancée et dans notre région plusieurs autres films pour France 3 Aquitaine. L'un sur l'île aux Oiseaux, sur le bassin d'Arcachon, un autre intitulé

« Octobre bleu » aux pantières de Lantabat (64), et deux autres encore, consacrés l'un au portrait d'un chasseur de sauvagine en Gironde et l'autre au surf casting en Aquitaine.

Mais, comme les oiseaux dont il raconte si bien la vie, Patrick Glotin a besoin d'espaces et de voyages au long cours. A peine terminé sa série sur l'Aquitaine, il mettra le cap sur la Patagonie pour un autre documentaire commandé par sur la pêche de la truite de mer en Terre de Feu, avant de filer sur l'Altiplano en Bolivie découvrir les enjeux de la culture de la quinoa, la graine de l'Inca. A 43 ans aujourd'hui, Patrick jure que rien n'est comparable aux instants magiques qu'il passe immergé dans la nature, à s'extasier par exemple sur la parade nuptiale de la bécassine double dans une prairie d'Estonie. L'école de commerce est bien loin...


la fine équipe, Vincent Pacifico, Jean-Michel Vincent autour d’un vieux rhum de derrière les fagots.

archéologues argentins au bord du Canal De Beagle en Terre de Feu

fenêtre ouverte sur l’île aux oiseaux, bassin d’Arcachon

Auteur-réalisateur

Felix Arnaudin, photographe du XIX,

forêt des Landes

tournage de Homo orcus pour Planète. 2010

nouvelles diffusions du film Homo orcus le vendredi  9 septembre 2011 sur Planète +  à 21h40 et le lundi 12 à 23h20

(voir page suivante).

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