Occultation médiatique
Occultation médiatique
Radio-Canada est complice de Paul Kagame, le plus grand assassin sur terre depuis Hitler. Elle l’aide à se maintenir au pouvoir en perpétuant l’histoire convenue du génocide rwandais, qui lui sert d’alibi pour continuer de perpétrer ses crimes au Rwanda et au Congo. C’est la seule conclusion logique à laquelle un observateur averti peut arriver en suivant régulièrement les reportages diffusés par la télévision et la radio publiques canadiennes sur la question rwandaise. Ces reportages constituent une entreprise manifeste de désinformation sur le drame rwandais des années 1990.
Les reportages diffusés les 6 et 7 avril 2009 par Radio-Canada, à l’occasion du 15e anniversaire du génocide rwandais, ont été pour moi la goutte qui a fait déborder le vase. J’ai protesté énergiquement et je me suis plaint à de nombreuses reprises auprès de Radio-Canada, dans le passé. J’ai porté plainte une fois auprès du Conseil de presse du Québec. Je me suis efforcé de communiquer beaucoup d’information pertinente aux journalistes s’intéressant à la question rwandaise. Toutes ces démarches de ma part ont été faites en vain. J’ai donc décidé de monter un dossier des plus accablants contre Radio-Canada. Le présent article et la page sur les autres exemples récents de désinformation en constituent les premiers éléments. Je n’aurai de repos que lorsque cessera cette complicité aux conséquences extrêmement néfastes et lorsque les responsables auront été blâmés pour ce que l’on doit considérer au minimum comme des fautes professionnelles graves. J’invite tous les gens qui comprennent la question à protester eux aussi. Ils peuvent notamment s’adresser à l’ombudsman de Radio-Canada, Mme Julie Miville-Dechêne, même si, du temps où elle était journaliste, elle a elle-même participé à l’entreprise de désinformation radiocanadienne sur le Rwanda. La pression populaire et la vérité mille fois répétée finiront bien par percer la carapace d’objectivité factice de la société d’État.
L’histoire convenue véhiculée par Radio-Canada est assez simple: des extrémistes hutus fomentaient au Rwanda un génocide des Tutsis depuis plusieurs années et sont passés aux actes entre avril et juillet 1994. Paul Kagame, chef du Front patriotique rwandais (FPR), a chassé ces extrémistes du pouvoir et mis fin au génocide. Cette histoire fait de Paul Kagame une sorte de héros ayant arraché son peuple à l’emprise d’une bande de génocidaires. C’est une histoire qui a justifié les nombreuses opérations d’extermination des Hutus télécommandées par Kagame au Rwanda et au Congo, depuis 1994, sous prétexte de poursuivre les prétendus génocidaires. C’est en invoquant cette histoire que le régime de Kagame a pu obtenir des milliards de dollars d’aide internationale qui ont été largement détournés pour alimenter la grosse machine à tuer qu’est l’Armée patriotique rwandaise (APR), branche armée du Front patriotique rwandais (FPR).
Une histoire désormais fortement contestable
L’histoire convenue du drame rwandais est très probablement fausse ou à tout le moins fortement contestable, comme on le sait aujourd’hui et comme on peut facilement le découvrir en consultant le présent site Web ainsi que les ouvrages qui se trouvent dans sa bibliographie. Croire à cette histoire il y a quinze ans était normal, parce qu’on baignait alors dans la désinformation issue de la très efficace machine de guerre de Paul Kagame, solidement appuyée par ses alliés des États-Unis et de la Grande-Bretagne, y compris bon nombre d’ONG. Mais, continuer aujourd’hui de propager l’histoire convenue, alors qu’on dispose d’éléments d’information très probants qui la contredisent, c’est tout simplement oeuvrer à maintenir au pouvoir un assassin psychopathe, envers et contre la vérité et la justice. C’est être complice d’un massacre qui a commencé en 1990, lorsque l’APR a attaqué le Rwanda à partir de l’Ouganda, et qui se poursuit de nos jours.
