Frieda Riess

20/30’s

 
 

                                         Frieda Riess, nait le 21 juin 1890 dans la ville de Czarnikau en Prusse orientale.


Sa famille  est propriétaire d'une usine de teinture. C'est en 1898 que les Riess déménagent pour Berlin. Frieda entame à l'âge de 23 ans une formation de deux ans sur la photographie à la " Photographengehilfin ".  A l'issue de cette dernière, elle ouvrira un atelier dans le quartier très branché du Berlin  des années 20: le Kurfürstendamm. Frieda occupera cet atelier de 1917 à 1932. C'est le galeriste et marchand d'art Alfred Flechthein qui découvre le travail de la jeune artiste. Il devient son meilleur promoteur mais aussi un précieux protecteur.


En l'espace de trois ans Frieda est au coude à coude avec les plus prestigieux salons photos de Berlin pour devenir finalement un lieu incontournable. A la fois atelier photos,salon de thé et vernissages. C'est parce que la clientèle de Frieda Riess est prestigieuse ou cosmopolite que son salon de thé l'est aussi. Une foule bigarré se presse dans ce lieu à la mode. Dans un premier temps les meneuses de revues,les danseurs et les danseuses qui se produisent non loin de l'atelier de " la Riess " comme on la surnomme à l'époque. Il y a aussi des comédiens de théâtre,des acteurs,des poètes et tout le milieu interlope de la nuit...

Des personnages haut en couleur mais qui ont disparu des mémoires.

Par la suite c'est toute une foule d'hommes politiques,de diplomates,de grands philosophes et d'aristocrates qui viennent prendre la pose devant son objectif.


Frieda travaille ses photos de manière à obtenir des nuances douces. Ses photos mettent en valeur la dynamique de la diagonale. Ses travaux sont retenues et publiés dans de nombreux journaux de mode de l'entre deux guerres tels que le " Vogue", "Der Berliner illustrirten", la "Dame", "image", "miroir du monde", "Vossischen Zeitung", Camera Deutscher Almanach".


En 1921, les photos de Frieda sont très apprécié lors de l'exposition "Photographie de Berlin" dans la cour du musée d'art décoratifs (actuellement le musée Martin-Gropius-Brau). Elle participe aussi à l'exposition "L'arte nella fotografia" qui se tient en 1923 à Turin. Plus tard à Berlin, Alfred Flechtheim organise pour Frieda une exposition personnelle. Le succès est au rendez-vous. Son travail est à présent reconnu par delà les frontières. Des échanges culturels ont lieu entre Paris et Berlin lors de l'adhésion de l'Allemagne à la confédération des peuples en 1926. Elle en profite pour faire un voyage d'études au cours duquel elle fera les portraits d'André Gide, Paul Valéry, Victor Margueritte, Kees van Dongen, Foujita, Youki, Mistinguett, etc ...


Suivra un autre voyage d'études à Londres puis une excursion à Rome chez le poète italien Luigi Pirandello. lors de ce voyage, Frieda ne chôme pas. Devant son objectif passent l'ambassadeur d'Allemagne au Vatican, des nobles, des hommes politiques. Elle pourra même approcher Benito Mussolini et faire son portrait. on se presse dans son salon à chacun de ses retours de voyage pour admirer ses nouveaux portraits. En janvier 1932, elle fait la connaissance de Klaus Mann et de Pierre Margerie, ambassadeur de France.


Le 30 janvier 1933, les nazis prennent le pouvoir et les jours sombres que l'on préssentait arrive. Walter, le frère de Frieda, s’exile en Palestine. Les Riess sont juifs et le sol se dérobent sous eux. C'est André Gide qui la recueille à son arrivé d'Allemagne et l'installe provisoirement au Continental Hôtel de Paris. Elle trouve un appartement rue Raynouard dans le 16e arrondissement. Comme à Berlin beaucoup de monde viendra rendre visite à Frieda. Il n'est plus question de photographies ou de discussions mondaines. André Gide s'affaire à la naturalisation de Frieda. Lors de l'été 1940, elle part pour un voyage à Monte-Carlo mais elle doit vite revenir à Paris car les Allemands sont déjà dans la capitale. Il lui a été demandé de regagner le lieu de son domicile comme toutes les femmes allemandes vivant en France. Le 20 octobre elle est interné au vélodrome d'hiver dont elle ressort presque aussitôt. Les raisons de sa rapide libération restent en suspend. Frieda déménage à nouveau pour s'installer au Quai d'Orsay.


A présent l'Ambassadeur Pierre de Margerie est le compagnon de Frieda mais aussi sa seule protection. Il tente de camoufler l'existence de la jeune femme aux yeux des autorités. Notamment, en lui renouvelant ses papiers d'identité et en la cachant dans un monastère dominicains. A partir de 1942 , il est très difficile de trouver des informations sur Frieda Riess. Cette année là est un désastre pour Frieda car Pierre de margerie décéde. Elle n'a plus aucune protection. A paris, les juifs sont systématiquement déportés et Frieda doit se cacher. Les seuls bien et la fortune qu'il lui restait sont confisqué par les Nazis. Il est bien loin le temps des salons, des vernissage, des expos... Durant cette période Frieda ne produit aucune photos et son état de santé se dégrade. Elle décéde en 1955  dans l'anonymat.


Les oeuvres de Frieda Riess ont été redécouvert récemment et l'on peut dire qu'il reste environ 200 clichés de l'artiste.


Médias :


http://web.me.com/interzone.web/Site_3/Photos.html

 

“ La Riess ”.

nom  Frieda Riess

lieu  Berlin

profession  PHOTOGRAPHE

sujets  Portaits