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    <description>Regroupe des articles de parents, proches ou patients qui veulent s’exprimer sur  le sujet. Vous pouvez à tout moment, nous envoyer vos articles pour les faire paraître dans le prochain numéro et sur le site. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Un comité de lecture vérifie l’intégrité et le respect de l’individu de l’article. L’esprit doit se faire de manière constructive. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Vous pouvez recevoir le journal par FLUX RSS en vous abonnant ou par courrier après réception de votre inscription à l’association.&lt;br/&gt;(Parution prochainement)</description>
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      <title>Témoignage E, 25 ans</title>
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      <pubDate>Tue, 15 Apr 2008 11:21:44 +0200</pubDate>
      <description>Je crois que mes problèmes avec l’alimentation ont commencé lorsque j’avais 15 ans. J’ai toujours fait beaucoup de sport. Je faisais de la gymnastique, mais la compétition ne me plaisait pas. C’était trop de pression et j’accumulais les entorses. Peu à peu j’ai arrêté cette activité et j’ai pris du poids. Complexée par mes formes, mal à l’aise sans savoir dire pourquoi, je suis progressivement rentrée dans le tourbillon infernal des troubles alimentaires. Je suis devenue dans un premier temps hyperphagique, je cachais la nourriture et je mangeais quand ma mère n’était pas là. Elle a toujours fait très attention à ce qu’elle mange. &lt;br/&gt;J’ai bénéficié d’un premier traitement pour soigner la dépression qui avait fait progressivement son lit. Sans résultat, j’ai décidé de commencer un nouveau régime. J’ai perdu du poids mais pas assez vite. Je n’arrivais pas à faire attention trop longtemps. J’ai donc à nouveau laissé de côté ce régime. Je me demandais pourquoi je n’y arrivais pas mais je ne me sentais surtout incomprise. Mon poids à cette époque était élevé. Alors, j’ai débuté un nouveau régime, cette fois, hypocalorique, de 300 calories par jour. J’ai perdu du poids à ce moment très vite, mais le contrôle de mon alimentation a très vite été détourné. C’est à cet instant que l’idée de me faire vomir m’est apparue et je suis devenue boulimique. Après chaque repas, je me faisais vomir, principalement après le goûter car il m’était interdit et après le repas du soir trop copieux pour moi. Il m’est arrivé de me faire vomir à cette époque, jusqu’à sept fois par jour. Cette période a été très longue. J’ai rencontré tour à tour des spécialistes, endocrinologue, psychiatre, psychologue, en vain, je ne me sentais toujours pas écoutée. J’ai essayé plusieurs thérapies, mais toutes se sont avérées inefficaces. Je suis partie vivre seule et la solitude que je supportais mal n’a fait qu’augmenter ma prise alimentaire. J’ai fait la rencontre d’une diététicienne avec laquelle je me sentais bien. J’ai perdu 12 kilos, mais ce régime était trop strict. La mésothérapie associée à ce moment a fini par ne plus faire effet, ma peau est devenue trop sensible. Pendant plusieurs années, j’ai enchaîné des régimes à répétition dont la plupart se voulaient miraculeux. Les kilos si vite perdus furent repris immédiatement. &lt;br/&gt;Maintenant, je suis fatiguée physiquement et moralement, d’où ma rechute à la fin de l’année 2007. Je suis actuellement suivie à l’hôpital dans le service d’endocrinologie. Je veux perdre du poids et enfin ne plus y penser. Je ne parviens pas à accepter mon poids et je n’ai pas envie de l’accepter. Mes amies et ma mère ont toujours été très présentes mais que pouvaient-elles faire ? Personne ne peut se mettre à ma place, personne ne peut rien. C’est à moi de faire le chemin. J’attends des choses de l’extérieur, mais je dois avancer de  mon côté. Je me dis souvent que j’ai tout essayé alors pourquoi maintenant. Le régime préconisé actuellement par mon endocrinologue me paraît difficile à suivre car il comprend des protéines et des féculents à tous les repas. Je n’ai pas la sensation d’être au régime de cette manière, mais les féculents me sont recommandés pour augmenter mon métabolisme. J’aimerais devenir mince mais une fois ces kilos perdus que dois-je faire ? Vers qui se tourner ? Que faire avec ce nouveau corps ? L’amour ? J’aimerais le rencontrer, mais je ne me sens pas prête. Je note toutefois quelques changements au niveau de mon alimentation. Je déjeune mieux et je mange normalement. Les repas pris à l’extérieur sont tout de même difficiles à gérer. Les antidépresseurs que je prends sont efficaces pour mon poids mais je dors trop. Actuellement, je n’arrive plus à manger certains aliments comme les légumes par exemple. C’est comme une sorte de conditionnement. Lorsque je suis au régime, j’éprouve la sensation d’être exclue du lien social. Toutes mes pensées sont centrées sur la nourriture. Le moindre écart provoque chez moi un sentiment de culpabilité lié à l’interdit. Je ne m’accepte pas, je me vois toujours aussi grosse devant le miroir. J’aimerais être parfaite mais j’ai l’impression de ne pas avoir droit à cette perfection. C’est comme si je n’étais pas « aimable ». Dans l’idéal, j’aimerais avoir une belle situation, avoir de l’argent, être mince et surtout être aimée. En fait, j’aimerais réussir tout ce que j’entreprends même si je sais que cet idéal de la perfection est excessif. J’ai eu du mal jusqu’alors à montrer mon corps à la plage mais aussi aux garçons. Il y a eu une période, je n’osais pas me lever même pour aller aux toilettes dans un lieu public. Lorsque j’étais interrogée au tableau en cours, c’était insupportable. J’essayais de fuir jusqu’au point de me faire