Le 18 décembre 2008, le Tribunal pénal international pour le Rwanda a rejeté la totalité des 40 éléments de preuve qu’avait présentés le procureur, Hassan Bubacar Jallow, pour tenter de démontrer qu’il y avait eu «entente en vue de commettre un génocide». Ces éléments avaient été rassemblés — et vraisemblablement aussi forgés — en collaboration étroite avec le régime de Kagame et avec des experts autoproclamés comme Allison Desforges. Autrement dit, les juges ont dû conclure qu’il n’y avait en réalité aucune preuve de planification du génocide. L’achat de machettes en grande quantité, les listes de Tutsis à éliminer, les télégrammes incriminants, les caches d’armes, les déclarations du colonel Bagosora: ces fausses preuves et bien d’autres encore ont toutes été rejetées par les juges. Toutes ces «vérités» ont été démolies une à une. Faire de la propagande avec l’aide d’ONG et de journalistes complaisants est une chose, mais arriver à faire la démonstration devant un tribunal que des accusations ne sont pas des paroles en l’air est une autre paire de manches. Les journalistes de Radio-Canada ne semblent pas en avoir encore pris acte.
Ce rejet de la théorie de la planification du génocide par les «extrémistes hutus» n’est certainement pas attribuable à un parti pris du TPIR pour les Hutus ou pour le régime Habyarimana. Au contraire, le TPIR est en fait un tribunal des vaincus, où aucun Tutsi, ni aucun membre du FPR n’a jamais été jugé, malgré leurs nombreux crimes présumés. Tout joue contre les Hutus au TPIR et pourtant, les juges ont dû admettre qu’il n’y avait aucune preuve de planification du génocide. Ils ont jugé Bagosora coupable non pas de crimes qu’il aurait commis ou ordonnés lui-même, mais bien de crimes commis par des hommes qui auraient été prétendument sous ses ordres pendant trois jours. Ils n’ont pas jugé Bagosora coupable des massacres de masse de civils innocents pendant 100 jours. Ils l’ont jugé uniquement responsable des assassinats ciblés commis avant les massacres de masse, du 7 au 9 avril 2009.
Bien entendu, l’avocat de Bagosora va interjeter appel, et il a deux excellentes raisons pour ce faire. Premièrement, il y a eu vice de procédure majeur, c’est-à-dire l’absence à la barre du témoin le plus important, Marcel Gatsinzi, nommé chef d’état-major dès le 7 avril 1994, en remplacement de Déogratias Nsabimana, mort dans l’attentat du 6 avril 1994, avec le président Habyarimana, du Rwanda, le président Ntaryamira, du Burundi, et neuf autres personnes. Devinez ce que fait Gatsinzi aujourd’hui? Il est ministre de la Défense dans le gouvernement de Kagame. Tiens, tiens. Si Gatsinzi avait été contraint de témoigner, il aurait été obligé d’admettre qu’au moment des assassinats ciblés reprochés à Bagosora, ce dernier n’assurait même plus l’intérim, qui a duré quelques heures seulement. Gatsinzi aurait aussi été obligé d’admettre que, le 10 et le 11 avril 1994, il a déclaré que les assassinats ciblés commis le 7 avril n’étaient pas le résultat d’ordres donnés par le commandement, mais bien des actes individuels dont les dirigeants n’étaient pas au courant.
L’avocat de Bagosora a aussi un autre as dans son jeu: les témoignages en cours dans le procès des militaires no 2. Aussi incroyable que cela puisse paraitre à des gens qui sont habitués au respect des règles de droit et qui pensent que la justice internationale fonctionne dans le respect de ces règles, il s’agit de témoignages dont l’existence avait été cachée aux avocats de la défense par le procureur! Or, ces témoignages incriminent non pas les forces armées rwandaises, la gendarmerie ou les interhamwes pour les assassinats exécutés dans le sillage de l’attentat du 6 avril 1994. Ces témoignages incriminent l’APR et Paul Kagame. Les déclarations de Gatsinzi, les 10 et 11 avril, reposaient donc sur une ignorance probable des faits: les assassinats ciblés ont été vraisemblablement planifiés et exécutés sous l’autorité d’un commandement militaire, mais pas le commandement que l’on a cru pendant longtemps. D’ailleurs, quand on fait le tour de la question, on se rend compte qu’il ne peut pas en être autrement, comme l’explique Luc Marchal dans un article du présent site.
