La cosméto des parisiennes
Savon des rizières pour le visage
Depuis que j’ai découvert - ou plutôt redécouvert - le plaisir de me toiletter le visage au savon (exclusivement maison, cela va de soi), je rêvais d’en créer un spécialement à cet effet.
Je tiens à préciser que je n’utilise pas le savon sur le visage de manière quotidienne mais 2 à 3 fois la semaine. En fait, je ne crois pas que les savons ultra-doux tels que nous les faisons irriteraient ma peau, mais comme Venezia a eu l’occasion de le dire sur son blog, nous pauvres parisiennes subissons les agressions répétées d’une eau du robinet excessivement calcaire.
C’est bien simple, si je fais chauffer de l’eau 3 ou 4 fois dans la journée sans savonner la casserole entre chaque nouvelle chauffe, j’obtiens un superbe dépôt blanchâtre, dont je pourrais aisément faire commerce, si cela intéressait quelqu’un.
Sur les cheveux, c’est pire car finalement c’est un peu comme si on se lavait les cheveux avec une eau toujours sale. Mais je reviendrai sur la question des cheveux dans un autre post.
Ayant toujours été très attirée par les rituels de beauté des asiatiques et en particulier des Japonaises, je décidai de me tourner vers ce continent pour créer un savon très doux destiné exclusivement au visage.
Parmi les ingrédients les plus représentatifs de l’Asie, on trouve bien évidemment le riz. C’est donc à partir des dérivés du riz que j’ai construit ma formule.
Tout d’abord l’eau de riz dont je savais qu’elle apportait une grande douceur à la peau. Mais comme je continue de rêver d’un savon “naturellement” rose, j’ai choisi d’utiliser du riz sauvage rouge qui donne une eau à la couleur très soutenue.
Quelques mots sur le riz.
Le riz est riches en acides gras essentiels mais également en vitamine E, ce qui en fait un puissant anti-oxydant et ce qu’il soit utilisé par voie interne (riz, huile, alcool) ou en soin cosmétique.
Autre qualité de ce merveilleux petit grain, il permet de maintenir l’hydratation cutanée. Mais ça n’est pas tout ! le riz aide également à la régénérescence cellulaire grâce à son amidon, que l’on recueille notamment dans l’eau de rinçage ou de cuisson.
Eau que les femmes utilisent d’ailleurs comme lotion hydratante et à effet liftant.
Deuxième ingrédient à base de riz que j’affectionne particulièrement : l’alcool de riz, connu au Japon sous le nom de saké ( attention je ne l’aime qu’en cosméto, je ne saoûle pas au saké, hein !)
L’alcool de riz, qu’on appelle baijiu en chinois (alcool/vin blanc) et saké en japonais, est une boisson traditionnelle qui remonterait aux mythes originels tant au Japon qu’en Chine.
L’alcool de riz est obtenu par fermentation du riz, à l’instar du procédé utilisé pour la bière. Un bon saké ne doit pas avoir une teneur en alcool trop élevée.
Tout comme le riz dont il est issu, le saké apporte une hydratation durable à la peau.
Je voulais compléter la liste des ingrédients en intégrant à la recette de l’huile de son de riz, qui pour le coup est une petite merveille en savonnerie, car elle donne au savon une mousse extrêmement crémeuse. A titre personnel, j’ai un vrai faible pour les savons qui sous la douche se transforment en crème épaisse et onctueuse.
Comme j’avais le secret espoir d’obtenir un savon rose ( ah ! le rêve du savon rose ! n’est-ce pas Michèle ?), j’ai opté pour un parfum qui allierait les vertus d’un soin visage et un côté fleuri. J’ai donc intégré une synergie d’huiles essentielles composée de géranium (dont je ne suis absolument pas fan, mais qui est très tenace dans les savons), de patchouli et de lavandin. Et pour rester en Asie, j’ai incorporé de la cire de jasmin (un reste de la merveilleuse cire de Missmiss) à la trace.
Sans plus attendre je vous livre la recette
Ingrédients en gr
Pour le liquide de dissolution de la soude :
100 ml d’eau de riz sauvage en glaçons
50 ml de saké frais
75 ml d’HA de géranium
Pour les gras
150 gr de coco (végétaline)
180 gr de palme bio
120 gr HV sésame
120 gr HV olive
30 gr HV son de riz
Soude pour un surgraissage à 3%
A la trace 42 gr de beurre de karité (je vous ai dit que je voulais du très doux !) et 5 gr de cire de jasmin.
HE : 30 gt géranium, 20 gt lavandin, 30 gt patchouli, soit un total de 5%.
Pazapa
J’ai d’abord fait cuire mon riz avec une très grosse quantité d’eau déminéralisée (le riz sauvage boit beaucoup, il faut donc beaucoup d’eau). j’ai obtenu une très belle couleur d’un rouge-rosé assez soutenu. J’ai recueilli l’eau et mis en glaçons. J’avais également mis le saké au frigo. J’avais cru comprendre sur je ne sais plus quel site, que l’introduction d’alcool faisait fortement grimper la température, j’ai donc pris mes précautions et tout mis au frais. Mais en vain, car je n’ai vraiment pas constaté de phénomène de surchauffe.
Pour la réalisation, j’ai pris tout mon temps. Tout avait été préparé à l’avance et j’ai donc tranquillement laissé refroidir la lessive de soude (hydrolat, eau de riz et saké) et les huiles. Trop tranquillement ! j’ai oublié que nous ne sommes plus en plein été au pays de Franchette. Donc, malgré un coup de mixer aux huiles avant mélange, tout a figé très vite et je ne vous dis pas quand il a fallu rajouter le karité et la cire de jasmin.
Bref, j’ai eu immédiatement une pâte ultra épaisse qu’il m’a fallu mouler à la truelle.
Et évidemment comme il s’agissait de réaliser des savonnettes pour le visage, j’avais choisi des petits moules individuels, ce qui ne m’a pas simplifié les choses.
Pour la couleur, on est très vite passé d’un rose à un beige très soutenu qui s’est totalement “délavé” au bout de 24 heures. J’ai donc, comme vous pouvez le voir sur la photo un classique savon couleur crème claire. Pour le rose, Michèle, c’est donc pas encore gagné !
Côté parfum, ça n’est pas la rose mais ça tient vraiment bien ! Je ne sais pas si c’est l’association de l’hydrolat et de l’huile essentielle de géranium, mais au moins ça parfume vraiment !
Pour emporter en voyage, j’ai réalisé une version mini, mais avec un petit côté brut précieux. Parce que nos peaux agressées de parisiennes stressées le méritent bien !
mercredi 20 janvier 2010