un jour exclure de cours. Même si c’est différent aujourd’hui, je conserve d’une certaine manière cette tendance à l’évitement. Je ne voudrais pour rien au monde revenir en arrière et revivre cette période. &lt;br/&gt;Je suis inquiète pour ces jeunes adolescentes qui sont entrain de tomber dans les troubles alimentaires sans qu’on ne puisse les rattraper. La structure familiale, la culture et les médias sont des facteurs qui peuvent déclencher ce type de trouble. En Ecosse par exemple, c’était un peu différent. La prévention faite actuellement pour lutter contre ce fléau peut avoir des effets pervers. J’ai eu souvent la sensation de trouver dans certains reportages des « tuyaux» pour m’aider à perdre du poids de manière complément anarchique. Je me suis même demandé si j’avais réellement des troubles alimentaires et je me suis de plus en plus isolée. J’ai la sensation qu’on insiste plus sur ce phénomène de maîtrise que sur la prise en charge. D’une certaine manière on ne fait que renforcer une identité. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;C.M</description>
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      <title>Témoignage de A. 24 Ans</title>
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      <pubDate>Mon, 17 Mar 2008 20:16:48 +0100</pubDate>
      <description>Pourriez-vous nous raconter comment vous est venue l’idée de mettre en ligne votre histoire ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;J’ai commencé mon premier blog sur l’anorexie pour dénoncer la maladie voyant la tendance pro-anorexique prendre de l’ampleur. En plus après avoir passé quelques années sur des forums de soutien de TCA je n’y trouvais plus ma place : le mot sur ces forums est la guérison, et lorsqu’on n’arrive pas à guérir, on est à la marge.&lt;br/&gt;Un beau jour j’ai décidé de m’essayer à un blog, et à ma plus grande surprise je me suis aperçue que beaucoup de personne venait me lire, et me soutenir. Cependant avoir un blog n’est pas toujours simple parce qu’il y a toujours des petits malins qui viennent déverser des méchancetés. J’ai de nombreuses années qui ont arrêtées leur blog à cause de commentaires très méchants.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Ecrire sur un blog, ça me permet de sortir toutes ces pensées qui me polluent la tête. Ne pas les garder pour soi, et surtout trouver des gens qui comprennent. J’ai beau avoir du soutien dans mon entourage, lorsqu’on n’a pas vécu l’anorexie il y a des choses qu’on ne peut pas comprendre. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Qu’est ce que cela vous a apporté ou vous apporte encore ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;J’ai toujours ce besoin d’écrire, parce que je ne peux pas toujours tout garder pour moi. Mais pour cela j’ai fait un autre blog parce que je ne suis pas forcement objective dans mes propos et j’essaie sur mon blog de garder une ligne éditoriale (si on peut dire) qui ne promeut pas l’anorexie. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Ecrire est un bon moyen de décompresser, de « jeter » ses soucis, c’est un exutoire. Ca me permet aussi de réfléchir sur moi-même, chose que je ne parviens pas à faire lorsque j’ai suivi des thérapies. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Et puis j’aime bien aussi donner mes impressions sur la maladie, sur comment les médias, la littérature la traite. Je dénonce le cliché de l’anorexique maigre. Les gens sont persuadés qu’une fois du poids repris l’anorexie n’existe plus, alors que non. Le mental anorexique persiste, et c’est le pire.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Avez-vous trouvé du soutien ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Via les blogs, j’ai lié de nombreuses amitiés. J’ai d’ailleurs fini par faire un forum afin qu’on puisse toutes se retrouver. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pourriez-vous nous parler de la période qui a précédée votre maladie ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;J’ai eu une enfance des plus heureuses, une enfant désirée et choyée. Mais depuis toujours je suis stressée et angoissée. Bébé je pleurais 15h par jours jusqu’à ce que je marche. Ensuite j’ai subi l’angoisse de séparation…je pleurais chaque matin lorsque ma mère me déposait à la maternelle et cela jusqu’en dernière année. La primaire, ça allait un peu mieux. Puis est arrivée la sixième, une année où les autres m’ont martyrisé de toutes les manières que l’on peut martyriser quelqu’un : insultes, coups, humiliations. Et les adultes du collège n’ont jamais rien fait. Ils regardaient ça de manière passive. Mes trois autres années de collèges j’ai essayé de me fondre un maximum dans la masse des autres pour qu’on m’oublie et pour être accepté. En 1997 ma tante est venue quelques mois à la maison pour faire soigner son cancer de la bouche et de la gorge. Elle est arrivée en pesant 30 kg, devant prendre du poids elle devait. Manger hypercaloriques et donc achetait de bonnes crèmes dessert. Gourmande comme j’étais en quelques moi j’ai pris 6/7 kilos. Lors d’une visite médicale l’infirmière du collège m’a fait comprendre très méchamment que j’étais trop grosse en me sortant « mais tu manges quoi le matin ». Ma mère  a fini par m’emmener en consultation au CHU d’enfants de ma ville afin que je ne lui reproche pas plus tard d’être grosse. Moi à l’époque là j’étais bien dans mes kilos…même si j’ai une fait une drôle de tête en achetant du 40/42. J’ai suivi mon régime à la lettre, j’ai perdu mes kilos. &lt;br/&gt;En avril 1998 mon père est décédé. &lt;br/&gt;En septembre 1998 j’entrais en seconde. Seconde un peu houleuse, une fois de plus j’étais un peu à l’écart de la classe à mon grand désespoir. Voilà lorsqu’on est gentille et timide, les autres nous mettent de côté.  