À l’absence de preuves de planification par les supposés «extrémistes» du régime Habyarimana et à la responsabilité probable de l’APR dans l’attentat et dans les assassinats ciblés des premiers jours s’ajoutent beaucoup d’autres informations permettant de reléguer définitivement l’histoire convenue du génocide rwandais au rang des thèses hautement improbables. Les témoignages recueillis par Peter Verlinden, au sujet des massacres dans l’Est du Rwanda, en avril 1994, figurent parmi les plus importants de ces éléments. À mes yeux, ces témoignages constituent le coup de grâce pour l’histoire convenue. En effet, des témoins de premier plan, qui ne sont ni tutsis, ni hutus, affirment avoir vu les soldats de l’APR se livrer au massacre de dizaines de milliers de civils innocents (dans cette seule région). Ils affirment aussi que les soldats de l’APR disaient qu’ils allaient gagner la guerre «avec les uniformes et les méthodes des forces armées rwandaises et des miliciens». Bref, les corps qui flottaient dans les rivières, c’était l’oeuvre de l’APR.
Contrairement à ce qu’on a essayé de nous faire croire avec l’histoire convenue, ce ne sont pas les successeurs immédiats d’Habyarimana qui souhaitaient le départ des soldats de l’ONU, mais bien Kagame lui-même, qui les a menacés de leur tirer dessus s’ils ne quittaient pas immédiatement les lieux. Luc Marchal et l’ancien ministre belge des Affaires étrangères Willy Claes en sont témoins. Pire encore, Bill Clinton a prêté son concours à Kagame en chargeant Madeleine Albright de veiller à ce qu’il ne soit pas question d’un génocide au Conseil de sécurité des Nations Unies. Y a-t-il encore une personne saine d’esprit qui peut croire à l’histoire convenue du génocide planifié et exécuté par les «extrémistes» hutus?
Il y a bel et bien eu génocide, mais il n’a pas été planifié et exécuté comme on a essayé de nous le faire croire pendant longtemps. Comme le dit Willy Claes avec insistance, «Paul Kagame est au moins en partie responsable du génocide rwandais».
Les reportages des 6 et 7 avril 2009
Radio-Canada a diffusé trois reportages sur le 15e anniversaire du génocide rwandais, les 6 et 7 avril 2009: une page Web, un reportage radiophonique d’Aline Gobeil (voir le lien au bas de la page Web) ainsi qu’une entrevue avec Dominique Payette à l’émission radiophonique Désautels. Tous ces reportages avaient pour but de répéter l’histoire convenue et d’occulter la vérité.
Dans la page Web, Radio-Canada affirme que, le 6 avril 1994, l’avion de Juvénal Habyarimana a été abattu «par des extrémistes hutus». Puis, Radio-Canada affirme que le FPR a arrêté le génocide et que le gouvernement d’unité nationale installé par Paul Kagame y a mis fin, lui aussi. Radio-Canada cite un seul interlocuteur: Ibuka, une association de survivants du génocide connue pour sa défense indéfectible de l’histoire convenue et du régime de Paul Kagame. Quiconque s’intéresse de près à la question rwandaise voit immédiatement que dire que l’attentat a été perpétré par des «extrémistes» et que le FPR a arrêté le génocide est en contradiction totale avec les informations les plus fiables dont on dispose actuellement.
Même s’il n’a pas été prouvé hors de tout doute que ce ne sont pas ces «extrémistes» qui ont commis l’attentat, toutes les preuves recueillies à ce jour concordent: c’est Kagame et l’APR qui en seraient responsables. La justice française n’est pas la seule à incriminer l’APR; la justice espagnole dit exactement la même chose. De plus, avant qu’entre en scène le juge français Jean-Louis Bruguière, qui, au terme de son enquête, a délivré des mandats d’arrêt contre neuf hauts dirigeants rwandais, une partie des preuves de la culpabilité de Kagame et de l’APR avaient été découvertes par l’enquêteur australien Michael Hourigan. Lorsque, en 1997, la Canadienne Louise Arbour, procureure en chef du Tribunal pénal international pour le Rwanda à l’époque, eut connaissance de cette découverte, elle informa Michael Hourigan qu’il devait «bruler ses notes». L’ordre venait de Washington. Il ne fallait pas que Kagame, le protégé des Américains et des Britanniques, soit inquiété. Aujourd’hui, Radio-Canada reprend l’oeuvre de censure de Louise Arbour où celle-ci l’avait laissée.
