Purgatoire

une proposition de Joris Lacoste


 

texte et mise en scène : Joris Lacoste

interprétation : Stéphanie Béghain, Giuseppe Chico, Rodolphe Congé, Frédéric Danos, Gaspard Guilbert, Barbara Matijević et Gwénaël Morin ou Grégoire Monsaingeon (en alternance)

dramaturgie : Jeanne Revel

son : Manuel Coursin et Olivier Renouf

lumière : Caty Olive

espace : Nicolas Couturier

durée : 2h

production : échelle 1:1, Théâtre National de la Colline, Centre Chorégraphique National de Tours, Le Vivat Armentières.

production déléguée : lelabo

avec le soutien de la DMTS et l’aide à l'écriture et du Centre National du Livre

Purgatoire a été créé le 2 mars 2007 au Théâtre National de la Colline.



Présentation

Purgatoire commence par promettre un spectacle impossible. Ce serait un “Vrai Spectacle” : quelque chose de très spectaculaire, de particulièrement impressionnant, de vraiment terrible. Un geste artistique ultime et dévastateur, une œuvre d’art total, une irruption de réel brut sur la scène dont chacun sortirait transformé. On aimerait tant que le théâtre entre directement dans la vie et que la vie passe entièrement dans le théâtre. Mais ce geste absolu qui nous fascine, par lequel la représentation rejoindrait la réalité, bien sûr, on ne peut jamais l’accomplir : car alors ce ne serait plus du théâtre.


Purgatoire commence ainsi par une déception : le “Vrai Spectacle” n’aura pas lieu, il y a un problème et le problème bloque tout. Il ne reste que des décors devenus inutiles, une bande-son qui avance toute seule, une conduite-lumière qui éclaire mécaniquement des espaces vides. De l’intérieur de cette machinerie aussi implacable que vaine, les acteurs s’efforcent malgré tout d’entreprendre une action : car on ne peut pas rester comme ça, il faut bien faire quelque chose. Si on ne peut pas jouer le “Vrai Spectacle”, on peut au moins faire un Spectacle Réel. On parle aux gens qui sont là. On raconte ce qu'on devrait ou pourrait faire, ce qui “normalement” aurait lieu. On mime des actions. On imagine. On se prépare. On déborde un peu. On prend son élan.


Purgatoire commence mal, mais à partir de la déception de départ il s’efforce de construire autre chose, il tente à sa façon d’habiter le fiasco. Ce n’est pas un spectacle cynique : c’est un spectacle qui travaille à la possibilité d’un événement. Il le fait vraiment, vaillamment, désespérément. C’est un dispositif qui saisit ce qui est à sa portée, ici et maintenant, pour le transformer en quelque chose de plus grand, de plus fort ou de plus beau.


Purgatoire va ainsi faire varier les approches, multiplier les stratégies de relation entre la scène et le public pour, peu à peu, retisser quelque chose de commun. Jouer à ne pas jouer, confondre ironie et littéralité, déjouer les attentes, passer d’un registre à l’autre, télescoper les codes de représentation, sont autant de stratégies valables. Il s’agit au final de travailler un écart où vienne se loger la fiction ; et s'approcher ainsi ensemble d'un dehors proche et lointain, une présence inattendue, une relation intensifiée, une action pure, délestée de toute fin : un saut dans le vide, une danse d’espoir.



Extraits








































> Erratum

«Je voulais dire sans doute et j’ai pensé peut-être et j’ai dit jamais. Je voulais dire faire et j’ai pensé dire et j’ai dit parler. Je voulais dire défaire et j’ai pensé dédire et j’ai dit tuer. J’ai dit dévaster. J’ai dit tuer. J’ai dit détruire. Je voulais dire dire et j’ai dit dévaster. J’ai dit détruire. Je n’ai pas parlé. Je n’ai rien dit. J’ai dit ce que j’ai dit. J’ai fait ce que j’ai pu. Je voulais dire douter et j’ai pensé nuire et j’ai dit renoncer. J’ai douté, j’ai redouté, j’ai renoncé. C’est ce que j’ai fait. Je n’ai pas dit autre chose. Je n’ai pas fait autre chose.» (> Lire la suite...)

> Le monologue de Chien

« A ce moment, normalement, je suis debout sur une enceinte. Tout autour de moi il y a d'autres enceintes, des retours, des coffres, des câbles, des boîtes. A l'arrière il y a des échelles, des passerelles, un écran, un trapèze, des éléments de figuration en polystyrène, des murs en contreplaqué, un podium, un piano droit, des radiateurs à huile. Quelque part des gens que je ne vois pas mais je les devine, je les soupçonne, je sais qu’ils sont là. Maintenant la lumière a changé. La lumière est plus crue. » (> Lire la suite...)

> Il faut sauter

«J'étais assis à une table et je parlais à des gens. Je ne savais pas ce que je faisais là. Je devais jouer un rôle mais je ne savais pas lequel. Je ne comprenais pas ce que je disais. Je ne connaissais pas mon texte. Il n'y avait pas de texte. Il n'y avait rien à dire, décrire ou raconter. Il n'y avait rien à exprimer, rien à faire, rien à montrer. Je voulais partir. Je voulais me lever de cette table et partir, laisser là tout en plan et partir loin très loin dans un désert définitif. Je n'avais rien à faire ici. J'étais assis à une table et je parlais à des gens et je n'avais rien à faire à dire et je disais n'importe quoi. Je n'écoutais pas ce que je disais. Je ne disais rien. Je n'étais pas là. Tout était normal.» (> Lire la suite...)



Conduite générale du spectacle















Presse

> “Danser par description”, Mathieu Bouvier, Mrmr n°9

> Les Inrockuptibles

> “Beckett sur console”, Contenus

> “Sous hypnose”, TOC

> “Un syndrome de Stockholm théâtral”, Spirit


> Lire aussi : Lettre à un spectateur sourcilleux (sur Purgatoire)