Je mangeais à la cantine et j’ai commencé à modifier mon alimentation supprimant frites, purée car c’était trop salé. Et puis j’ai vu les autres filles au régime. Je ne comprenais pas, elles étaient toutes minces et s’entêtaient à faire un régime. &lt;br/&gt;Avec le décès de mon père beaucoup de choses ont changé à la maison, notamment l’attitude de ma mère. Elle avait des paroles blessantes, et me parlaient souvent de suicide. En première je me confiais à ma meilleure amie qui me disait toujours qu’un jour ou l’autre je craquerais. &lt;br/&gt;Depuis 2000, j’ai décidé de perdre un kilo me disant que je serais plus jolie. Le kilo perdu vite et bien je me suis dit « Pourquoi ne pas continuer ? ». Avec cette petite perte de poids j’ai osé m’habiller  comme les autres filles. Je commençais à être une fille en vue. Ca peut paraître stupide, mais quand on a été rejetée à de nombreux moments, devenir rien qu’un peu populaire c’est quelque chose. &lt;br/&gt;Rentrée entre terminale septembre 2000 : je ne suis pas dans la classe de ma meilleure amie. Je le vis très mal, et puis j’ai cette angoisse vis-à-vis du bac. Sans m’en rendre compte je ne mange quasiment plus et je perds du poids à vue d’œil.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Quelle image aviez-vous de vous à ce moment ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;J’ai toujours eu une image très négative de moi.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Étiez-vous en quête d’une identité ? &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je pense que j’étais en quête de reconnaissance, j’avais besoin d’être aimé par les autres. Et puis lorsqu’on a plein d’angoisses dans sa vie, se focaliser sur la nourriture les fait disparaitre. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Comment l’anorexie est elle « entrée dans votre vie » ? &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Un petit régime qui a mal tourné…&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Vous est-il possible de nous faire part des différentes étapes que vous avez rencontrées ces dernières années ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;J’ai commencé l’anorexie en 2000. Contrairement à beaucoup de monde, mon anorexie a commencé par une aménorrhée avant que je perde du poids. J’ai débuté mon régime au printemps 2000, et puis jusqu’en début 2001 ce fût une perte de poids sans fin et sans m’en rendre compte.  J’ai fini par me retrouver en consultation à l’hôpital pour enfants. On m’a dit que je devais reprendre du poids si je ne voulais pas être gavée. J’ai repris quelques kilos parce qu’il le fallait. J’ai mis du temps avant d’accepter de me considérer comme anorexique. Jusqu’en 2004, j’ai connu une anorexie restrictive. Puis le corps a fini par prendre le dessus sur le cerveau est j’ai commencé les compulsions alimentaires. J’ai appris à vomir, j’ai fait du sport pour compenser. Depuis 2004 je suis plutôt dans de l’anorexie compulsive, ce qui fait qu’à première vue on ne se doute pas que j’ai des soucis avec l’alimentation. En plus de temps en temps j’arrive à sortir au resto et à manger normalement. Enfin après ça sous entend de la restriction.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pourriez-vous nous parler de votre quotidien? Comment vivre avec l’anorexie au quotidien ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;C’est un enfer. C’est pensé 24h/24h à la nourriture. C’est être frustrée parce que la majorité de la nourriture est interdite. C’est faire du sport pour dépenser le maximum de calorie. C’est être fatiguée parce qu’au bout de 8 ans le corps ne supporte pu l’hygiène de vie de la maladie. C’est se regarder dans la glace et se trouver trop grosse. C’est ne plus se peser parce qu’on a peur du chiffre et puis de toute manière le poids idéal il n’existe pas, c’est juste le moins possible. C’est s’en vouloir à mort parce que j’ai eu une compulsion. C’est être gelée en permanence l’hiver…&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Comment expliquez-vous le fait de passer de l’anorexie restrictive à l’anorexie compulsive ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;C’est physiologique, le corps finit par prendre sa revanche sur le cerveau.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pourriez-vous nous faire part de votre analyse par rapport aux troubles alimentaires ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je pense que les TCA sont une forme de dépression et permettent aussi de canaliser des angoisses trop importantes. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pensez vous que les médias aient un impact sur la représentation d’un idéal féminin ? &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Malheureusement oui, plus jeune je ne comprenais pas pourquoi le haut de mes cuisses était courbe puisque sur les magazines c’était plat…Juste une histoire d’anatomie et de photoshop en fait. Les médias font des ravages en faisant croire qu’un physique androgyne apportera le bonheur.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Actuellement comment vous sentez vous ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Ces derniers jours je suis triste. Je ne sais même pas pourquoi. Il y a une semaine j’étais euphorique. Mon moral est toujours en train de jouer les montagnes russes.  Et puis je me sens trop grosse.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Quelles sont vos envies du moment ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Mon envie du moment c’est de maigrir. Toujours cette pensée qui persiste alors que je sais par A + B que maigrir n’apporte strictement rien. &lt;br/&gt;J’aimerais aussi m’enfermer chez moi et ne voir plus personne. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Quels sont vos souhaits pour l’avenir ? Quels sont vos projets ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;J’aimerais ne plus être une boule vivante d’angoisse. J’aimerais arriver à profiter de la vie, j’aimerais parvenir à aimer la vie. J’aimerais trouver ce qui va me permettre de me réaliser. J’aimerais juste être heureuse&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Avez-vous un message à transmettre aux personnes qui liront votre témoignage ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;L’anorexie ce n’est pas une histoire de poids. Le poids, la nourriture ne sont que des symptômes. Ce n’est un caprice d’adolescente. C’est une souffrance sans nom. L’anorexie c’est une maladie qui gâche la vie…&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Céline Macary psychologue&lt;br/&gt;</description>
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      <title>Témoignage de A.L. C.</title>
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      <pubDate>Thu, 28 Feb 2008 18:08:07 +0100</pubDate>
      <description>L'enfer au paradis.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Ma vie était parfaite, une famille dans laquelle il faisait bon de vivre, trois frères et soeurs autour de parents qui s'aiment et se soutiennent, un paradis sur terre sans l'ombre d'un nuage. Puis, la petite fille que j'étais a grandi, apparemment sans problème, heureuse, bonne élève qui n'aime pas faire de vagues et pourtant...&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Un jour, sans raison apparente, un matin de janvier 2001, quelque chose n’allait mais   je n'arrivais pas à déterminer l'origine de ce malaise.&lt;br/&gt;À partir de ce moment-là, j'ai commencé à supprimer certaines catégories d'aliments (le gras et le sucre). Cela s'est fait lentement, sûrement et obstinément.&lt;br/&gt;Au départ, les privations me demandaient un certain effort parce que la faim était là mais j'étais bien décidée à résister envers et contre tout. Le temps passe, les kilos s'en vont facilement et rapidement et j’en étais heureuse, personne ne remarquait rien, cependant je restais insatisfaite, de quoi ? Je ne sais pas et je me pose encore la question aujourd'hui. A l’époque, j'étais pensionnaire et triste de l’être, mais un jour d'avril 2001 les choses ne sont pas passées exactement comme je l'avais prévu. Le psy du collège me convoque pour me dire que j'avais trop perdu de poids, que d'après elle j'étais anorexique. Elle veut m'hospitaliser mais il n'y a plus de place, ouf !! Je suis sauvée De mon côté, je reste bouche bée, je ne sais pas ce que ça veut dire, on ne m’explique pas mais la sentence est tombée. Elle s'oppose à ce que je reste au collège alors que nous sommes à trois mois du brevet, elle ne veut même pas non plus m'en envoyer les cours pour la poste prétextant que je suis trop faible pour travailler.&lt;br/&gt;Je rentre chez moi pour les vacances d'avril et avec le désespoir de ne plus pouvoir aller en cours. Heureusement que ma mère a fait venir des professeurs à la maison pour réviser les matières de l'examen. J’ai repris trois ou quatre kilos pour calmer les esprits. Le jour tant attendu du brevet arriva ma mère m'a accompagna pour les deux ou trois jours d'épreuves puis je quitte définitivement l'internat.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;De retour chez mes parents (septembre 2001), je débute mon lycée près de chez moi tout reprend son cours normal, plus d'anorexie ni de tout ce qui va avec. L’année de seconde se déroule sans problème et un équilibre personnel et alimentaire semble avoir été trouvé, mais...&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Un jour alors que j'étais en 1ére ES (avril 2003), à quelques semaines des épreuves anticipées du bac de français et de biologie, le reflet que me renvoie le miroir me répugne plus que d'accoutume. Dès lors, je rentre le cercle vertueux des privations alimentaires encore plus dur qu'auparavant. Les kilos s'en vont comme rien mais je me trouve toujours aussi grosse. Dans ma tête je me sens double, l’ange et le diable s’affrontent en permanence. Le premier voudrait que je mange correctement, alors que le second m'encourage à continuer à me détruire et finit toujours par imposer sa volonté. Le paradis se transforme en enfer, les privations se font de plus en plus intenses et la moindre incartade me culpabilise et me fait pleurer pendant des heures. Je passe les épreuves de français et de biologie sans encombre.&lt;br/&gt;Le temps passe, je me retrouve en terminale (avril 2004) et son lot de stress avec à la clef, une épreuve mythique : le baccalauréat. Je bosse comme une folle mais les apports énergétiques ne suivent pas. Un jour j'ai même fait un malaise en cours de philo.&lt;br/&gt;Les épreuves du bac sont là, je les passe avec succès mais je dois rentrer à l'hôpital sur les conseils de ma psy. Une unité psy pour les jeunes, elle m’en dit que du bien, ma mère finit par me convaincre d'essayer. Là-bas, il n'y a pas de forcing alimentaire, on me laisse vivre ma vie mais je ne mange pas plus et perds du poids. De plus, j'ai vite compris que ma place n'était pas dans cet en droit où ils rêvent tous de se suicider, bonjour l'ambiance !! Je quitte volontairement l'établissement au bout d'un mois pour que l'endocrinologue qui me suit me prenne dans son service et là attention en ne rigole plus ! ! J'ai droit au contrat de poids, à l'isolement (pas de téléphone ni de visite), et même la sonde gastrique. (été 2004).