En ce qui concerne l’affirmation radiocanadienne voulant que l’APR ait arrêté le génocide, elle est à classer au rang des mensonges révoltants. Selon toute vraisemblance, loin d’avoir arrêté le génocide, l’APR a déclenché la guerre en 1990. Elle a massacré des milliers de civils entre 1990 et 1993. Elle a planifié le génocide. Elle a exécuté l’attentat du 6 avril 1994 et les assassinats ciblés qui ont suivi. Elle a pris part au génocide en infiltrant l’armée et la milice et en exécutant elle-même une bonne partie des massacres mis sur le compte des «extrémistes» hutus, y compris l’élimination d’un grand nombre de Tutsis de l’intérieur sacrifiés pour la cause. Après les «100 jours du génocide» et jusqu’à aujourd’hui, Kagame et l’APR ont poursuivi leur oeuvre d’extermination des Hutus et des témoins gênants, y compris deux Québécois, les pères Claude Simard (1994) et Guy Pinard (1997). Le bilan des opérations guerrières et génocidaires de l’APR depuis 1990 s’élève aujourd’hui à approximativement 7 millions de morts, au Rwanda et au Congo. Et c’est sans compter les viols, les blessures et les mutilations.
Dans le reportage d’Aline Gobeil, le 6 avril 2009, celle-ci indique que les Américains avaient comme stratégie de ne pas parler du génocide, en avril 1994, pour ne pas être obligés d’intervenir au Rwanda, ce qui est tout à fait vrai. Toutefois, elle laisse entendre que c’est le régime hutu au pouvoir à l’époque qui a profité de la situation pour commettre le génocide. «Le hasard avait voulu que le Rwanda soit alors membre du Conseil de sécurité de l’ONU. L’ambassadeur rwandais assistait à toutes les délibérations du Conseil. Alors, il savait que l’ONU n’allait pas intervenir.» Là, Mme Gobeil fait complètement fausse route. C’est exactement le contraire qui s’est passé: Le régime hutu n’a eu de cesse de réclamer une intervention de l’ONU et une collaboration du FPR pour éviter les massacres. Quant à Kagame, dès le 7 avril 1994, il a dit aux casques bleus de décamper.
Mme Gobeil fait entendre dans son reportage des témoignages recueillis à chaud en 1994. Il s’agit de missionnaires québécois qui arrivaient à Mirabel, le 13 avril 1994, et du Dr André Martel, qui, le 25 avril 1994, accordait une entrevue à Radio-Canada après être rentré précipitamment au Québec quelques jours auparavant, en provenance du Rwanda. Les missionnaires disent bien que les gens étaient massacrés avec des grenades et des mitrailleuses. Voilà pour le mythe du génocide commis principalement avec des machettes. Les bombes et les balles sont beaucoup plus efficaces, surtout quand on est armé jusqu’aux dents comme l’APR. De plus, il est à souligner que le régime hutu n’avait aucune raison de s’en prendre aux religieux catholiques. C’est plutôt le FPR qui a constamment stigmatisé l’Église catholique pour avoir «aidé» les génocidaires. Les assassinats des pères Simard et Pinard en font foi.
Le Dr Martel déclarait dans l’entrevue de 1994 que des maisons avaient été incendiées et que des gens d’origine tutsie avaient été massacrés, ce dont je ne doute pas, évidemment. Il ne s’agit pas de savoir si des Tutsis ont été massacrés, mais bien de savoir qui les a massacrés. À l’époque, les gens qui avaient fui l’horreur pouvaient rarement en avoir été directement témoins. Les témoins directs étaient systématiquement éliminés.
Le troisième reportage diffusé par Radio-Canada à l’occasion du 15e anniversaire du génocide rwandais est en fait une entrevue de Michel Désautels avec Dominique Payette le 7 avril 2009 à 17 h 43. Dominique Payette venait d’assister aux cérémonies de commémoration du génocide organisées par le régime de Kagame. À l’époque de l’URSS, ce n’était pas en se rendant là-bas qu’on pouvait apprendre l’existence des goulags. Il fallait attendre que s’échappent des dissidents pour avoir l’heure juste. Aujourd’hui, il n’y a pas moyen de savoir la vérité en se rendant au Rwanda puisque Kagame y règne avec une poigne de fer. Il n’y a aucune liberté de presse, et les journalistes étrangers ne peuvent pas y circuler librement pour y faire enquête. Les cérémonies de commémoration sont chaque année l’occasion d’organiser une mise en scène sur fond de crânes et d’os blanchis que l’on déterre pour en faire un étalage servant bien les desseins du régime. Évidemment, ces mises en scène ne servent qu’à nourrir l’histoire convenue. Les crânes et les os ne parlent pas. S’ils le pouvaient, ils raconteraient sans doute une histoire bien différente.