&lt;br/&gt;Au bout d'un mois, les kilos manquants sont repris et je peux retourner à la fac qui a commencé sans moi depuis trois semaines.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le temps passe (2005-2006), j'arrive à maintenir un poids à peu près stable au prix d'un grand effort  pour ne pas retourner à l'hôpital mais la situation n'a pas changé, je me trouve toujours aussi grosse et me déteste toujours autant. Que faire ? Je ne sais pas.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Depuis peu (été 2007), une nouvelle rechute a pointé le bout de son nez et de nouveau les kilos déjà bien bas d'après le corps médical, sont repartis sans bruit. Je n'ai toujours pas de solution miracle, on ne me propose qu'une hospitalisation mais je ne peux pas et ne veux pas tout arrêter maintenant. Aujourd'hui, je suis en Master 1, si j'arrête, c’est mon projet professionnel qui tombe à l'eau et par là même ma vie tout entière. Il est vrai que la nourriture est devenue mon compagnon d'infortune, mon obsession, ma prison. Une prison de verre aux barreaux invisibles mais bien présents. Un mal-être, une maladie qui passe trop souvent inaperçu, invisible mais qui pourtant existe, peut-être un jour viendra où je trouverais la solution pour sortir de ma prison dorée...&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Toutefois la vie continue et j'ai décidé de ne pas me laisser abattre et de tenter une nouvelle expérience, après tout, je n'ai rien à perdre et j'entretiens le secret espoir que cela puisse porter ses fruits. C'est un combat quotidien avec certes, des moments de tristesse et de déception mais aussi des moments de joie et de bonheur.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;J'espère qu'un jour le soleil chassera enfin les nuages pour que réapparaisse le ciel bleu sans jamais plus s'obscurcir.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je voudrais pour clôturer ces quelques lignes, souligner un détail que l'on a trop souvent tendance à oublier. En ce qui me concerne, heureusement que mes parents (surtout ma mère avec laquelle je suis très proche) ont été et sont toujours là pour me soutenir, m'encourager ou encore me dire stop. Ceci est un bien précieux même s’ils se sentent bien souvent impuissants face à quelque chose qui les dépasse.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Voici mon histoire avec ses doutes et ses espoirs. Le chemin vers la guérison n'est pas terminé mais j'espère un jour trouver la clef de ma prison…</description>
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      <title>Journal</title>
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      <pubDate>Thu, 7 Feb 2008 18:25:48 +0100</pubDate>
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      <title>Témoignage de M. B.</title>
      <link>http://web.me.com/association_act/Association_LACT_/T%C3%A9moignages_et_articles_de_lassociation/Entr%C3%A9es/2008/2/6_T%C3%A9moignage_de_M..html</link>
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      <pubDate>Wed, 6 Feb 2008 11:28:16 +0100</pubDate>
      <description>Année 2004&lt;br/&gt;Je pèse 53kg pour 1m63 je crois.. j’ai toujours été très menue.. ni grosse, ni maigre mais mince.. je mange ce que je veux quand je le veux.. je ne grossis pas mais des bras un peu plus gros ne me déplairaient pas pourtant! Je sais, j’en ai d’la chance ! je déjeune des biscuits au chocolat le matin, je mange des frites, des steaks, du fromage surtout pour le midi ! j’adore ça ! à la récré je prends mes pains au chocolat pour le gouter ! je mange mon p’tit chausson aux pommes après le collège ! et les bons p’tits plats de maman le soir ! rien ne m’empêche de grignoter des p ‘tits trucs avant d’aller me coucher !&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Eté 2004&lt;br/&gt;Ahhh les vacances !&lt;br/&gt;Dans le sud c’est : Soleil, plage, piscine, sorties, promenade, bronzette..&lt;br/&gt;Mais pour moi qui aime le sport ça sera : Euro2004, Tour de France et Jeux Olympiques !&lt;br/&gt;Ce qui signifie les vacances sur le fauteuil devant la télé ! Bien évidemment je ne suis pas seule ! J’ai en ma compagnie : Bonbons, glaces, biscuits, nutella, gâteaux apéritifs et tout ce qui s’ensuit !&lt;br/&gt;Seulement je mange, je mange, je mange, avachie devant ma télé et jusqu’à en être malade ! 1 bac de glace en une soirée.. aïe aïe aïe le bide !&lt;br/&gt;Alors je prends quelques petits kilo .. Super ! j’ai des bras un peu plus gros !!!&lt;br/&gt;Puis je continue d’en prendre.. « attention tu commences à grossir toi ! » (ma mère ) « je m’en fiche d’être grosse de toute façon ! c’est jolie d’avoir des formes ! »&lt;br/&gt;Puis je grossis.. grossis.. grossis.. j’abuse de ce tempérament que j’ai à ne pas grossir en mangeant de bonnes choses quand j’en ai envie.. maintenant je ne remarque même plus ce que je mange .. des quantités de sucreries, de pâtisseries ingurgitées jusqu’à m’en rendre malade ! Maux de ventre, crises de foie, diarrhées, constipations..&lt;br/&gt;..même pas peur !..&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Rentrée 2004&lt;br/&gt;Puis voilà.. je pèse désormais 65kg.. 12kg en 2mois ! Franchement, bravo !&lt;br/&gt;J’me sens un peu moche.. j’aurais dû écouter ma mère !&lt;br/&gt;J’ai des joues de hamster, je les cache sous mes cheveux longs.. bouh on dirait the grunge..&lt;br/&gt;Je m’habille en noir.. ça passe plus inaperçu !&lt;br/&gt;Inaperçu ? pfff.. les garçons ne me regardent même plus.. pourtant, j’ai toujours eu la côte ! Et les gens qui passent dans la rue et qui croisent ma mère en lui disant : « elle est jolie ta petite ! ».. ils sont passés où ceux là ???&lt;br/&gt;Je me renferme sur moi désormais.. mais je mange encore..&lt;br/&gt;Rentrée 2005&lt;br/&gt;Bon allez c’est décidé, un an sans m’aimer, un an sans être aimé, un an d’horreur, un an sans oser ne rien faire, une année maudite !!!&lt;br/&gt;Je me mets au régime !&lt;br/&gt;Non je ne prendrais pas 2kinder bueno ce matin ! Je n’en prendrais qu’un !&lt;br/&gt;Au lieu de manger un yaourt au fruits à midi, je prendrais un 0% !! oh puis un 0% c’est rien ! j’peux en manger deux voyons ! c’est du 0% !!&lt;br/&gt;Finis le paquet de Pepito ! je n’en mangerais que la moitié !!&lt;br/&gt;..vous l’aurez compris.. je ne maigris pas d’un poil !&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Début 2006&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Bon bon bon.. essayons maintenant un vrai régime !&lt;br/&gt;Une amie à moi qui a quelques kilo à perdre, me conseille le régime Weight Watchers !&lt;br/&gt;J’en discute avec ma famille, ma tante me dit qu’elle le connait très bien et qu’elle l’a déjà suivis.. mais cette histoire de points .. trop chiant pour elle !&lt;br/&gt;Elle me passe alors les livres et je m’y mets !&lt;br/&gt;Trop bien ! Je compte mes points, j’organise mes journées, je mange même des glaces ! que demander de plus ! en plus je n’ai jamais faim !!! super !!!&lt;br/&gt;Je maigris.. petit à petit ! je suis trop heureuse ! je redeviens toute jolie !&lt;br/&gt;Je retrouve mes fesses de brésilienne !!! Ouaiii !!&lt;br/&gt;Les gars reviennent vers moi.. les gens me trouvent de nouveau mignonne ! je suis super heureuse ! j’ai des amis super, j’ai retrouvé le sourire ! elle est pas belle la vie ?!&lt;br/&gt;Vacances 2006&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Houlà les vacances approchent.. ça va être dur de gérer Weight Watchers ! en plus j’ai enfin retrouvé mon poids : 53kg !! pour 1m66 certes ! mais ça me convient très bien !!&lt;br/&gt;Je ne veux pas regrossir.. ça non jamais !!! Me stabiliser ? c’est évident.. seulement c’est les vacances il ne faut pas l’oublier !&lt;br/&gt;Et si je perdais encore un p’tit peu pour me donner d’la marge lorsque je ferais des écarts ?? bonne idée !! Je continue Weight Watchers et mes p’tits points^^&lt;br/&gt;Le médecin me prescrit la pillule.. je prends deux kilos ! Quelle horreur ! Faut vite que je les reperde ! c’est dur.. beaucoup d’mal !&lt;br/&gt;Rentrée 2006-2007&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Finalement j’ai perdu ces kilos en trop ! trop de fêtes de prévues.. je continue Weight Watchers !&lt;br/&gt;Puis je maigris.. je maigris.. on me dit qu’il serait tant que je stagne.. mais non !! trop de fêtes les Week end ! je ne peux pas me le permettre.. alors je réduis mes points.. puis je réduis.. je réduis..&lt;br/&gt;C’est décidé je suis végétarienne !! *n’importe quoi* ah la la ces cours de philo ça m’a complètement anéanti et en même temps quel bien fou de philosopher !&lt;br/&gt;Plus de viande.. et puis sojasun à gogo ! c’est bon quand même !&lt;br/&gt;Puis finalement, au lieu de faire la fête normalement, et de passer des soirées tranquille le week end.. je passe mon temps à me faire avec des potes ce que l’on appelle des « trip’bouffe » ! pas compliqué : on mange n’importe quoi ! en grande quantité ! on goute tous les fromages, tous les biscuits, tous les gâteaux, tout et n’importe quoi !&lt;br/&gt;Finalement..  je fais des crises d’hyperphagie le week end.. donc la semaine ça sera : fruit et légumes  seulement ! 0pt Weight Watchers toute la semaine, pour des millions de points le weekend !&lt;br/&gt;Ça m’va.. je prends des kilos le week end.. je les reperds la semaine.. et vis versa..&lt;br/&gt;Seulement, je perds plus vite que ce que je gagne en kilo.. et puis c’est le bac cette année.. donc viens le moment où il faut faire une croix sur tous ces week end.. alors je maigris.. maigris.. maigris..&lt;br/&gt;Tout le monde à peur pour moi.. je pèse 45kg pour 1m66..mes professeurs s’inquiètent, mes amis s’inquiètent, ma familles s’inquiètent.. tout mon entourage s’inquiètent !&lt;br/&gt;Y’a pas à s’inquiéter voyons ! je vais très bien moi !!&lt;br/&gt;Un jour ma tante m’appelle.. je vais chez elle.. elle s’approche de moi.. me prends mon bras.. prends celui de ma cousine de 8ans.. les met côte à côte.. « regarde !!! rends toi compte un peu !!! les bras de ta cousine de 8ans sont plus gros que les tiens !!! »&lt;br/&gt;Et voilà que je fonds en larmes.. « je t’emmène chez le docteur.. »&lt;br/&gt;Rendez vous chez le docteur.. la pesée.. aïe aïe aie.. « si tu ne prends pas 2kg avant deux semaines, je t’envoie à l’hosto !! »&lt;br/&gt;2kg en deux semaines ??? énorme !! c’est pas possible !!&lt;br/&gt;« remange féculents, produits laitiers, protéines et matières grasses ! »&lt;br/&gt;Je ne supporte pas ce mot : matières grasses !&lt;br/&gt;C’est bien moche tout ça..&lt;br/&gt;Bon bon bon.. c’est d’accord.. balance en main, je pèse 30gr de féculents crus.. je regarde les calories des laitages.. j’accepte de ne remanger  que des 0% !! en plus je les aime.. y’a pas d’quoi râler c’est comme ça ou c’est rien !&lt;br/&gt;25gr de céréale le matin.. mais du lait écrémé !!! ou un p’tit fromage blanc 0%..&lt;br/&gt;Bah ouai ça fait moins de points weight watchers..&lt;br/&gt;Je maigris.. maigris.. maigris..&lt;br/&gt;Je ne veux plus aller chez l’médecin ! mais il me refaut ma pilule.. fait ch..&lt;br/&gt;« t’as repris ?? » « non.. » « j’te laisse encore 2semaines »&lt;br/&gt;Bien sur je n’y suis pas retournée avant belle lurette..&lt;br/&gt;Je maigris.. maigris.. maigris..&lt;br/&gt;Pourtant je remange des féculents, des laitages..&lt;br/&gt;Bon je vais réintégrer la viande.. y’en a qui ne coutent pas beaucoup de points Weight Watchers..