Toujours est-il que Dominique Payette fait, lors de l’entrevue accordée à Michel Désautels, des affirmations qui démontrent bien le peu d’intérêt qu’elle a pour la vérité. Elle prétend que la France a délivré des mandats d’arrêt contre neuf hauts dirigeants rwandais, dont le président Kagame, ce qui est faux puisque Kagame ne fait pas partie des neuf dirigeants visés par les mandats. Ce n’est pas que le juge Bruguière le croit innocent, loin de là, mais il lui a accordé l’immunité en raison de sa fonction de chef d’État. C’est une règle de droit qui était généralement acceptée dans le monde, jusqu’à l’inculpation récente du président Al-Bachir, du Soudan, par la Cour pénale internationale. Les mandats du juge Bruguière datent du 17 novembre 2006.
Puis, Dominique Payette relaie le message que lui a transmis son amie, la journaliste belge Colette Braeckman, qui entretient elle-même des liens étroits avec le régime de Kagame. Colette Braeckman tutoie affectueusement James Kabarabe, chef d’état-major actuel de l’armée rwandaise et grand commandant des massacres de plusieurs centaines de milliers de Hutus au Zaïre/Congo, notamment pendant la campagne de 1996 et 1997. Alors, selon Mme Payette, largement inspirée par sa dernière conversation avec la «sommité» Braeckman, les mandats d’arrêt concernant l’attentat du 6 avril 1994 ont comme principal effet d’alimenter le «négationnisme» en France, au Québec et en Belgique. De surcroit, dit-elle, ces mandats ne sont qu’un pétard mouillé puisqu’il y a un témoin qui s’est rétracté. Bref, en réalité, l’attentat a été commis par les extrémistes hutus, nous dit Mme Payette.
Évidemment, Radio-Canada se limite à ces explications ridiculement incomplètes de Dominique Payette. On n’invite personne d’autre que les sympathisants avoués des Tutsis et du régime de Kagame à donner son interprétation de la question. On ne dit pas au public que le témoin en question, Abdul Ruzibiza, a écrit tout un livre relatant dans les moindres détails, du reste corroborés par d’autres témoignages, ses aventures dans l’APR, au service du sanguinaire général Kagame. On ne dit pas que sa rétractation concerne uniquement la responsabilité de Rose Kabuye, qui s’est livrée elle-même à la justice française en novembre 2008 pour éviter une condamnation par contumace et pour permettre aux avocats du FPR d’avoir accès au dossier. On ne dit pas que Ruzibiza commençait à manquer d’argent en Norvège, où il s’était réfugié, et qu’il est fort probable qu’il a reçu une coquette somme et de jolies garanties pour cette rétractation. On ne dit pas que le juge Bruguière a une soixantaine d’autres témoins ainsi que des pièces à conviction. On ne dit pas que l’enquête française n’est pas la seule et que la justice espagnole est arrivée à la même conclusion concernant l’attentat du 6 avril 1994. On ne dit pas qu’avant les Français et les Espagnols, dès 1997, un enquêteur australien du TPIR, Michael Hourigan, était arrivé, lui aussi, à la même conclusion avant de se faire dire de bruler ses notes par Louise Arbour.
N’en déplaise à Mme Payette et à ses camarades radiocanadiens, si les «extrémistes» hutus avaient vraiment commis l’attentat du 6 avril 1994 ou même s’il y avait moyen de leur imputer faussement ce crime, il y a longtemps que le TPIR aurait inculpé des Hutus et entrepris un procès. L’occasion serait trop belle, pour ce tribunal des vaincus, d’en mettre encore davantage sur le dos des Hutus et de nourrir l’histoire convenue. Malheureusement pour les menteurs de Kigali, les preuves de leur culpabilité sont trop solides, et il ne leur reste plus que le déni pour duper le monde.
S’il y a sans nul doute des journalistes qui comprennent très mal la question rwandaise à Radio-Canada, il y a d’autres personnes qui sont beaucoup plus au courant et qui dirigent systématiquement ces journalistes vers Ibuka ou d’autres organismes amis du FPR pour se faire donner, sur le génocide rwandais, des réponses grotesques, mais totalement conformes à l’histoire convenue, alibi de Paul Kagame pour se maintenir au pouvoir. Qui sont les manipulateurs? Qui sont les manipulés? Difficile à dire. Mais, une chose est certaine: il y a des gens, directeurs de l’information, responsables de l’affectation ou experts ayant le monopole de la vérité, qui tirent les ficelles et qui peuvent compter sur de solides appuis à Radio-Canada.