&lt;br/&gt;Jambon..oui ! blanc de volaille.. ça passe.. encore mieux si ce sont de petites tranches !&lt;br/&gt;Puis je maigris.. maigris.. maigris..&lt;br/&gt;Eté 2007&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Bon c’est décidé il faut faire quelque chose.. je n’ai plus de formes.. je deviens laide.. squeletique.. &lt;br/&gt;Je reprends tous mes points Weight watchers.. et je remange de « tout » comme avant !&lt;br/&gt;Je maigris.. maigris.. maigris..&lt;br/&gt;Qu’est ce qu’il s’passe ??? bien évidemment je remange les points qui me servaient pour maigrir.. mais à ce stade je mange au moins 3 fois plus de choses qu'avant pourtant.. céréales, biscuits, glaces, steak, fromage, pain.. &lt;br/&gt;Je maigris.. maigris.. maigris.. &lt;br/&gt;Rentrée 2007&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Me voici bien dans la peau d’une anorexique.. j’ai peur de grossir mais il me faut grossir !&lt;br/&gt;Et puis j’ai d’la marge..&lt;br/&gt;Mais j’ai peur pourtant.. je refais des soirées où je m’empiffre.. je m’en rends malade.. le lendemain je ne mange rien, je ne peux plus rien avaler.. ce qui me fait tout reperdre à chaque fois..&lt;br/&gt;Me voici descendu à 38kg.. c’en est trop !&lt;br/&gt;Je remange au resto’.. je mange des pizzas.. des glaces.. des biscuits.. mes repas sont normaux.. mais apparemment il en faut plus..&lt;br/&gt;c'est cette petite voix dans ma tête qui me dit que &quot;plus&quot; ce serait TROP..&lt;br/&gt;Il faut que je me reprenne en main.. les problèmes lorsque j’étais un peu grosse sont désormais les mêmes en tant qu’anorexique :&lt;br/&gt;-Je ne peux plus m’habiller comme je veux..&lt;br/&gt;-Je cache mes joues trop creuses..&lt;br/&gt;-Les gens me regardent comme une malade..&lt;br/&gt;-Plus personne ne me dit que je suis jolie..&lt;br/&gt;-Je n’ai plus de succès avec les hommes..&lt;br/&gt;-Je suis mal dans ma peau..&lt;br/&gt;Il me faut une réalimentation je n’ai plus le choix.. malgré tous ces points qui courent dans ma tête.. je me dis que je me stabiliserais une fois avoir atteint le poids souhaité..&lt;br/&gt;J’ai enfin trouvé, en surfant sur quelques sites, blogs.. une base alimentaire type suivis par les anorexiques et certifiée par les médecins..&lt;br/&gt;C’est ce qu’il me faut.. je suis prête à faire comme elles ! Et elles s’en sortent ! Messages d’espoirs, écrits remplis de bonheur, objectifs visés difficiles mais atteints.. je veux suivre leur chemin et moi-même créer un blog avec mon histoire.. en espérant que d’autres dans le même cas puissent enfin se sortir de cette fichue maladie !&lt;br/&gt;Que ce petit corps malade disparaisse désormais..&lt;br/&gt;Et que cette petite voix s'en aille à tout jamais..&lt;br/&gt;Décembre 2007&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Malheureusement tout ne se passe pas comme prévu.. j’ai toujours cette peur, cette angoisse lors des repas.. mais peur de quoi ? je ne sais pas je ne sais plus..&lt;br/&gt;Mon médecin m’a prescrit des anti dépresseurs, mais rien ne va toujours..&lt;br/&gt;Des idées noires qui traversent mon esprit à longueur de journée.. des envies de tout arrêter d’une minute à l’autre.. mais pourquoi ? qu’est ce que j’ai ?&lt;br/&gt;C’est décidé désormais, je rentre à l’hôpital, en psychiatrie.. Décision très difficile à prendre mais le moral étant au plus bas, je ne peux pas continuer d’être comme ça.. c’est mauvais pour tout le monde autours de moi..&lt;br/&gt;De plus, l’hospitalisation se passe pendant les fêtes, c’est ce que je redoutais le plus.. mais finalement comme m'ont dit ma tante et ma mère: &quot;noël on le fêtera à ton retour.. quand tu seras guérie.. en plein forme.. avec le sourire.. et ça s'ra un très très beau noël!&quot;&lt;br/&gt;Que d'émotions et de pleure mais un Ouf de soulagement finalement.. ça risque d'être difficile.. mais je veux m'en sortir!!!!!!&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Cette hospitalisation est un gros bouleversement pour moi.. ! Tout d’abord, j’y découvre que la vie n’est pas aussi belle que celle que j’ai vécue jusque là.. en effet, je rencontre des personnes souffrants de différentes pathologies (skizofrénie, dépression, bipolarité..), je me rends enfin compte de ce qu’est la vie.. c’est quelque chose de difficile et qui ne mérite pourtant pas d’être gâchée de bagatelles .. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pour ce qui est de mon cas.. la première semaine, les médecins effectuent une phase d’observation sur moi sans m’en rendre compte.. Je mange avec les autres et comme les autres, je suis libre de me balader dans l’enceinte de l’hôpital, d’aller à la cafeteria, d’aller dans les autres services.. Mais je passe plus de temps à m’occuper des autres que de moi-même.. tout cela m’aide à oublier la maladie.. et malheureusement ça m’aide aussi à oublier de la soigner..&lt;br/&gt;Puis au bout de la première semaine vint la pesée générale.. résultat : 37kg !&lt;br/&gt;J’apprends à ce moment là qu’en étant trop libre, je ne peux même pas me faire confiance en moi-même..&lt;br/&gt;Désormais : contrat de poids, plateau en chambre, enfermement 1h après chaque repas dans la chambre, cigarette en dehors du service accompagnée, ma chambre est fouillée de fond en comble pour être sur que je ne prends aucun laxatif, je suis surveillée par un infirmier quand je mange.. l’horreur !!!!&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;En ce qui concerne le contrat de poids :&lt;br/&gt;36kg : Isolement dans la chambre + Sonde gastrique&lt;br/&gt;37kg : Isolement dans la chambre&lt;br/&gt;38kg : 1 visite / semaine + 1 coup de téléphone/semaine&lt;br/&gt;40kg : 1 séance d’Ergothérapie/semaine + peut recevoir patients d’autres secteurs&lt;br/&gt;41kg : cafétéria accompagnée + peut aller dans les autres secteurs&lt;br/&gt;42kg : ½ journée de permission&lt;br/&gt;43kg : Sortie du bâtiment accompagnée&lt;br/&gt;44kg : 2 séances d’ergothérapie/semaine&lt;br/&gt;45kg : cafeteria seule&lt;br/&gt;46kg : 1 journée de permission&lt;br/&gt;47kg : sortie du bâtiment seule&lt;br/&gt;48kg : 2 journées de permission&lt;br/&gt;50kg : sortie&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Un contrat qui me motive.. de plus si j’arrive à 42kg j’ai droit à une permission le 25 pour fêter noël en famille !!!&lt;br/&gt;« Bizarrement » du jour au lendemain (en trichant un peu.. avouons !) je parviens à ces 42kg ! j’ai donc droit à cette permission qui me rends vraiment heureuse !!&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;25 décembre &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Me revoici chez moi.. angoisse et stresse énorme en sortant de l’hôpital.. puis de nouveau en rentrant chez moi..&lt;br/&gt;Le repas de noël ne se passe pas très bien.. je ne parviens pas à manger comme tout le monde, de plus, mes manies d’anorexiques reviennent.. je contrôle tout de nouveau je me sens mal..&lt;br/&gt;Mais heureusement, mes amis ayant appris la nouvelle de ma permission décident de venir me rendre visite.. quel bien fou de retrouver ses amis et de voir qu’ils sont toujours là même dans les moments difficiles..&lt;br/&gt;Grâce à eux je retrouve rapidement le sourire, mais rien à faire toujours ses idées noires dans la tête.. je suis rassurée en rentrant de nouveau à l’hôpital..&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Janvier 2008&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Mes repas toujours en chambre et surveillés, je finis mes plateaux très facilement mais ne parviens toujours pas à grossir.. je commence alors à paniquer et à manger de tout et n’importe quoi.. je rends fou tous les infirmiers, ne pense plus à mon contrat de poids.. après tout, ils sont qui pour me dicter ce que je dois faire ?? Si j’ai envie de sortir je sors ! Si j’ai envie de manger, je mange ! Si j’ai envie de voir mes amis, je les appelle pour qu’ils viennent ! Non mais oh !!!&lt;br/&gt;Mon psychiatre et les infirmiers ne sachant plus quoi faire, je décide de sortir de l’hôpital.. je vais mieux, je sais qu’il faut que je regrossisse, donc je serais capable de le faire chez moi !!!&lt;br/&gt;Ma sortie est accordée.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Seulement chez moi, tout ne se passe pas comme prévu.. Je fais de grosses crises sur la nourriture et mange à longueur de journée pour pouvoir grossir le plus rapidement possible.. se rendre malade n’est pourtant pas la solution.. mais pour moi dans ma tête il n’y a pas de secret, pour grossir il faut manger, manger, manger.. tant pis si je me retrouve malade !!&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Finalement je reprends du poids petit à petit.. mais le moral est au plus bas.. je ne fais rien de mes journées à part manger, je m’isole de nouveau de tout le monde, sortir et voir mes amis ne me redonnent même pas le sourire.. Je tente de retourner au lycée mais rien n’y fais, cette sensation que tout le monde me regarde, me fixe comme une malade me regagne petit à petit.. je vais au plus mal, les idées noires se manifestent de nouveau.. je décide de retourner le plus rapidement possible à l’hôpital.. ce sera la veille de mon anniversaire..&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Me revoici à l’hôpital, je pleure constamment, j’ai envie me mettre fin à mes jours, je cours après les médecins pour leur demander pourquoi je suis comme ça.. mais ils ne trouvent rien à redire..&lt;br/&gt;Ils décident de me changer mon traitement et de me donner quelques chose de plus fort..&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Après une semaine avec le nouveau traitement, je me sens mieux dans ma tête, les idées redeviennent claires, cette envie d’avoir de nouveaux projets surgit de nouveau dans mon esprit, j’arrive enfin à m’exprimer correctement, la communication et ce désire d’aller vers les autres se retrouvent en moi petit à petit.. je me sens bien comme je ne m’étais pas encore sentit depuis très très longtemps..&lt;br/&gt;J’ai le nouveau projet de devenir infirmière ! Je me mets donc à étudier et retrouve cette envie d’apprendre !&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Mes repas redeviennent structurés, je remange avec les autres, mon contrat est aboli (puisque je ne le suis pas !) et arrive enfin à reprendre confiance en moi-même et à aller de l’avant sans l’aide de personne.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Fevrier 2008&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Avec quelques kilos de repris je décide de nouveau de sortir de l’hôpital, avec tout plein de projets, d’ambition et de volonté pour poursuivre ma vie d’une façon normale comme la vivrait quelqu’un d’autre ! Sans prise de tête avec des choses qui n’en valent pas la peine, comme je l’ai appris pendant mon hospitalisation grâce aux autres patients..&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Depuis ma sortie tout se passe pour le mieux.. mes repas sont structurés, je sors, je ris, j’ai le sourire, je pense enfin à autre chose qu’à cette fichue nourriture qui m’envahie depuis plus de 3ans..&lt;br/&gt;Mon entourage est de nouveau heureux, mes amis fiers de moi, et mes projets se concrétisent petit à petit..&lt;br/&gt;Je reprendrais bientôt le lycée pour retrouver une vie la plus normale qu’elle soit et éviter de me rouler les pouces à longueur de journée.</description>
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