Bernard Desgagné
Radio-Canada est complice du criminel Paul Kagame
14/4/2009
Si l’on en croit Radio-Canada, Paul Kagame «a arrêté le génocide». Or, selon Willy Claes, ministre belge des Affaires étrangères et acteur de premier plan en 1994, «Paul Kagame est au moins en partie responsable du génocide rwandais». Alors, qui dit vrai? Willy Claes ou Radio-Canada?
Willy Claes, qui était ministre des Affaires étrangères de la Belgique en 1994, a déclaré au journaliste Peter Verlinden, dans une entrevue diffusée le 2 avril 2009, que Paul Kagame était «au moins en partie responsable du génocide rwandais en 1994». M. Claes a tenu à préciser qu’il pesait ses mots.
Un autre cas de complicité canadienne avec un grand criminel:
Mackenzie King et Hitler
L’État fédéral canadien, qui se considère comme la moralité incarnée, n’en est pas à sa première complicité avec de grands criminels. Le premier ministre William Lyon Mackenzie King, par exemple, était un grand admirateur de Hitler. Il écrivit ceci dans son journal intime: «Hitler pourrait bien un jour être vu comme l’un des sauveurs du monde». Lorsque 907 juifs qui fuyaient les persécutions en Allemagne arrivèrent à bord du paquebot St. Louis pour demander l’asile au Canada, MacKenzie King le leur refusa. L’un de ses fonctionnaires eut cette réplique célèbre: «Aucun, c'est déjà trop.»
Dans le cas de MacKenzie King, il y eut renversement d’alliance au moment où la guerre éclata, ce qui n’excuse toutefois pas sa complicité antérieure avec le grand criminel allemand, ni d’ailleurs la complicité des autres pays alliés, qui fermèrent les yeux sur l’antisémitisme tant que les nazis se contentaient de sévir en Allemagne.
Mais, dans le cas de Radio-Canada, aucun renversement d’alliance ne semble se dessiner actuellement. La ligne de conduite calquée sur celle de Washington est rigoureusement suivie: il faut continuer de propager l’histoire convenue du drame rwandais, seul alibi permettant à Paul Kagame de se maintenir au pouvoir. En s’appuyant sur l’histoire convenue, Kagame a pu causer la mort d’au moins 6 millions de personnes depuis 1994 au Rwanda et au Congo, sans compter les morts de 1990 à 1993 au Rwanda.
Petite leçon de sémantique
à la mode du FPR
Qui étaient les «extrémistes» et les «modérés» hutus? Comme il est déjà impossible, à la vue d’un cadavre, de savoir s’il s’agit d’un Tutsi ou d’un Hutu, on peut s’imaginer qu’il est également impossible de savoir si c’était un «extrémiste» ou un «modéré». Mais, en fait, ces qualificatifs désignent tout simplement les partisans et les opposants du FPR. Quiconque était contre le FPR à l’époque est compté parmi les «extrémistes». Si cette personne est encore vivante aujourd’hui, c’est automatiquement un génocidaire ou un négationniste.
«Louise Arbour est une criminelle, une femme corrompue et une honte pour le Canada. Le plus tôt elle sera traduite devant la justice et jetée en prison, le mieux ce sera.» — Christopher Black, avocat de la défense au TPIR, le 26 mars 2008
L’incohérence suspecte du TPIR
Pourquoi l’assassinat de la première ministre hutue Agathe Uwilingiyimana, une Hutue, le 7 avril 1994, ferait-il partie des actes de génocide, mais pas l’assassinat du président hutu Juvénal Habyarimana, le 6 avril 1994? Pourquoi le TPIR n’a-t-il jamais inculpé personne concernant l’attentat, alors qu’il a inculpé Bagosora concernant l’assassinat de la première ministre? La réponse est simple: chaque fois qu’un crime a été commis par l’APR, il doit soit être faussement imputé à quelqu’un d’autre, soit être ignoré par le TPIR. Telle est la volonté des protecteurs américains et britanniques de Paul Kagame.